SUITE UE II U » U LUS
plaire il célébrer un incident pour nous assez indifférent, mais qui avait dû, au milieu de la mélée, remuer un moment le cœur des compagnons du guerrier.
Curlius, blessé, perdant son sang, veut faire retraite et regagner le Capitole; mais il rencontre sur son chemin le marais qui en défendait l'approche. Alors il prend un parti désespéré : il se précipite à cheval, à travers l'eau et la fange, en vue des deux armées, qui se demandent s'il s'en tirera et forment des vœux contraires touchant l'issue de son entreprise. Son cheval se débat, il le presse, il lutte pour sa vie en présence du danger; enfin il parvient à se sauver. Celle évasion hardie et quelque temps douteuse avait excité la crainte des Sabins, l'espoir des Romains, l’admiralfbn des deux peuples, et le marais garda le nom de Curlius'.
Un bas-relief d’un travail ancien % dont le style ressemble à celui des figures peintes sur les vases dits archaïques, représente Curlius engagé dans son marais; le cheval baisse la tète et llaire le marécage, qui est indiqué par des roseaux. Le guerrier, penché en
• 1 Le marais avait été comblé, s» Ton en croit Ovide. [Faut.. vif 400.)
Cependant il ne devait pas l'être complètement, car, d’après Suétone (Oct., 57), on y jetait des pièces de monnaie au temps d’Auguste.
* Ce bas-relief se voit dans l’escalier du palais des Conservateurs; il a été trouvé près de l’église Sainte-Marie Libératrice, qui fut antérieurement S. Sylvesler de I.acu 1
avant, presse sa monture. On a vivement, en présence de cette curieuse sculpture, le sentiment d'un incident héroïque probablement réel, et en môme temps de l’aspect primitif du lieu qui en fut témoin.
Après cet épisode tout homérique vient le moment décisif cl dramatique du combat. Les Sabins descendent du Capitole et repoussent l'ennemi jusqu'à la porte principale de Rome, c’est-à-dire du Palatin. Romulus est atteint d'un rocher comme en lancent les géants dans leur bataille contre Jupiter et les héros dans l' Iliade. Tile Live a oublié cette blessure de Romulus. Près d'ètre forcé dans sa bourgade, le chef latin voue un temple à Jupiter qui arrête (Jupiter Stator). Arrêter l’ennemi, à cela se borne sa prière et son espoir; il est exaucé. Alors il commence à reprendre l'offensive. Les Sabins plient à leur tour. Il les poursuit jusqu'au pied du Capitole, c'est-à-dire seulement jusqu'au marais. Romulus n'avait regagné que quelques centaines de pas depuis la porte Mugonia. La , victoire était donc loin de se décider en sa faveur, quand, selon Tite Live, le coup de théâtre de l’arrivée des Sabines enlevées, se jetant entre leurs pères et leurs époux, mit lin au combat et amena la paix.
. Tout cela est très-clair. Le temple de Jupiter Stator, qui, refait sans doute, existait encore au temps d'Ovide, était, comme il devait l’étre d'après le récit antique, à côté de l’ancienne porte Mugonia, devenue la porte du palais impérial. « Ici est le temple de Jupiter
SUITE riE ROMUI.US.
Stalor, là Home a été autrefois fondée, » dit le poète exilé dans son livre des Tristes l, quand il lui trace, comme à un suppliant, le chemin à suivre pour arriver jusqu'à l’empereur, qu i! ne devait pas attendrir.
Ce temple était dans la partie la plus élevée de la voie Sacrée, au bas du Palatin ’, là où est l’arc de Titus; car c’est dans cet endroit que tous les témoignages plaçaient l'entrée du palais impérial, aussi bien que de la Home de Romulus, bornée au Palatin’.
Homulus a été blessé, et son allié, le Lucumon étrusque, percé de part en part. Kn présence du danger de leur chef et de leurs concitoyens, ceux qui étaient restés à la garde des murailles ont fait une sortie. Romulus, à leur tête, a repoussé les Sabins vers le marais. Ceux-ci ont regagné par la gorge
* üv„ Triil. El., m, 1, 31-2.