TULLUS HOSTILIUS
Là était en effet la frontière de l'antique Rome.
C'est à une distance à peine plus considérable que, du côté de la mer, on célébrait les Terminalia, à deux lieues environ.
Voilà le commencement de la puissance romaine.
Le roi Cluilius meurt d’une mort soudaine et un peu suspecte. Tite Livc donne aux Albains un dictateur, ce titre existait dans les villes italiotes, et le nom s'en conserva chez elles, même quand elles eurent perdu leur autonomie, réduit alors aux humbles proportions d’une dignité municipale. Ce dictateur s’appelait Mettius 1 Fufetius; il devint plus tard l’allié de Tullus Hostilius. Peut-être ne fut il pas étranger à celte mort subite du roi d’Albc qu'il remplaça.
La haine du roi sahin s’exalte; il menace les Albains du courroux des dieux qui a frappé leur chef, et qui les dévorera tous. Puis il exécute un coup hardi : il franchit nuitamment la fosse Cluilienne, traverse le camp des Albains, et se trouve ainsi sur leurs derrières. Le nouveau chef, intimidé, propose alors ce fameux combat dans lequel un petit nombre de guer-
(er de son temps, existerait encore. D'ailleurs la foua Cluilia était plus près de Home, car elle n’en était qu’à cinq milles. Les expressions dont se servent Tite Livc et Denys d'Halicarnasse ne peuvent s'appliquer qu'à un fossé de défense.
1 Ce nom de Metiut ou Melliui est le prénom du iiéros sabin Curtius. Metius Fufetius pourrait avoir été un Sabin résidant à Allie, et nommé par une intrigue de Tullus Hostilius, qui lui-raème peut bien avoir eu quelque part à la mort du roi albain.
riers décidera du sort des deux peuples, et qui tient plus de la légende que de l'histoire. Cependant il est raconté avec des détails tellement circonstanciés et tellement vraisemblables; les monuments, et, si je puis ainsi parler, les reliques qui s'v rapportent, ont été si soigneusement et si longtemps conservés à Rome, que je répugne à y voir une fable imaginée après coup. J’v vois plutôt le souvenir d’un chant contemporain de l’événement, où tout n’était pas faux, et dans lequel la poésie a, comme fait toujours la poésie naïve, transmis plusieurs traits de la réalité.
Le vieux poème est perdu, mais.il en reste quelques lambeaux dans l'admirable narration de Tite Live, et le mâle génie de Corneille en a quelquefois retrouvé l’esprit, quoique écrivant dans un milieu trop différent pour pouvoir nous rendre toujours l'inspiration de la poésie primitive.
Plaçons-nous donc près delà fosse Cluilienne, à cinq milles de Rome, sur le chemin d'Albano, et représentons-nous les combattants dans cette campagne d'un caractère si grand et si sévère en vue du Monte-Cavi, sur le flanc duquel nous apercevons la ville d'où les Albains étaient descendus. Les Romains étaient sortis par la porte Capène, un peu en arrière de la porte Saint-Sébastien, par où nous-mêmes nous sommes sortis.
Parmi les Romains, nous découvrons le vieil Horace, qui n’est pas resté entre les murs de sa maison,