‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 71 sur 90 · I 11 1 ST 01 II K HUMAINE A HOME · texte numérisé non relu

I 11 1 ST 01 II K HUMAINE A HOME

portait ait combattu contre ses compatriotes pour les réfugiés du Palatin, dont il aurait fait partie; mais il est plus vraisemblable que le grand-père de Tullus liostilius était tout simplement un chef sabin de l’armée de Tatius, et que, comme tel, il fut enterré dans un endroit dont les Sabins demeurèrent en possession après le combat, et où on les trouve encore établis deux siècles après, au temps de Valerius Publicola.

Le roi Tullius liostilius lui-môme était né, disaiton, dans une cabane et avait passé sa jeunesse à garder les troupeaux Ceci ne s’accorde pas très-bien avec l'importance que la tradition donnait à son aïeule et à son grand-père, avec l'établissement de celui-ci à Home sous Homulus, et parait une allusion à la vie rude et agreste des Sabins.

Peut-être les liostilius étaient-ils retournés dans la Sabine, et le peuple sabin voulut- il y aller chercher un roi qui fût un vrai lils de ses montagnes.

Du reste, tout dans la vie de Tullus liostilius montre le roi sabin*. La tradition plaçait sa première de

pelait Lucretius Tricipilinus; son nom, qui se retrouve dans celui du mont Lucretile, est sabin. Ou donnait à Numa une femme appelée Lucretia. (PI., Nutn. 21.) Lucrèce était Sabine, je le montrerai. Ce nom Hostus, associé à deux noms sabins Ijicretius et Tricipilinus, devrait être un nom sabin.

1 Val. Max., ut, 4, 1.

* Je ne puis voir avec M. Preller [Boni. Myth ., 6112) dans T. Hostiv lius, le destructeur d’Albe, un représentant des Albains, mais je suis tout à fait t’e l’avis d ce savant quand il voit en lui le descendant d’un étranger

TULLUS H0STI1.IUS.

meure sur la Velia . au lieu où son aïeul, époux ou gendre d’Hersilie, avait été inhumé. La Velia, que maintenant on a de la peine à reconnaître, et dont le sommet est marqué par l'arc de Titus, fut dans l'origine une hauteur assez considérable pour que la mai son de Valcrius Publicola, qui y était située, parût menacer la liberté de la république naissante.

ilostilius s’y établit, non loin de la demeure du roi sabin Numa, et encore plus près de la porte du Palatin, pour en surveiller, comme lui, les habitants.

Tullus Ilostilius continue l’œuvre de Numa. Il augmenta le nombre des Saliens ‘, prêtres sabins; il perfectionna le droit iëtial ’, en vigueur chez les peuples sabelliques.

Tullus Ilostilius fonda le culte singulier de la Peur. Ce culte ne doit pas surprendre chez un peuple qui, comme les Sabins, élevait des autels à la Fièvre5 et adorait le Jupiter funeste. Le temple dédié par Tullus Ilostilius a la Peur et à la Pâleur, filles de Jupiter ’, était dans l’esprit de la religion Sabine, qui inclinait, par un de ses côtés, vers le culte des mauvaises puissances.

Cette divinité étrange, la Peur, était la person-

1 Til. Uv., I. 27 ; Den. d'Hat., n, 70.

* Cic.t De Rep., n, 17.

5 Le nom et le culte de la Fièvre ( Febrit ) étaient liés à un ensemble de purifications élrusco-sabines ; l'un des deux mois ajoutés par Numa s’appelait februariuê.

4 Serv., Æn.f vin, 285.

niücation d'une idée abstraite, ce qui est tout à fait conforme au génie de la religion des Sabins, qui divinisaient la Jeunesse, la bonne Foi, l'Espérance.

Mais ce qui dessine surtout le caractère sabin de Tullus Hostilius, c'est la guerre acharnée qu’il fit ii la ville d’Albe, et qu’il termina par la destruction de celle ville, à laquelle se rattachaient les origines de la Rome du Palatin. Albe était le chef-lieu de la confédération latine. La détruire, c’était frapper la confédération au cœur et préparer l'asservissement du Latium, que le successeur sabin de Tullus Hostilius, Ancus Martius, devait en grande partie accomplir. Aussi toute cette guerre est-elle conduite par Tullus Hostilius avec une violence où respire une haine de race, haine de la race sabcllique contre la race latine, que la tradition a exprimée avec une poésie farouche et vraie.

Ce sont les Albains qui déclarent la guerre. Leur roi, Cluilius, s'avance à cinq milles de Rome, aux fosses Cluilicnnes

« 1 Selon Tilc Live (i, 23} la fotsaC.luiiia devait son nom au roi Cluilius ;

Denys d’Ilalicarnassc dit qu’elle fut l'ouvrage de ce roi (m, 4). Elle devait être sur la route d'Albe, entre la voie Latine et la voie Appienne, entre les Sette Bassi et Roma Veccliia, à la limite du territoire albain et du territoire romain. Nicbuhr alfirme comme indubitable que la fosstt Cluitia était un conduit souterrain d'un demi-mille de longueur, qui, de Grolta-Ferrata, conduit dans la campagne les eaux de la Maranna, cl qui, selon lui, fut l’œuvre de Cluilius. M. Lewis (On lhe credibility , i, 454) réfute très-bien cette supposition gratuite de tUebuhr, d'après laquelle un ouvrage, que Tite Live dit ne plus eiis-

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