‹ L'histoire romaine, racontée aux enfansChapitre 11 sur 45 · CAMILLE ET LES GAULOIS · texte numérisé non relu

CAMILLE ET LES GAULOIS

Depuis l'an 896 jusqu'à Tan 321 avant J.-C.

Déjà bien des années s'étaient écoulées depuis que le décemvirat avait été aboli , et les Romains étaient gouvernés ^ comme auparayant, par des consuls, lorsqu'ils résolurent de créer un dictateur pour aller assiéger la ville de Falèbxs, qui appartenait à un peuple vaillant auquel ils avaient déclaré la guerre ; cette fois ce fut un citoyen brave et vertueux, appelé Camille, qui, revétù de cette dignité, s'illustra pair plusieurs belles actions que je vais vous raconter.

Pendant le siège de Falères, on maître d'école à qui étalait confiés les enfans des premières familles de cette ville , vînt trouver le dictateur, accompagné de tous

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ses élèves , et lui offrit de les livrer entre ses mains , pour que les parens de ces jeunes gens , de peur quHl ne leur arrivât malheur, se hâtassent de rendre leur ville.

Cette trahison indigna Camille ; et en effet, c^était une bien mauvaise action que commettait ce maître d'école, puisqu'il avait promis d'avoir soin de ces enfans, «t qu'en les livrant aux Romains il les exposait à être tués ou réduits à l'escla-vage ; aussi , au lieu de la récompense qu'il attendait du général romain , il en reçut au contraire un juste châtiment.

Camille ordonna qu'on le dépouillât de ses vétemens; et lui ayant fait lier les mains derrière le dos, il donna des baguettes à tous ses écoliers , pour qu'ib le reconduisissent à Falères , en le frappant de toutes leurs forces ; ce qu'ils firent probablement avec grand plaisir.

Lorsque les parens de ces ^enfans , qui attendaient leur retour avec inquiétude , apprirent pourquoi cet homme était ainsi maltraité , ils furent si touchés de la pro-

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bité de Camille , qu'ils vinrent aussitôt lui offrir les clefs de leur ville. La vertu obtint ainsi à Tinstant même ce que la force aurait eu bien de la peine à arracher.

Cependant les soldats romains, qui espéraient piller Falères, et s'emparer de toutes les choses précieuses que cette ville renfermait , étaient peu touchés de la modération de Camille envers leurs ennemis, et ils firent si bien par leurs murmures, qu'en revenant à Rome, le peuple oubliant les services éminens que ce général avait rendus à la république , eut l'ingratitude d'exiler ce grand homme, comme tous avez vu qu'il avait exilé Coriolan..Mais Camille s'en consola, en pensant qu'il n'avait rien à se reprocher, et qu'un jour ses ennemis même lui rendraient justice; ce qui arriva bientôt après , comme vous allez voir.

 cette époque une nombreuse armée de Gaulois, ce peuple farouche et belliqueux dont je. vous ai déjà parlé dans THistoire ancienne, ayant tout à coup en-

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vahi l'Italie » avait mis le siëge devant la ville de Clusium, qui était alors Talliée des Romains. Ceux-ci ^ en apprenant cette nouvelle, envoyèrent trois députés au chef de ces barbares , qui se nommait Basmius, pour l'inviter à respecter les amis de Rome; mais un de ces députés ayant eu Timprudence de tuer un Gaulois, Brennus, qui ne cherchait qu'un prétexte, se hâta de mareher sur cette capitale avec son armée.

Ces Gaulois étaient des hommes d'une taille élevée et d'une force prodigieuse, et ils avaient une extrême impatience de mettre au pillage les trésors qu'ils savaient être renfermés dans Rome. Us marchèrent donc sur cette ville avec promptitude, et ayUnt dispersé ^ sur les bords d'une rivière appelée TAllia , les troupes qui avaient été envoyées à leur rencontre, ils se. présentèrent devant Rome, dont tous les habitans s'étaient enfuis à leur approche, à l'exception de ceux à qui leur grand âge ou leurs infirmités n'avaient pas permis de s'éloigner*

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Ces vieillards , parmi lesquels se trouvaient plusieurs sénateurs, se placèrent sur des sièges devant la porte de leurs maisons, vêtus de leurs habits de cérémonie, et attendirent ainsi les ennemis^ qui ne tardèrent pas à se présenter. D'abord, les Gaulois furent saisis d'admiration en voyant ces hommes vénérables qui paraissaient n'éprouver aucune crainte; car ces peuples, malgré leur barbarie , professaient un grand respect pour la vieillesse.

Mais un soldat ayant porté la main sur la barbe blanche de l'un des plus vieux sénateurs pour la caresser, celui-ci, indigné de cette insolence^ ayant levé sur lui une baguette d'ivoire sur laquelle il s'appuyait, le Gaulois le tua sur-le-champ.

Ce fut le signal d'un massacre général :

les barbares égorgèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent , et mettant le feu dans plusieurs quartiers de la ville à la fois, allumèrent ainsi un vaste incendie qui consuma bientôt tous les édifices de cette ville, à l'exception du Capitole, où s'é^-

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