‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 75 sur 90 · TOI.LUS HO ST I I.I US · texte numérisé non relu

TOI.LUS HO ST I I.I US

La destruction d’Albe était un grand événement. C'était un coup terrible porté par le roi sabin à la confédération latine, dont Albe était le centre; c’était l'hégémonie qu'elle exerçait sur les villes latines transportée à la ville où il régnait.

Aussi les villes latines se soulevèrent, mais, à ce qu'il semble, assez mollement.

La confédération latine avait été frappée au cœur, ou plutôt à la tète. Le roi sabin, qui lui avait porté ce coup décisif, triompha sans peine du Latium décapité.

Cet événement, qui abaissait la confédération latine, fut favorable aux Lalins de Rome.

La population que Tullius transporta sur le mont Cælius était considérable. Celle de Rome, dit Tite Lire ', en fut doublée.

Le roi sabin s’était peut-être applaudi d'anéantir le berceau de la royauté romaine; mais il ne savait pas ce qu’il faisait en donnant ainsi, dans le Cælius latinisé, un allié au Palatin. Il préparait l'ascendant futur de la ville latine.

Plusieurs grandes familles d'Albe* se trouvaient parmi les nouveaux habitants du Cælius. l'ne d’elles était celle des Jules*, de laquelle César devait un jour sortir.

1 Tit. Liv., i, 30.

* De cas ramilles, données pour albaines, il en est une qui est évidemment Sabine, les Curiatii.

’ C'est parce que les Jules étaient originaires d’Albe qu’ils avaient

Tullus llostilius ne se doutait pas qu'il introduisait dans Rome les aïeux de celui qui était destiné à renverser le gouvernement héritier futur du pouvoir des rois, et à venger de la république la royauté en détruisant la république et en préparant, en fondant réellement l’empire.

Le Ctelius fut toujours considéré depuis comme le mont des Étrangers; on y honorait les dieux venus du dehors *, et on y plaça le camp des È (rangers *. Il ne faut jamais l'oublier, dans Rome, qui alors fut surtout sabine, les étrangers, c'étaient les Latins.

Cependant, sans parler du Palatin, on découvre à Rome des traces de la présence des Latins, antérieurement à Tullus llostilius.

Le culte d'un dieu indigène du Latium, Faunus, parait avoir existé de très-bonne heure sur l'Aventin* et dans l'ile Tibérine

leur sanctuaire de famille A Boville. Botille dépendait d’Alhe ; ses habitants s'appellent dans une inscription Bovillani Lungatbenses. Nibby dit y avoir retrouvé le Sacrarium des Jules. (/fini., i, p. 311-12.)

1 Araui adventiciorum deorum. (Tcrl., ad Nat-, n, 9.) Tcrtullicn dit que cet autel était sur le Palatin, mais c’est évidemment un mpt mis pour un autre, car il le place près du temple de la déesse Corna, et l'on sait que ce temple était sur le Celius. (Macr., Sol., i. 12.)

* Reg., il.

» Ov., Fait., ni, 298.

* Ov., Fast , n, 193. Pour le prétendu temple de Faunus, qu’on a cru retrouver sur le Cælius dans une église des bas-temps, San- Stephano-Rotundo, cette supposition ne repose sur aucun fondement.

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