‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 53 sur 90 · HOME SABINE AD TEMPS DE NUMA · texte numérisé non relu

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était assez convenablement placée dans le voisinage de celui de la Fièvre, et qui donnait son nom à la porte Salutaire, devait être entre cette porte et le temple de Quirinus, et pas très-loin de celui-ci.

En effet, I’omponius Atlicus était à la fois voisin de cos deux temples, ce qui permit à Cicéron 1 de lui adresser une plaisanterie confidentielle au sujet de César, qu'il aimerait mieux, disait-il, avec Quirinus qu'avec la Santé, c’est-à dire mort que bien portant : jeu de mots assez cruel de la part d'un homme qui n’était pas trop mal avec César, ce qui fait paraître aussi bien excessifs scs transports de joie à la mort du dictateur. Mais, avec la barbarie d’un archéologue, je suis tenté de pardonner à Cicéron la plaisanterie qu’il adresse à Alticus, parce qu'elle me permet de déterminer l'emplacement de la porte Salutaire *.

Puis, en allant vers le sud, venait la porte Sanqualis, qui devait son nom au temple du dieu sabin San-

ie nom esl ombrien, où Tacile nous apprend qu elle avait un temple. (/Inn., »v, 53.) Quand on lui en érigea un au cinquième siècle de la république sur le Quirinal, où son cutlc avait été anciennement fondé, ce fut un membre d'une illustre famille Sabine dont les sacra étaient sur le Quirinal, un Fabius qui peignit le temple.

1 Cic., ad Air, su, 45.

1 On l’a mis quelquefois près de Sainlc-Swanne, ce qui en premier lieu esl bien près de la porte Colline; de plus, le temple de la Santé (Sains), voisin de la porte Salutaire, n'eût pas été près du temple de Quirinus, dont le lieu est déterminé par la vallée de Quirinus, qui correspondait certainement à la rue Saint-Vital. -La porte Salutaire était donc aux quaire Fontaines.

l.'HISTOlllE HUMAINE A IlOMË.

eus. Sancus élait le père de la race sabine'; il s'appelait aussi Fidius, le dieu de la bonne foi*, comme Fides en était la déesse.

La bonne foi avait avait donc deux représentants dans la religion sabine, et des prêtres, les féciaux. Décidément les Sabins étaient d honnêtes gens. Leurs voisins du Palatin n'avaient pas de ces dieux-lù.

C’est à cause de ce caractère intègre du dieu Sancus que l'on conservait les traités de paix dans son temple3.

Ce temple était en face de celui de Quirinus par conséquent, c'est du côté où sont les bâtiments du palais Quirinal, dans lesquels se tiennent les conclaves, qu'il faut chercher, mais au temps des Sabins, le temple de la bonne foi.

Un dernier souvenir des cultes sabins nous arrêtera encore sur le Quirinal. Au septième siècle de notre ère, il existait une rue allant des environs de l’église de Saint-Vital jusqu’à Saintc-Suzaunc.

Sil. It. Punie, vm, 423-4. Sabus ou Sabinus était fils' île Sancus. (Don. d’Ilal., n, *9.)

* Denys d’ilalicarnassc l’appelle «tmoj-

3 On y déposa le traité fait entre Tarquin le Superbe et la ville de Cabie. (Don. dllal., iv, 58.)

* Versus rodern Quirini. (Tit. tiv., Tir, 20.) Si IVctlcr, llürn. Mylh., 035, cite advenus ædein Quirini. Si cette version, adoptée par Sigonius, est la bonne, le sanctuaire de Sancus était du côté de la rue où je l’ai placé. Une raison de la préférer, c’est que, comme le remarque M. Quiclierat dans Atn Dictionnaire, latin qui lait autorité, à propos de cet cicmple môme : — Versés ædem Quirini, cette locution est rare.

ROME SAliIXE AU TEMPS DE N UN A.

Celte rue s’appelait la Montée de Mainurius1, la rue de Mainurius. Les régionnaircs du quatrième siècle mentionnent près du vieux Capitole (vers la place de monte Cavallo* une statue de Mainurius. Or Mamu rius, dont le nom ressemble à celui de Mamers, un des noms sabins de Mars, est un personnage éminemment sabin. C'est lui qui avait fabriqué les ancilia , ou boucliers sacrés que les Saliens portaient dans les danses guerrières, instituées, disait-on, comme leur sacerdoce belliqueux lui-mème, pur Nuina; et Mainurius était un liéros national célébré dans leurs chants 5.

Mais ce ne sont pas seulement les anciens cultes dont les souvenirs ont subsisté longtemps sur le Quirinal qui peuvent nous y faire reconnaître les Sabins; ceux-ci y ont laissé encore d'autres vestiges.

Les familles sabines aimaient à habiter le mont originairement sabin, et où l'on plaçait la demeure de Numa. II faut que la tradition de la Rome sabinc se soit conservée très-tard, puisque très-lard des hommes et des familles qui avaient, ou que l'on croyait avoir une origine sabine, ont choisi pour leur résidence la colline

' Anastase, Innoc. I. et Acl. SI. Sinon. En effet, celte me, qui commençait à Saint-Vital, montait d'abord, puis suivait la direction de la via Pia

4 Les régionnaircs [Itrg . vt) placent la slalue de Mamurius entre le vieux Capitole et le temple de Ouirinns.

* Den. dllal., ti, 74; Plut., Nmih., 15; Ov., luxt . , ni, 389; Serv.. Æn., vu, 188.

i. SU

autrefois séjour principal des Sabins. Les Fabius, cette puissante famille qui alla avec ses clients, au nombre de trois mille, faire la guerre contre les Ktrusques, et ressemble, par ce chiffre considérable, aux Claudius, venus de la Sabine au nombre de cinq mille, les Fabius en étaient venus très-vraisemblablement aussi.

Ils avaient leur sanctuaire domestique sur le Quirinal1.

Un homme de cette famille, Fabius Pictor, orna de peintures le temple de la déesse sabine Salus, qui y était placé’.

Celte grande et superbe famille des Cornélius, d’où sont sortis les Scipions et Sylla, devait être sabine; car elle eut jusqu’à Sylla l'usage de ne pas brûler ses morts. Or il est dit que Numa défendit que son

' Tit. Liv., », 40; Val.. Max., i, I, 11.

* De plus, les Fabius onl sur leurs monnaies Quirinus, le dieu Sa» Lin. avec la lance sabine el le bouclier. (Preller, rtiim Myllt.. 520.) !.es Fabius prétendaient descendre d'Ilercule (Plut., Fat., i; Or., de Pont., i*i, 5, 100 ; Faxt., n , 237), et le dieu sabin Sancus passait pour être le même qu’Ilercule. (Fest., p. 220; Varr., De I. tat., », 60.) Vu des deux collèges de l.upcrques portait le nom des Fabius voués au culte de Pan dans l’antre I.upereal. Peul-être cette antique famille sabine des Fabius avuil- elloquelques gouttes de sang pélasgc, cl peutêtre son origine participait-elle des deux peuples dont l'identité de Sancus et d’Hercule, de Lupercus et de Pan, attestait la fusion sous le rapport religieux. Les Fabius prétendaient aussi avoir pour aïeul Évandre.

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