‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 48 sur 90 · I. IIISTOim: 110)1 Al NK A HOME · texte numérisé non relu

I. IIISTOim: 110)1 Al NK A HOME

l'Klruric que présente l'établissement religieux de Numn

Mais il faut remarquer d’abord qu’avant Numa, Tatius avait établi le cullc de diverses divinités parmi lesquelles plusieurs sont évidemment étrusques.

Ile ce nombre étaient les Lares \ puissances infernales et terribles chez les Étrusques, devenus dans la famille romaine les protecteurs de la ville cl du foyer. Ils étaient honorés dans chaque carrefouf à peu près comme dans la Rome de nos jours, à chaque bout de rue, est une madone qui protège le quartier; et, de môme qu'on ne trouve presque pas une boutique qui n'ait son image de saint devant laquelle brûle une petite lampe, chacun avait dans sa demeure ses Lares domestiques. Rc cette dévotion familière il ne peut rester aucune trace; mais le noyau d'un édicule en brique, qui se voit à la bifurcation de deux rues, vers l'angle occidental du Cælius, cl où l'on remarque des niches qui pouvaient recevoir les figurines des dieux Lares, m'a toujours semblé le reste d'un de ces innom-

1 Je pense qu’on p-ut attribuer particulièrement aux Étrusques les idées et les instructions dont les anciens ont voulu faire honneur à Numa, a dit Winckelmann.

* Yarr. (Dr I.. lai-, v, 7i.) Leur nom voulait dire les seigneurs, les puissants, lar-lh devant 1rs noms propres étrusques dans les inscriptions funèbres. Certains génies ailés des deux sexes, qui ressemblent assez à des furies, portent sur les vases étrusques le nom de las, d'ou lar.

N lî SIA POMNlirs.

brablcs petits édifices on pleine rue qui leur étaient dédiés

Les Lares avaient en outre un sanctuaire public; celle chapelle des Lares était sur la voie Sacrée, au sommet de la Yclin, devant la porte du Palatin*, et placée entre les deux villes, car la ville sabine s’étendait jusque-I5. Les Lares étrusques, dont Tatius établit le culte au Quirinnl, avaient fait comme Numa : ils en étaient descendus pour venir protéger le peuple qui les avait adoptés, cl veiller à la porte de son ennemi.

Le Capitole avant été d'abord étrusque, puissabin, il n'est pas étonnant d’v rencontrer des divinités étrusques devenues sahines. Ce qu'on pourrait appeler la topographie religieuse confirme ici la topographie historique.

Parmi les divinités domiciliées sur le Capitole uvant Jupiter était le dieu Terme, dont le culte avait été fondé à Rome, selon les uns par Tatius1, selon les autres par Numa*, tous deux Sabins, mais qui était, je crois, d’origine étrusque; car le terme est la borne sacrée qui divise les champs, la limite religieuse qui sépare les États, et qu’il n'est pas permis de franchir.

1 Composilo sunt loca in quadriviis, quasi lun es.

* Soliu., i, 25.

3 TU. Lit , i, 55.

4 Plut., Saisi., 1t»; Qn.rtf. fiom , 15.

i/iiisToinr. romaine a romf.

Or la division régulière cl méthodique du sol élail chez les Étrusques une science liée à l’étude du ciel, leurs prêtres partageaient le sol en régions correspondant aux régions célestes. D'après cela, n'esl-ce pas d'Étrurie qu'a dû venir le dieu qui consacre la délimitation des champs, et par là devient le garant de la propriété?

Le temple du dieu Terme était ouvert par en haut, précisément, je pense, à cause de celte idée tout étrusque du partage du sol en régions correspondant à des espaces déterminés du ciel.

On sait que le dieu Terme, gardien immobile de la frontière des champs et des États, ne voulut pas faire place à Jupiter sur le Capitole, et qu’on fut obligé de l’envelopper dans le temple de Jupiter. Aujourd'hui que le temps, qui déracine toutes les bornes, a emporté même celle qui était plantée sur le rocher immobile du- Capitole, c'est dans l’église d’Ara-Celi, puisque c’est elle qui a succédé au temple de Jupiter Capitolin, qu’on doit aller chercher le lieu où le dieu Terme resta debout. 11 y a à Home une autre borne qui voudrait bien n'être jamais ébranlée, mais qui est menacée aujourd’hui dans son immobilité, c’est le dieu Terme du Vatican.

Du reste, ce culte d'un dieu qui présidait aux limites et devait le fixer à jamais était singulier chez les Romains, qui reculèrent toujours plus loin le confin de leur puissance. 11 y avait aussi un Terme au sixième

NI NA POMPIUI S.

mille il marquait de ce côté l'extrémité du territoire primitif de Rome. Les Romains n’oublièrent point ces humbles commencements; car, sous Auguste, ils célébraient chaque année sur cette frontière, qui fut celle » de leur empire naissant, des fêles appelées Terminalia; mais l'immobilité de ce terme-là ne fut point respectée : ils le déplacèrent beaucoup et l'emportèrent assez loin.

Sur le Capitole, je rencontre deux autres dieux salmis dont l’origine étrusque ne me semble pas douteuse, car c’étaient des dieux fulgurateurs.

F,n effet, si la science des présages tirés des entrailles des victimes et du vol des oiseaux se retrouve chez différents peuples, l'art fulgural appartient en propre aux Étrusques. Ils avaient fait une doctrine de cet art; ils avaient classé les divers accidents de la foudre, observé qu'elle vient parfois de terre, alors que l'électricité se dégage du sol au lieu de se précipiter des nuées.

Ils étaient même, j’en suis convaincu, arrivé, à savoir, ce qui demande plus d'audace que de science’, attirer la foudre. Elicere ftilmen ne peut guère avoir un autre sens que tirer l'étincelle électrique des nuages *.

' Slrab., v, 3, 2.

* Il suffisait d’avoir vu des étincelles électriques se monlier autour d’une pointe métallique et d'oser présenter cette pointe à la foudre.

1 Nous verrons que cet art d'attirer le tonnerre, auquel semble se

l.cs prêtres étrusques prétendaient avoir le pouvoirdc diriger la foudre et delà faire tomber où il leur plaisait.

Numa éleva un temple sur l’Avenlin ù Jupiter Élicius. On peut croire que les prêtres étrusques faisaient solennellement celle expérience, qui devait donner au peuple une grande idée de leur puissance. Numa, instruit par eux, les imita, ce qui ne dut pas nuire à la sienne.

I, autel consacré par le roi sabin Talius sur le Quirinal au dieu Sununanus qui eut aussi un sanctuaire sur le Capitole, et dont les Tarquins placèrent la statue au sommet du temple de Jupiter Capitolin, nous offre un exemple de plus de l'introduction à Rome d’un culte étrusque par les Sabins; car le dieu Summanus, qui était le dieu des foudres nocturnes*, cl auquel Tatius éleva un autel, se rattachait manifestement a celle classification des diverses sortes de foudres qui était particulière aux Étrusques \

rapporter le temple élevé par Numa sur l'Avcnlln, y fut pratiqué par un autre roi sabin, Tullus lloslilius, que son inexpérience l'émut victime de son audace.

1 Merkel {De Obscur is Ovidii Fastorum, p. cxmi) établit l'existence d'un temple de Summanus auprès du temple de la Jeunesse; il y avait près du grand Cirque, comme sur le Capitole, un temple de la Jeunesse, et dans divers calendriers .Summanus est dit : ad cire. max. Comme la Jeunesse avait deux temples, Summanus en avait deux également, et celui du grand Cirque pouvait être le plus fréquenté, bien que l'autre fut plus ancien.

* Fesl., p. 229; P. Diac., p. 75.

r‘ A en croire saint Xugiisiin. ce «lien, presque oublié de son temps,

MMA POHrlLlUS.

Page 1