‹ L'histoire romaine, racontée aux enfansChapitre 14 sur 45 · RÉGULUS · texte numérisé non relu

RÉGULUS

CHEZ LES CARTflAGINOIS,

Depuis t'an a63 jusqu'à l'an ai 8 avant !•-€.

Je ne sais , mes petits amis , si vous avez jamais tu des vaisseaux : ce sont des espèces de maisons en bois qui vont sur la mer , et qui servent à transporter au loin les hommes ^ les animaux et les marchandises de tout genre ; les vais^ seaux ressemblent, pour la forme, aux barques qui flottent sur les rivières; mais comme ils sont beaucoup plus grands , et par conséquent plus difficiles à mouvoir , ils portent des mâts auxquels sont attachées des pièces de grosse toile, que Ton nomme des VOILES ^ et ces voiles étant gonflées par

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le vent , suffisent pour faire marcher un navire sur les flots avee une grande rapidité.

Chez les anciens peuples, mes enfans, où l^art de la navigation était hien moins avancé qu'il ne Test aujourd'hui , on se servait en même temps de rames, avec lesquelles un certain nombre de matelots , assis sur des bancs de chaque côté du navire , frappaient la mer en cadence pour le faire mouvoir. Ces sortes de vaisseaux , marchant ainsi à la voile et à la rame , re* cevaient le nom de galèebs, et an les distinguait par le nombre de rangs de rames dont elles étaient pourvues : les tmlÈMBS étaient celles à trois rangées dé ra«* meurs , et Ton en vit quelqudbia qui portaient jusqu'à sept rangs de rames, mises en mouvement par autant de rangs d'hommes placés les uns au-dessus des autres.

Chacun de ces vaisseaux , quelle que fût sa grandeur, était armé d*une fourche en fer ou en cuivre , que Ton nommait

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Téperoiî du navire, et qui servait dans les combats à accrocher , et le plus souvent même à briser par un choc violent les galères ennemies. Il ne faudra point oublier ce que c'était que ces éperons de vaisseaux, que nous retrouverons plus tard.

Dans le temps dont je vous parle , il y avait en Afrique , sur le bord de la mer Méditerranée , une ville appelée Cârthage , qu'une reiiie de Tyr , en Fhénicie , nom* mée DiDoir, y avait fondée plusieurs siècles auparavant. Cette ville, dont tous les habitans se livraient avec ardeur au commerce et à la navigation , était devenue riche et puissante , et possédait un grand nombre de galères et de soldats de toutes les nations qu'elle achetait à prix d'or, comme les mercenaires qui avaient suivi Pyrrhus en Italie.

Or, il faut que vous sachiez , mes petits amis, que la Sicile est un des pays les plus fertiles de la terre , et que c'était de cetle île que les Romains , dans ce temps-là , tiraient la plus grande partie du blé et des

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autres proyisions nécessaires à la subsistance du peuple de leur ville.

De leur côté , les matelots de Garthage, qui parcouraient successivement toute la mer Méditerranée pour leur commerce, étaient parvenus en Sicile, et ce qu'ils racontèrent de ce beau pays inspira aux Carthaginois un si vif désir de s'en emparer, qu'ils envoyèrent dans cette Ile un grand nombre de galères portant une armée.

Cependant , les Romains qui, après avoir successivement vaincu tous leurs voisins , étaient devenus le peuple le plus puissant de l'Italie , n'avaient, pu voir sans mécontentement la Sicile , qu'ils avaient regardée jusqu'alors comme le grenier de leur république, devenir la proie des avides commerçans de Carlhage. Dès ce moment, on eût pu prévoir que la première occasion ferait éclatçr une sorte de rivalité entre ces deux cités également formidables , et cette occasion ne tarda point à se présenter.

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A cette époque la ville de SYiuctJSB, dont je TOUS ai déjà parlé dans l'Histoire grec-^ que, était gouTernée par nu prince nommé HiÉaoH) qui, ayant fait alliance avec les Romains, envoya des ambassadeurs au sénat, pour le supplier de lui envoyer des secours contre les Carthaginois , qui s'é-* talent déjà rendus maîtres de plusieurs villes siciliennes : mais Rome n'avait point de vaisseaux qui pussent lutter contre les flottes de Carthage , et le sénat fut bien embarrassé pour faire passer des troupes en Sicile. Néanmoins , comme le courage et la bonne volonté viennent à bout de tout , on se servit pour modèle de deux galères car&aginoises que la tempête avait jetées sur la cote d'Italie , et l'on construisit en peu de temps un grand nombre de vaisseaux semblables , au moyen desquels plusieurs légions romaines furent transportées de Tautre câté du détroit. Un consul , nommé Aypius Claudius , les commandait; il battit les Carthaginois en plusieurs rencontres, et leur reprit la

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