‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 65 sur 90 · ROME SABINE AU TEMPS DE NIIMA · texte numérisé non relu

ROME SABINE AU TEMPS DE NIIMA

comme elle, se rattachait à la religion des puissances fécondantes de la nature, enseignée aux Sabins par les Pélasgcs, et qu’attestait sur le Quirinal le temple de Flore. Ainsi comprise, la déesse Espérance était une déesse des Jardins, bien naturellement placée dans le marché aux légumes. 11 est à remarquer qu’un temple fort ancien, car il s’appelait la Vieille Espérance (Spes Velus), existait loin de là, vers la porte Majeure, dans un quartier qui fut toujours à Rome le quartier des Jardins et l’est encore. Je ne crois pas aller trop loin en disant que l’Espérance était vraisemblablement une déesse sabine, et que ses deux sanctuaires, l’un dans le marché aux légumes, près de la porte Carmentalc, l’autre sur l’Esquilin, vers la porte Majeure, font supposer que ces deux endroits t rès-éloignés ont été dans l’origine habités par les Sabins. Nous savons, du reste, par d’autres témoignages, qu’ils ont occupé l’Esquilin.

Nous avons aussi d’autres preuves de leur habitation aux environs de la porte Carmentale. C’est d’abord la porte Carmentale elle-même, et, près de cette porte, le culte de Carmenta rattaché aux Sabins par ce nom de Carmenta *, qui est celui des Camènes sabines et d Égérie. C’est ensuite un temple de Janus

1 Antiquæ vates Carmenlrs diccbantur. (Sent., Æn.. vin, 530.) D’où Carme me, Casmeux , Cameiun. I.a file de Camienla se célébrait le même jour que celle de la nymphe sabine Juturuc, aimée de Janus. (Ov., Fait., i. 463

I, 'HISTOIRE Il 0 N A I S E A ROME.

qui ê-lail lout près1. Partout où a été Janus ont été les Sabins.

Terminons notre exploration, et, si l’on me permet de le dire, notre résurrection de la Rome sabinc. La fouille a été laborieuse, mais il me semble quelle a réussi.

Dans l'ile du Tibre, où le culte du dieu Kaunus rappelait la présence des plus anciens habitants du Latium, le culte du dieu sabiu Sancus nous atteste celle des Sabins. Une inscription placée à la base d'une statue de Sancus* qui existait encore dans les premiers siècles du christianisme, a fait commettre aux auteurs ecclésiastiques une erreur singulière; ils ont cru que l’inscription qui portait ces mots : Semoni Suncto *, se rapportait au magicien Simon, lequel, ayant tenté, par son art diabolique, de s’élever dans les airs, fut précipité, suivant la tradition, par les prières de saint Pierre, et tomba au pied du Capitole.

1 Jano teniplum, quod apud Forum Olitorium... (Tac., An»., u. 49.) La fondation de ce temple est attribuée à Nurna, par Servi us.

( Æn ., vu, G07.) Janus avait à Home deux temples, l'un était auprès du bois Argiletum, c’est celui dont il a été question dans le chapitre précédent, Foutre, près du théâtre de Marcellus. Servius a eu le tort de les confondre.

* Eusèb., Hat. eccl u, 15. Cette statue fut dédiée par Sextus Pompée, mais il devait y avoir là quelque ancien sanctuaire de Sancus, car sans cela, qui au septième siècle de Rome aurait pensé à l’obscur dieu sabiu? J’en dirai autant du temple de Faunuft et de celui de Véjovis.

5 On trouve des dédicaces semblabl e Semoni sancto, avec l’addilion fîdio, dans plusieurs inscriptions. (Frell., Hom. Myih.. 637.)

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