U) M R SABINE AU TEMPS PE N II MA
que les Sabins devaient à leur sombre génie ou à l'inlluence des Étrusques l. Vénus Libitina exprimait l’alternative et la corrélation de la vie et de la mort, dont plusieurs des religions antiques, et la religion sabine en particulier, semblent avoir eu une intuition profonde *.
Telle était aussi Junon Lucine5, celle par qui on vient à la lumière déesse de la naissance, déesse de la vie, par conséquent divinité pélasgique 5, mais adoptée par les Sabins0, dont la religion présente sans cesse un singulier contraste : le culte des puissances
1 Son temple est donné comme existant déjà au temps de Servins Tullius (Den. d’ilal. , iv, 15), et nommé avec ceux de Junon Lucine et de la Jeunesse, divinités sapines.
* A cause de son double caractère, Vénus Libitina était identifiée avec Vénus et avec Proserpine. (Plut.. Kum- 12.)
s Sou temple et sou bois sacré étaient dans la région inférieure de l'Esquiliu, Munie tub Esquilio (Ov., Fait , n, 433), non loin du sommet appelé Oppius (Varr., Ü€ I. Iat.f v, 30], où est Sainte-Marie- Majeure, ce qui les place dons les environs de Saintc-Pudenliennc.
* Junon Lucine, comme Jana, était la lune, car elle présidait aux mois. (Ov., Fait.. t, 55: Macr., Sal., i, 15.)
5 II y avait un temple de Junon Lucine sous le nom grec d’Ef/é- Ihitya, à Pyrgoi (Saut a-Se vert), ville pélasgique (Strab., v, 2, 81, bâti par les Pélasges non loin d’Agylla. Une légende rapportée par Ovide (l'ait., n, 441) rattache étroitement les lûtes de Junon' Lucine à celle de Pan générateur.
® lie là les rapports de Junon et de deux dieux sabins ; Janus qu’on appelait Junonius (Macr., Sat., i, 9), et Mars qui était honoré en même temps que Junon le l*r mars, jour où l'on célébrait la fondation d'un temple de Junon Lucine, élevé sous la république. (Prellor, 10m. Mytli . 243.)
*<K I.' HISTOIRE ROMAIHE A ROME,
luminouses et des puissances des ténèbres, double ca raclère qui, je crois, pcul s’expliquer par celui des ileux religions avec lesquelles la leur fut en contact, la religion des Pélasges, où domine l’idée de fécondité, le culte de la vie, de ce qui la représente et la propage, la lumière, le feu, et la religion des Étrusques, où les idées de mort et de destruction tiennent une si grande place.
Il y avait en outre sur l’Ksquilin un autel de Junon et un autel de Janus. La fondation de ces deux autels sabins se rapportait à lloratius, meurtrier de sa sœur*. Cela nous surprendra moins quand nous connaîtrons les raisons que j’ai de voir un Sabin dans le champion de Rome contre Albc*. On ne sera pas étonné non plus qu’il ait, au moins d’après la tradition, habité le quartier où nous avons vu [dus d’une famille sabine domiciliée, si je parviens à établir que la gens lloratia était une de ces familles.
Redescendons maintenant dans la plaine, dans le champ de Mars.
Le champ de Mars embrassait tout l’intervalle qui s’étend du Tibre au Capitole cl au Quirinal, l’un et l’autre occupés par les Sabins. Le champ de Mars, séparé du Palatin par l’espace que nous allons bientôt traverser, et où nous trouverons partout les Sabins, le champ de Mars, sans relation avec la ville latine, a
1 Fcst., p. 207.
1 Voyez clinp. xiv.
ROME SABINE AU TEMPS DK N LSI A.