‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 54 sur 90 · B0ME SABINE AU TEMPS UE NUMA · texte numérisé non relu

B0ME SABINE AU TEMPS UE NUMA

corps fût brûlé1 *, ce qui semble, dans la tradition, un souvenir d'un usage sabin.

C'est parce que les Cornélius étaient Sabins qu'ils avaient leur demeure sur le Quiriual.

La rue ou le quartier des Cornélius, Vieux Corneliomm, car il ne fallait pas moins d'une rue ou d’un quartier pour loger une grande ijeus sabine avec tous ses clients, la rue des Cornélius était sur la pente du Quirinal.

Il y a eu prés de Monte-Cavullo une église du Saint- Sauveur, qui était appelée des Cornélius.

L'analogie de l'existence féodale des familles sabincs avec celle des grandes familles romaines du moyen âge est rendue sensible par un curieux rapprochement. Ce qu’étaient les Cornélius à Rome dans l'antiquité, les Colonna le furent au moyen âge; et non loin du lieu appelé autrefois le Vicus des Cornélius est une petite rue qui porte encore le nom de Vico dei Colonnesi.

Sur le Uuirinal habitait Pomponius Atticus, de la gens Pomponia, qui prétendait descendre du père de Numa, Pompo; Martial, qui s'appelait Valerius Marlialis, et qui, bien que né en Espagne, tenait par son nom à la gens sabine des Valerius.

Properce 5 y habitait également. Properce était près*

1 l’lut., Suite , 22.

* l’ropcrt., El , ni, 23.

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que Sabin, car il était Ombrien et portail le nom d’un

ancien roi de Yeics, ville à moitié sabinc.

Jusqu’à la fin de l'empire, on voit se continuer celle préférence des familles sabines pour le Ouirinal.

On sait positivement que les Flaviens étaient Sabius

Domilicn naquit sur le Ouirinal, et sur le Ouirinal était le tombeau de famille qu'on appela le temple des Flaviens.

La gens Aurélia, qui a donné au monde l’austère Marc Aurèle, était d’extraction sabinc’; car son nom est formé d ’auril, en sabin le soleil : aussi c’est sur le Ouirinal qu’Aurélien, cet aventurier dalmate qui voulait par là sans doute se rattacher à la famille Sabine des Aurclius, éleva un magnifique temple au soleil.

Enfin, Constantin, qui, par Claude le Cotbiquc, grand-oncle de son père, tenait à la famille sabine des Claudius, Constantin bàlit ses thermes sur le Ouirinal.

Au pied du Viminal, nous rencontrons un souvenir bien mémorable de la présence des Sabins : c’est le Cyprius Yicus, celle rue dans laquelle T ullic força le cocher qui conduisait son char de le faire passer sur le corps

' Sud. I csp., 2. C'est [ioui- quoi le fiére de Yespasicn s'appelait Scbinus, et un de ses (ils Tilui. prénom de Tatius.

* Les Aurclius venus de la Sabine étaient voués au culte du soleil, dieu sabir. (P. I)iac., p. 2.">.)

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de son père1, et qui s'appela depuis la rue Scélérate, c'est-à-dire la rue funeste.

Je demande pardon à mon lecteur de le distraire de celte impression terrible par une observation philologique.

Cependant il m'importe de lui faire remarquer que, par un hasard singulier, la rue Scélérate s'était appelée, et nécessairement avant le crime, la bonne me Cyprius Viens; que ce mol Cy/irm était sabin’, et que des Sabins avaient habité là \ (Jpand ce précieux renseignement nous manquerait, il serait naturel de croire que le Yiininal fut sabin, placé qu'il était entre le Ouirinal, la plus incontestablement sabine des collines de Home, et lKsquilin, où nous allons retrouver d'assez nombreuses traces des Quintes.

lTne de ces détestables étymologies qui abondent dans les écrits des anciens nous fournit une lumière fort utile sur la population desCarincs, situées vers la pente méridionale de l Ksquilin et sur cette pente. Selon Servius, ce nom de Carines venait de ce que là

1 Quand j’en serai à la mort de Servius Tullius, je montrerai où était le Cyprius Yicus. Je me borne à constater dès ù présent qu’il ne pouvait être sur l’Esquilin, où on le place toujours, Tite Live disant positivement qu’arrivé à l’extrémité du Cyprius vicus, le cocher allait prendre à droite pour gagner l’Esquiltn. (Tit. Liv., i, 48.)

* Cyprius 5 abine bonum. (Varr., De i. lai. x, 159.)

1 Ibi Sabini cives additi censederunt. (/£.) De plus, il y avait là un sanctuaire de Diane, divinité sabine, et le Clivus I rbius, de Virbius, personnage mythologique indigène qui fut identifié avec Hippolyte, et qui est en rapport avec Diane et avec la ramène sabine Êpério.

avaient habité des chefs sabins, et, comme carinare voulait dire se moquer, ce quartier avait été nommé les Cariues, parce que les Sabins étaient de grands moqueurs*.

Ce ne fut pas leur réputation dans l'antiquité; mais, en les supposant aussi graves et aussi peu disposés à la jovialité que les anciens les représentent, je crois que, tout Sabins qu’ils étaient, ils n’auraient pu s’empêcher d’éclater de rire en entendant cette belle étymologie. Si bouffonne qu elle soit, elle a un côté sérieux; car elle nous enseigne que des chefs sabins ont habité les Carines, comme nous venons de voir que des Sabins ont habité non loin de là, au pied du Yiminal, le Cyprins Vicus.

Plusieurs divinités sabines ont eu leurs temples sur l’Esquilin, et des temples très- anciens*.

Telle était Vénus Libitina5, la Vénus infernale, divinité originairement pélasgique, comme tontes celles qui personnifiaient la force fécondante de la nature, et ayant pris, en devenant sabine, ce caractère lugubre

' Scrv,, Æn., vin, 361. Ceux que mon étymologie basque du nom des Carinet a le plus étonnés, ne la trouveront pas, j’espère, aussi absurde que l'étymologie dont s'est avisé Servius.

6 Mépliilis, déesse sabellique honorée chez les Ilirpins, Diane dans Je Vicus Palricius. (Plut., Quest. rom , 3.)

5 Ce temple était dans un bois sacré où les libitinarii se livraient à la préparation des funérailles. Ce devait être près du champ Esquilin, qui fut longtemps un lieu de sépulture, et vers la porte Esquiline, aux environs de Sainte-Pudentienne.

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