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et le consul Yalérias , voulant honorer son courage, ordonna qu^on érigeât sur le Fo* rum une statue qui le représentait.
Les soldats de Porsenna se retirèrent tout honteux d'avoir été vaincus par un seul homme , et allèrent raconter le trait de courage de ce Romain à leur roi , qui , désespérant de vaincre un tel peuple par la force des armes , prit alors la résolution de le réduire par la famine aux dernières extrémités du désespoir. .
Je vous laisse à penser , mes enfaus , quelle fut la situation de tout le peuple enfermé dans Rome, lorsqu'il commença â manquer des alimens les plus nécessaires à la vie; car les soldats de Porsenna empêchaient les gens de la campagne d'y apporter des provisions^ mais dan« un si ^rand nombre d'hommes, il ne s'en trouva pas un seul qui*n'aimât mieux mourir de faim que de retomber sous la tyrannie de Tarquin-le-Superbe. Alors un généreux Homain , nommé Mucius , témoin des calamités qui pesaient sur ses concitoyens ,
se dévoua seul pour sa patrie, s'imaginant que si Porsenna venait à périr, tous tes maux dont le peuple était accablé seraient terminés. /
Mucius se déguisa donc en soldat étranger^ et étant parvenu sous ce costume jusqu'à la tente du roi , il tua le secrétaire de ce prince, qu'il prit pour Por^senna lui-même. On le saisit aussitôt, et tandis que le roi lui demandait pour quelle raison il avait tué cet homme , il plongea sa main droite dans un. brasier ardent qui était là, et la laissa brûler sans laisser échapper le moindre signe de douleur , pour punir cette main y dit-il , de s'être trompée.
Ce roi fut effrayé d'un si mâle courage, et surtout du danger qu'il avait couru sanà le savoir; mais il défendit qu'on fit aucun mal à Mucius*, et le renvoya libre à Rome, après lui avoir rendu son épée, que celui-ci fut obligé de recevoir de la main gauche, puisque sa main droite était desséchée. Pour rappeler cette cou-
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rageuse action , M ucius reçat le surnom de ScÉvoLA, ce qui voulait dire gaucher , qu'il porta toute sa vie, et dont il se faisait honneur. \
Mucius, avant de retourner à Rome, déclara à Porsenna que trois cents jeunes hommes avaient formé comme lui le dessein de le tuer*, ce qui inspira une telle frayeur à ce prince , qu'il se décida à lever le siège , et à envoyer des ambassadeurs aux R(MnainSy pour leur proposer \^ paix.
Tandis que ces ambassadeurs étaient dans Rome, une jeune fille, nommée Clélib, de Tune des premières familles de cette ville , qui avait été conduite avec d'autres enfans dans le camp de Porsenna, pour servir d'otages, c'est-à-dire pour répondre de la vie des ambassadeurs^ une jeune fille , dis-je , donna aussi la preuve d'un courage extraordinaire.
Ayant aperçu, près du lieu où les otages étaient retenus, un cheval de bataille tout caparaçonné, elle s'élança légèrement sur cet animal, puis s'enfuyant au grand ga*
lop, elle força le cheval à traverser le Tibre à la nage, et revint ainsi dans sa famille aux applaudissemens do tout le peuple. Mais Yalérius Publicola.ne voulant pas que Ton crût qu'il eût accueilli un otage qui avait manqué à sa parole, la fit reconduire à Porsénna , tout en admirant son courage. Heureusement TeToitle Clusium , en voyant Clélie , la félicits^ de sa hardiesse , et la renvoya aussitôt à ses parens, en lui faisant cadeau du beau cheval qu'elle avait emmené. ,
Les consuls , pour honorer la résolution de Clélie , firent élever à cette jeune fille, dans la place publique, une statue équestre , c'est-à-dire où elle était représentée à cheval , comme lorsqu'elle avait traversé le Tibre.
Porsénna , plein d'admiration pour une nation où lesjeunes filles même montraient un si grand caractère , consentit enfin à faire la faix avec les Romains» Avant de s'éloigner. de cette ville, dont le moindre citoyen venait ainsi d'acquérir tant de
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gloire, il fit présent au peuple de Rome de tous les bagages de son armée , qui furent distribués aux plus indigens, et congédia Tarquin ,'qui , tout vieux qu'il était, s'en alla encore chercher d^autres ennemis aux.Romains. '
Sur ces entrefaites mourut Valérius Pu- Uicola, qui, après avoir glorieusement achevé ce que Brutus avait commencé , et sauvé Rome de la fureur de ses ennemis , se trouva si pauvre, si pauvre le jour de sa mort , que Ton fut obligé de le faire enterrer aux frais du public.
Ainsi, mes enfans, les Romains de ce temps^Ià étaient non-seulement des hommes sages et courageux, mais encore les plus honnêtes gens du monde , puisqu'au lieu de penser à s^enrichir , Publicola ne s'était occupé que de faire le bien de la république. ^
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