‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 76 sur 90 · T CI, LUS II 0 ST I L 1 US · texte numérisé non relu

T CI, LUS II 0 ST I L 1 US

L'on disait qu'un Julius Proculus. venu à Rome avec Romulus, avait fondé la famille des Jules; mais ce fut, je pense, une tlalterie imaginée par un généalogiste qui trouvait que ce n’était pas assez pour la famille à laquelle appartenait César de n'étre à Rome que depuis Tullus llostilius.

L'histoire attribue à Tullus Hostilius un petit nombre de monuments. Cela se conçoit : guerrier avant tout, il eut peu le temps de s'occuper à bâtir; il détruisait plutôt. Il détruisit Albe, chef-lieu de la confédération latine. Son plus grand monument fui une ruine.

On rapportait à ce roi lu consécration du temple de Saturne; peut-être, en effet, ce temple ne date-t-il que de lui. L’autel de Saturne était beaucoup plus ancien et remontait aux premières populations latines qui occupèrent le Capitole; mais il est possible que Tullus Hostilius ait voulu plaire ainsi aux Latins établis par lui sur le mont Cælius et remplacer pour eux leur temple de Jupiter Latiaris sur le mont* Albain, afin de les attacher à leur nouvelle patrie par le culte de leur di^i national *.

1 Macr., Sat.f i, 8. Macrobe dit qu’alors furent instituées les saturnales. Mais, comme le culte de Saturne dont elles faisaient partie, elles devaient être plus anciennes. Peut-être Tullus Hostilius, toujours pour plaire à ses sujets latins, donna-t-il à ces l'êtes essentiellement latines plus d’éclat. Cedrenus parle d’un pont et d une porte ajoutés par Tullus. (74.) Je ne sais quelle pouvait être cette porte; le pont est probablement celui par lequel Ancus Martius réunit la rive gauche

Tullus Hostilius a attaché son nom à un édifice d une grande importance, la Curia Hoslilia, principal lieu des assemblées du sénat jusqu’à Sylla *.

Les curies furent dans le principe des associations entre patriciens, dont le but était l'exercice d'un culte commun et le règlement de certaines affaires.

Le lieu où les membres de la curie s’assemblaient s’appelait lui-mème Curia , comme dans un autre ordre de faits on a appelé commune l'endroit où se réunissaient les magistrats de la commune.

Les anciennes curies étaient au pied du Palatin, du côté qui regarde le Cælius*.

Tullus Hostilius, le premier, fonda une curia géné-

au Janicule, qu'il fortifia. Ce fut la citadelle créée par Ancus, sur le Janicule, qui dut amener la construction du pont, et c’est vraisemblablement par confusion que ce pont a été attribué au prédécesseur d'Ancus. Une autre coufusiou. causée par la ressemblance des noms, n pu faire dire que Tullus Hostilius avait fondé à Home le culte de la Fortune, déesse favorite de Servius Tullius , ce soldat de fortune. Cependant, comme il y avait trois temples de la Fortune sur le Quifinal, le culte de cette déesse a bien pu être originairement un culte sabin.

1 Tit Liv.,1, 30.

* Tacite [Ann., xii, 24), en décrivant la marche de la charruq> de Romulus, dessinant le Pomœrium, désigne trois points: l’autel de Consus, au sud-ouest du Palatin; la chapelle des Lares, au nord-est; enfin les anciennes Curve, que Tacite nomme après l’autel de Consus et avant la chapelle des Lares, et qui par conséquent devaient se trouver au sud-est du Palatin. Des anciennes Curies, dont quelques-uns ne sc laissèrent pas déplacer et existaient encore au temps de Fesius. Nibby a cru reconnaître quelques restes de ce côté du Palatin. (Bom. ont., n, p. 480.)

TULLUS HOSTIl.ll'S.

raie où les chefs des curies particulières, en prenant ce mot dans le sens d'association, se réunirent. La curia de Tullus llostilius devint le temple du sénat; car elle était un lieu auguré, et c'est là ce que l'on entendait par un temple.

La curia d'Hostilius, voisine du Coinitium', placé lui-mèmc au pied du Capitole, au dessous de la plateforme du Vulcanal, aux environs de l'arc de Septime Sévère et du temple de la Concorde, la curia était au nord-est du Comilium, un peu en avant de l'église de Sainte-Martine *.

* Vitruve (y, 2) dit que le Trésor, la Prison, la Curia, doivent être attenantes au Forum. C’est ainsi qu'à Rome étaient disposés ces trois monuments.

* L’emplacement de la Curia Hostilia, sur lequel on a beaucoup discuté, mérite d’être déterminé avec soin. D'abord elle était sur le côté nord-est du Forum. Car. comme Niebuhr l'a remarqué le premier. on lisait l’heure de midi en regardant le soleil de la Curia. {PI., vu, 60.) Or, si elle eût été du côté opposé, à midi, on n’eût pas vu de là le soleil. C’est une preuve en quelque sorte oculaire qui a elle-même l’évidence du soleil en plein midi. De plus, on regardait le soleil entre les Rosira qu’on sait avoir été en avant de la Curia (Varr.. De lot., y, 155), et la Græcostasis qui était près du temple de la Concorde (Varr., ib. et 156), dont la position est certaine et dont la place est encore reconnaissable. On sait aussi que la Græcostasis touchait au Comitium. (PI., ilist. nul., xxxiit, 6.) Or, la position du Comitium confirme celle de la Curie, dont il était rapproché (Til. Lit., i, 36.) C’est ce qu’a démontré le premier avec une évidence qui, selon moi, ne lai>se rien à désirer, M. Dyer, dans le Dictionnaire d' Histoire et de Mythologie publié en anglais par Smith, t. m, p. 775, art Roma. Dans un passage très-mutilé de Feslus se trouvait ibus ; 0. àlüller a suppléé ce qui manquait avant ces quatre lettres par

Ce lieu, voisin du temple de Janus, n avait jamais été possédé par les Romains. Devant la curie était la statue de l’augure sabin Attus Nævius*.

Cicéron dit que Tullus Hostilius entoura d'un mur le Comilium et la Curia; tous les autres témoignages le font l'auteur de la dernière.

Le Comitium était le lieu où se tenaient les Comices par curie, c’est-à-dire où votaient les patriciens.

La curia Hostilia fut le lieu où délibérèrent les chefs des patriciens, les père* qui formaient le sénat.

On disait que Tullus Hostilius avait entouré le Comitium d'un mur et avait bâti la Curia, qui portait son nom, parce que c’était Tullus qui avait organisé le patricial.

C’est avec lui qu’on voit poindre l'organisation politique de Rome. Nuina s’était occupé surtout de l’organisation religieuse.

J ai dit que Romulus, le fondateur de la petite Rome palatine, n'avait rien pu faire en politique de ce qu’on lui a prêté.

Il n'avait pu diviser la popùlalion de Rome, dont une très-faible partie lui obéissait en trois tribus. Ces tribus élaient celle des Tities ou des Sabins, de beau-

Curiam sub veteri (veteribus), cp qui placerait la Curie au sud-ouest du Forum. (Voy. Cic., Academ Prior. , n. 22.) D’après ce qui précède, cette interpolation de l’illustre éditeur de Festus doit être rejetée.

1 Ce prénom Attus qui était aussi celui d’Atta Clausus, chef de la gens Sabine des Claudius, le prouve.

TULLl'S H0STIL1US.

coup la plus considérable et occupant cinq des huit collines, celle des Luceres ou des Étrusques, sur le Cælius; celle des Rhamnes ou des Romains, sur le Palatin, la seule que gouvernât Romulus. et la plus petite des trois

De môme Romulus ne fut pour rien dans l'organisation des curies. Les anciennes n'étaient pas sur le Palatin, mais au pied du Palatin et en dehors de son enceinte, comme l'autel de Consus, dans la vallée de l’Aventin (grand cirque), et au sommet de la Velia, le sanctuaire des Lares, avec lesquels elles sont nommées par Tacite.

La curie supposait l'existence du patricial, et, comme je l ai dit, le Palatin ne pouvait contenir les éléments du patricial.

La curie était une institution sabine ’j le mot l'indique. Ce nom curis, lance, comme Curites (Uuirites), était le nom môme de la nationalité sabine que les curies représentaient; elles étaient mises sous la

1 Les trois tribus pouvaient exister dès lors, puisqu'il y avait des Romains sur le Palatin (Rhamnes), des Étrusques sur le Cælius (Luceres, de Lucumo), des Sabins (Tities, nom sabin) sur presque toutes les autres collines. On n’a pas besoin d’attendre les Tarquins pour trouver à Rome les trois éléments de la population romaine.

* Les Sabins pouvaient avoir reçu la curie des Pélasges, car elle correspondait à la fratrie des Grecs; les banquets des Curiales (Deu. d’Hal., ii, 23) étaient analogues à ceux des prytanes de la Grèce; mais dans tous les cas les Sabins s’étaient approprié cette institution, car le mot curia était sabin

protection de Junon Curis, c'est-à-dire de Junon Sa bine1. Dans chacune des curies, une table’ qui servait d'autel lui èlait dédiée, et on rapportait cet usage à Tatius*. Le sacrifice dans les curies était fait par un flamen, prêtre sabin. Les cultes sabins de Quirinus * et de Vesla les consacraient *. L'on disait que les trente curies avaient porté dans l'origine le nom des Sabines enlevées *, et plusieurs de ceux qui sont parvenus jusqu'à nous désignent une localité occupée par les Sabins

1 Junon Curis (Or., Inscr , 1303), ou Curiiis (P. Dinc., p.4U), ou qui’ ritis (Fest., p. 234), ou Curitia (Den. d liai , u, 50). ou Curulis (Serv.. Æn., i, 17 )

* Curiales menss. (P. Diac., p. 64.)

5 Den. d'Ilal., n, 50. A Numn, selon Ennius (Ann., u, p. 36, édv Hesscl; Varr., De l. lat., vii, 47.) C’était toujours le rapporter aux Sabins.

4 L'image de Janus était placée dans toutes les curies; au mois de février, les treille curies rassemblées célébraient la fête de leur dieu national (les Quirinalia), et chaque curie les célébrait dans sa chapelle particulière consacrée à Junon Curitis. La veille était le jour des Fornacalia : ce joiir>là les curies offraient un gâteau. Cette fêle, disait-on, avait été institué par Numa en l’honneur de Romulus. Je crois plutôt qu’elle s'adressait dans l’origine au dieu sabin Quirinus, avec lequel Romulus fut identifié.

1 Numa avait fait du temple de Vesla le sanctuaire et comme le foyer commun des curies.

6 Den., u. 47. Cela montre seulement qu’on rattachait l'origine des Curies aux Sabins, et tout au plus qu’elles portaient des noms sabins. Le nom d'une d’elles, Ropta semble faire allusion à l’enlèvement des Sabines ; celui d’une autre Titia, est certainement sabin.

7 Fore n sis (Fest., p. 174), du Forum; Veliensis, Velitia, de la Velia.

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