‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 68 sur 90 · ROME SABINE AU TEMPS DE HUMA · texte numérisé non relu

ROME SABINE AU TEMPS DE HUMA

lit

parée des lieux m’a révélé. Mais je dois indiquer sommairement ici que ce qui devait être arriva, que la tribu fut soumise à la nation, et que la petite ville dépendit de la grande.

Désormais'Celle dépendance des Romains ne pourra plus nous suprendre Pour moi, quand je considère ce qu'étaient les Sabins à Rome et hors de Rome avec ce qu'était l'Oppidum du Palatin, je n’admire pas que celui-ci ait subi la suprématie de ceux-là; j’admire qu'ils l'aient laissé subsister.

Mais à cette époque un siège était une chose dil'ticile, je dirai môme une chose rare. On ne voit point de siège en règle avant celui de Veies. I.es villes qu'on prend ne sont pas même en général emportées d'assaut. Le plus souvent, on force l’ennemi à rentrer dans ses murs, et on y entre avec lui en profilant du désordre de sa fuite. Une population résolue, derrière des murs étrusques, ayant des troupeaux et de l’herbe pour les nourrir, pouvait tenir longtemps, faire éprouver de grandes pertes aux assiégeants, et il n’y avait pas beaucoup de profil à la prendre. Les Sabins préférèrent faire, avec les vaillants défenseurs du Palatin, un arrangement où tout l’avantage était de leur côté.

La différence de condition entre les deux villes répondit, il ne pouvait pas en être autrement, à l'inégalité d étendue et de puissance.

La première preuve en est dbns ce nom de Quirifes,

ce qui veut dire Sabins, imposé à la population latine et accepté par elle. Quintes est même devenu l’appellation emphatique des citoyens romains jouissant de tous leurs droits, par opposition aux soldats soumis au commandement militaire (imperium). Quintes, c’était donc comme citoyens, et, si l’on veut, comme bourgeois. Or, que les Romains en soient venus à se désigner eux-mômes par le nom national d'un peuple étranger, cela ne me semble pouvoir s’expliquer que par la suprématie de ce peuple- Les Bretons se sont appelés Saxons et Anglais; les Gallo-Romains, Français; les Italiens, Lombards; les Neustriens, Normands : parce que les Saxons et les Angles, parce que les Francs, parce que les Lombards, parce que les Normands étaient les maîtres du pays.

Scrvius1 dit avec beaucoup de raison : Nous savons que les vaincus reçoivent le nom du vainqueur. C'est ce que n'a paru savoir aucun des historiens de Rome.

Il y a plus, la formule officielle fut celle-ci : Le peuple romain des Sabins (Populus Romanus Quiritiumi.

Cela ne peut vouloir dire que deux choses : ou le peuple romain qui appartient aux Quirites, c’est-àdire aux Sabins, ou le peuple romain qui est composé de Quirites, c'est-à-dire de Sabins. La première interprétation est fâcheuse pour la fierté romaine; la se-

1 Æh., 1,6. Novimus quod victi victonun iiomen accipiunt.

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