‹ L'histoire romaine, racontée aux enfansChapitre 23 sur 45 · LA BICH£ DE SERTORIUS · texte numérisé non relu

LA BICH£ DE SERTORIUS

Cependant , au milieu de ces succès extraordinaires , dont tout autre que Sertorius se fût laissé éblouir, ce grand capitaine regrettait amèrement sa chère patrie , et ne cessait de répéter qu'il préférerait vivre en obscur citoyen dans Rome, que de posséder des honneurs sou« Terains sur une terre d'exil. Mais ce qui attristait le plus cet homme remarquable, c^était d'être éloigné de sa mère qu'il aimait tendrement, et surtout d'avoir perdu l'espoir de jamais la revoir, à cause de son grand âge. On raconte même que lorsqu'il apprit que cette dame, déjà parvenue à une vieillesse très-avancée, avait cessé de vivre, il en éprouva une si vive douleur que , pendant sept jours entiers , il demeura couché à terre, sans prendre aucune nourriture, et sans vouloir même accepter les consolations que ses amis lai offraient. Cette piété filiale de Sertorius , mes enfans , ne relève-t-elle pas à vos yeux tout l'éclat de ses hautes qualités et celui de ses talens militaires ?

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Il y avait alors en Italie un jeune général nommé Pompée , qui , après avoir glorieusement combattu sous Sylla contre Mithridate , avait mérité par ses exploits en Asie les honneurs du triomphe, à un âge où la plupart des plus illustres citoyens parvenaient à peine aux dernières charges de la républi<{ue. Ce fut ce capitain^e, déjà célèbre par des victoires, que le sénat chargea d'aller. combattre Sertorius-, et de lui enlever cette puissance qu'il semblait destiné à perpétuer en Espagne. Cependant Sertorius , autant par la valeur de ses soldats que par la connaissance du pays montagneux et couvert, où son adversaire hésitait à s'aventurer, parvint à repousser Pompée et à lui faire acheter chèrement sa moindre conquête.

Or, il faut que je vous dise, mes bons amis , que parmi les anciens partisans de Marins, que les proscriptions ou d'autres motifs avaient ralliés autour de Sertoiius, se trouvaient plusieurs officiers qui ne se pliaient qu'avec impatience à l'exacte dift»

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cipline qu'il faisait régner dans Bon armée, en punissant avec rigueur la fiiute la plus légère. Mais le plUs danget^eax de ces mécontens était un tribun nommé PcRi^isiriiÀ, qui , en tuant Sertorius , s'était persuadé qu'il pourrait aisément se mettre à sa place. Ce méchant homme fit entrer quelques misérables comme lui dans un complot contre la Tie de son général , et un jour qu'ayant attiré Sertorius dans un festin les conjurés avaient eu âoin d'éloigner ses plus fidèles amis , à un signal con<> venu que l'un d'eux donna en renx^ersant sur la table une coupe pleine de vin , tous k la fois tirant leurs épées, se jetèrent sur Sertorius, qu'ils percèrent de coups, sans qu'il tentât même de se défendre. Cepen»

dant les meurtriers ne tirèrent aucun profit de leur crime , car à peine les Espagnols eurent-ils appris, la mort de Sertorius, qu'ils se dispersèrent de tous côtés, et Poiâpée les poursuivit avec tant de vigueur, que Perpenna lui-mréme tomba •vivant entre les mains du vainqueur , qui

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