ROME SABINE AU TEMI'S DE KUMA
blonds La tradition ne rapporte aucun fait qui montre une action commune des deux rois, sauf une guerrre insignifiante et pour moi très-douteuse.
Que doit-on conclure de tout ce qui précède?
La tradition ne sait rien de Romulus hors du Palatin, si ce n'est sa mort. Celle fois seulement, les Romains sont sortis de chez eux, et cela ne leur a pas réussi \ Depuis ce moment on n'entend plus parler des hommes du Palatin.
Je ne croirai au gouvernement des Sabins et des Romains par deux rois unis comme les deux peuples que lorsque l'on m’aura montré soit des traces un peu considérables des Sabins sur le Palatin après Romulus, soit des traces anciennes et nombreuses des Romains sur les autres collines, ou si le Capitole est
1 Cette idée m’est venue à Saint-Pierre en voyant les femmes de la Sabine qui, le jour de Pâques, y arrivent par bandes. Elles m’ont semblé en général être blondes et ne pas offrir dans leurs traits le type latin des Romaines et des femmes d'AIbano. Alors j’ai remarqué que Sylla, lin Cornélius, famille sabinc, avait les yeux bleus; qu’un de ses aïeux s’appelait Rufinus. Plut., Syll. , i, 2}; que le radical de Flavu s, qui veut dire blond, se trouvait dans le nom des Flav ions, venus de la Sabinc, dans les Campi Flav ini, qui étaient en pays sa biti; qu’on vantail la belle chevelure blonde de la race de Constantin, issue des Claudius; que Flavius, Ru fus (roux) étaient des noms fréquents dans les familles sabines; et ma conjecture m’a semblé plausible.
* Je conçois la ville sabine et. la petite ville romaine comme deux cités séparées; telle était Emporion, en Espagne, dans laquelle la population grecque, colonie des Phocéens, habitait un quartier entouréd’un mur, et les indigènes un autre quartier. (Strab , ni, 4, 80.)
i il) L’HISTOIRE ROMAINE A .ROME.
jamais soudé au Palatin comme il l'était au Quirinal.
Jusque-là, il y aura pour moi deux villes en présence, dont l’une était sans union et sans égalité politique avec l'autre, comme sans proportion.
Quand, du haut de la tour du Capitole, on compare leur étendue et celle de la Sabine à l’horizon, on ne peut s’empêcher de trouver risible l'assertion des auteurs anciens, que Romulus a admis les.Sabins à faire partie du peuple romain1. C’est comme si la république de Saint-Marin admettait dans son sein la légation de Rimini.
Je demande grâce au lecteur pour la course que je lui ai fait faire. Sa patience ne sera plus mise ù pareille épreuve; mais il fallait découvrir la Rome Sabine, et qui veut découvrir une antiquité doit se donner la peine de la déterrer.
Le titre et le plan d’une Histoire romaine à Rome exigeait surtout la démonstration de l’inégalité matérielle de la ville sabine et de la ville romaine.
C est dans un autre ouvrage consacré spécialement aux oriijines romaines que je développerai toutes les conséquences historiques de ce fait que l'étude corn-
* Servira ( Æ mi, 635) dit, d'après Vairon, que Totius fut admis à faire partie de la cité, et il trouve très-naturel qu'à la sliite de cette admission les Romains aient pris le nom des Subins. Conséquence singulière qui semble n’avoir étonné personne, et qui était cependant asseï extraordinaire. Un pareil fait, du reste, est si étrange que Servius [Æn., i, 6, xii, 827), à propos des Troyens, qui auraient pris le nom de Latins, cherche à l’expliquer; mais du moins les Latins étaient en majorité.