‹ L'histoire romaine, racontée aux enfansChapitre 17 sur 45 · LES GRACQUES · texte numérisé non relu

LES GRACQUES

menf nos^ se taer.les uns les autres avec des épées, ou combattre jusqu'à la mort des lions> des tigres, des panthères, et d'autres bétes féroces , que l'on apportait à grands frais d'Afrique et d'Asie , dans des cages de fer, pour Tamusement du peuple romain. Les malbeureux voués ainsi à une mort certaine , dans les jeux du cirque, étaient ordinairement des criminels condamnés au dernier supplice, des esclaves ou même des prisonniers de guerre.

On choisissait pour . acteurs de ces spectacles sanguinaires les hommes les plus robustes et les mieux faits , et on leur donnait le nom de gladiatbiths, d'un mot latin qui veut dire épée, parce quils étaient pourvus d'une arme de ce genre.

Les gladiateurs étaient entretenus aux frais de la république dans des maisons particulières, où ils recevaient une nourriture propre à les rendre vigoureux et dispos, et étaient exercés continuellement aux combats qu'ils devaient exécuter devant la multitude : on leur enseignait à se

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servir adroitement de leurs armes, et surtout à tomber et à nonrir avec grâce sur l'arène, parée que c'était eu effet le sort qui les attendait tôt ou tard dans le cirque. Lorsqu'un de ces malheureux, terrassé par la douleur ou épuisé par la perte de son sang , tombait sur le sable en demandant grâce, la populace, ivre de joie, ordonnait quelquefois cpi'ou lui laissât la vie; mais si, au contraire, elle en décidait autrement , les spectateurs élevaient le pouce de la main drmte , et le misérable recevait aussitôt le coup nor* tel.

Aux funérailles des riches Romains , c'était l'usage de faire exécuter des combats de gladiateurs, où il était bien rare que qttelque8-4in8 ne périssent pas ; quelquefois aussi, dans les repas de cérémonie, on faisait venir quelques-uns de ces faifortunés pour simuler des combats autour de la table des convives, mais alors il leur était ondoBiié de se servir d'épées de bois. • Les habitans de Rome se moalraîent

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passionnes pour ces hideux spectacles, et le peuple s'y portait en foule avec un empressement qui semblait une folie sanguinaire.

Je dois vous dire maintenant , mes on- (ans, que dans cette grande Tille de Rome^ il n'y avait plus guère de vëritables Ro-<?

mains ; tant de guerres lointaines avaient fait périr un si grand nombre de citoyens, qae les campagnes et la ville même eussent été entièrement désertes , si l'on n'y eût amené de temps en temps des milliers de prisonniers de guerre , qui , d'abord esclaves , ensuite affranchis , culti- Taient la terre ^ exerçaient toutes les professions nécessaires , et finissaient < par devenir ainsi égaux à leurs maîtres , en se confondant avec eux. De. cette manière il n y eut presque plus dans Rome d'autres citoyens que des Africains, des Eispagnols, des Grecs , et enfin des hommes de toutes les aatâous , que la guerre y avait transportés pour remplacer les Romains qui périssiwent de tous cotés.

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Or, ce n'était pas une médiocre qualité que celle d'un citoyen romain : celui-là seul nommait les consuls et les autres ma* gistrats^ personne' n'avait le droit de le mettre à mort , ni même de le frapper de verges, sans un plébiscite, c'est-à-dire sans un décret rendu par le peuple assemblé ; et dans les pays les plus éloignés on respectait ce titre de citoyen de Rome.

Cependant cette ville , dont la domination s'étendait déjà sur une partie du monde , renfermait un grand nombre de citoyens si pauvres et si misérables qu'ils n'avaient point de maisons pour se loger , et que très-souvent même ils manquaient de pain , tandis que toutes les campagnes de l'Italie étaient devenues la propriété des patriciens et des riches, pour lesquels une multitude d'esclaves cultivaient les champs et gardaient les troupeaux. Comme au temps de Ménénius Agrippa , la plupart des Romains se voyaient au moment de mourir de faim , et le plus souvent , ce peuple qui venait de conquérir Carthage,

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Corinthe et Numance , ne vivait que du blé distribué chaque jour par ordre des consuls , ou de Targéat que les triompha** teurs faisaient jeter à la multitude.

Il y avait alors à Rome, mes petits amis, deux frères connus sous le nom de Grac- Qucs, parce que Tainé^se nommait Tibé- Eius GRAcGHtJs , et le cadet Giîus Grag-

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