‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 56 sur 90 · SOI · texte numérisé non relu

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dû dépendre de la ville saisine et lui appartenir. Il ne faut pas que ce nom de champ de Mars nous embarrasse; car le moment est venu de prouver que Mars ne fut point un dieu romain, mais un dieu sabin.

Mamers, Mavors ou Mars, qui semble être une contraction de ces mots à physionomie rude, fut un dieu des nations sabelliques. On trouve Mars chez les Salons aborigènes1, chez les Ombriens* et à l'extrémité méridionale du pays sabellique, sous la forme Mamers dans le nom des Mamertins, comme on le reconnaît sous la forme Mars dans le nom des Marses, également sabelliques.

l.e culte de Mare existait chez tous ces peuples cl aussi chez les Sabins5.

1 Ou connaît l'existence d’un temple de Mars près de Rieli (Don. d'Hal., i, i i), dans le pays des Sabins aborigènes, et un oracle de ce dieu à Tiora-Matiene. [Ib., id.)

* Son culte existait à Tudcr (Todi), ville ombrienne, qui devint étrusque, où l’on a trouvé les restes d’un temple de Mars et le Mars de bronze du Musée grégorien. (Voyez Sil. It. Punie., iv. 222.) On a trouvé aussi près d’Agubbio (Inguvium), avec une statue de Mars, cette inscription : Marti Cyprio. Orell.. 4950-1.) Cyprins est sabin, et voulait dire bon dans la langue ombrienne, parente du sabin. Cette épithète était vraisemblablement un euphémisme, comme le nom des Mânes, formé de Manus, qui, de même, voulait dire bon en sabin.

5 Mars ab eo quod maribus iu bello præest aut quod a Sabinis acceptus ubi est Mamers. (Varr.. Del. lat.. v, 73.)

Tout homme doué du sens étymologique rejettera sans hésiter la première origine du nom de Mars, et sera porté à admettre la seconde.

ilO l, 'HISTOIRE ROMAINE A ROME

A Home, nous l’avons rencontré portant son autre nom sabin, Quirinus, sur le Quirinal, c'est-à-dire en plein pays sabin, et célébré par des prêtres sabins, les Saliens, institués par Nuina.

Le culte de Mars avait aussi existé sur le Capitole, non moins anciennement sabin que le Quirinal; car Mars y était avec la Jeunesse et le dieu Terme quand Tarquin y construisit son temple de Jupiter'.

Mars, qui le croirait? n'eut à Home, jusqu'au temps d Auguste, que deux temples, tous deux hors de la ville. On a remarqué que les statues de Mars y étaient rares, comme il est naturel que le soient les images d'un dieu étranger. Quoi? Mars étranger à Rome! Cela s'explique.

Les Romains étaient guerriers sans doute, mais de race latine, de race agricole, enfants de Saturne; leur mythologie se ressentait de cette origine, et, quand ils adoptèrent le dieu sabin de la guerre, ils lui donnèrent un caractère agricole *; ils le confondirent avec

1 Saint Augustin [De civ. D., iv, 23, 3) alfii'ine que les trois dieu* opposèrent à Tarquin la résistance en général altriliuée seulement au dieu Tonne, et qui l'est cependant aussi à la Jeunesse par Denys d'Halicarnasse (in, G9). Ceci exprimait dans la tradition la résistance que firent les cultes en possession du Capitole au culte nouveau.

* Nunm avait institué une fête à Mars et à Itoliigus ou Roliigo, le dieu ou la déesse qui préservait les blés de la rouille. Robigo était une divinité sabine ,. car c’est A Numa qu’on attribuait la fondation île son culte. (PI., Ilisl. nul., avili. «Ht, 5.) On sacrifiait à Robigo des

nOME SABINE AU TEMPS DE NU M A. tll

le dieu des champs et des troupeaux; ils élevèrent des autels à Mars Sylvain

Les Arvales, dans leurs chants rustiques, lui demandaient, non d'accorder la victoire au peuple romain, mais de protéger les récoltes. Caton donne les détails du culte qu’on doit offrir à Mars Sylvain.

Le sacrifice du cheval dans le champ de Mars devait remonter aux Sabins. Tandis que les populations la-

chiens roux. Ovide raconte [Fait., iv, 905) que, revenant de Nomentum, il a rencontré la procession des Robigalia:

Obstitit inmedià candida pompâ > iA,

et que le Flamen de Quirinus a fait l'invocation. Nomentum êtQuirinus sont un lieu et un dieu sabins. Une difficulté topographique s’est présentée ; la chapelle de Ilobigo est donnée comme étant à cinq milles de Rome, sur la voie Claudia, au delà de Ponte-Molle , ce qui n’est pas la route de Nomentum; mais Robigo pouvait avoir plusieurs chapelles, la procession pouvait s’étre avancée jusque sur la route de la Sabine. Enfin, comme l’a remarqué M. Merkel (Ov., Fax/., p. ci.ii), après avoir rencontré la procession, en revenant de Nomentum, Ovide pouvait ne pas être retourné directement à Rome, mais s’être rendu dans les jardins qu'il avait sur les collines qui dominaient la voie Flaminia, à l’endroit où celle-ci se détachait de la voie Claudia [de Pont., El., 1, 8, 43), c’est-à-dire précisément derrière l’hôtellerie qui est au delà de Ponte-Molle.

1 Hart., fiel, de llôm , u, p. 169. Un vers de Lucilius présente Mars Sylvain comme faisant l’office pastoral de Pan,

Luptfrum exaclorem Marient Sylvanum.

Le sacrifice du cheval au dieu Mars était devenu à Rome l’occasion d'une prière pour le bien de la terre : Oh frugum evenium. (P. Diac., p. 220.) Sur cette tête de cheval que l’antique férocité de la religion sahinc allait clouer à la Regia une dévotion d'un tout autre caractère, d’un caractère vraiment latin, faisait déposer des pain*

il» (.‘HISTOIRE HUMAINE A HOME.

Unes offraient à Jupiter sur le mont Albain le bœuf ; dont elles se partageaient la chair symbolique, les Sabins offraient dans le champ de Mars au dieu guerrier le cheval guerrier'. Ces deux animaux ont toujours été considérés comme représentant, l'un l'agriculture et l'autre la guerre. « l.e bœuf qui laboure faisait place au cheval, » a dit Ovide *, pour indiquer que la guerre prévalait sur la paix.

Ce sacrifice du cheval, qu'un llaincn, prêtre sabin1, offrait au dieu Mars, montre un rapport évident de ce dieu avec la Regia et le temple de Ycsta, centre religieux et foyer sacré de la cité sabinc. On emportait la queue du cheval immolé, dans la Regia, cl on faisait dégoutter le sang de cette queue sur l’autel de Ycsta. La Regia était la demeure du roi sabin, dont une tradition elTacée avait fait l'inoffensif IS’uma.

Ce lieu, plein de souvenirs sabins, était tout rempli de la religion de Mars. Là on gardait les boucliers qui lui élaient consacrés; là les lances du dieu s’agitaient pour annoncer la guerre.

Le Mars sabin n’était point, comme l’Arès des Grecs, un dieu célibataire et galant, séduisant la belle Aphro-

1 Equus potins quam bos immolabalur, quod hic blllo, 1ms est (rugibus pariendit aplus. (P. Diac.. p. 220.)

* Faut., i, 098.

s l.es Klamens avaient été institués, à ce que l'on croyait, par Numa, comme les Saliens et les Féciatu; ils appartenaient donc à la religion Sabine.

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