‹ L'histoire romaine racontee aux enfants (volume 2)Chapitre 33 sur 39 · II G · texte numérisé non relu

II G

l'empire et une nouvelle guerre s’alluma en Orient entre ces deux rivaux.

Je ne pourrais pas vous dire ici', mes enfants , toutes les querelles qui divisèrent ces princes, tantôt unis par un môme intérêt, tantôt ennemis acharnés; vous saurez seulement que Maximin-Daza etLicinius ayant marché l’un contre l’autre avec des armées se rencontrèrent à peu de distance du Bosphore de Thrace, auprès de la ville d’ÂQuiiÉE, où ils se livrèrent une terrible bataille. L’issue de celte journée devint fatale à Maximin, qui, entièrement défciit, n’eut que le temps de se réfugier précipitamment derrière les murs de Nicomédie, où il mourut quelques mois après. Son fils et sa fille, à peine âgés de huit ans, furent mis à mort par l’impitoyable Licinius, qui se flattait d’exterminer en eux ses plus redoutables ennemis.

Pendant ce temps, une nouvelle lutte éclatait en Italie entre Constantin et Maxence, qui resté seul maître de Rome avait mérité le titre de tyran, autant par sa cruauté que par le mépris qu’il affectait pour le sénat.

Après plusieurs combats, dans lesquels Constantin obtint l’avantage, le tyran Maxence qui jusqu’alors s’était tenu renfermé dans les murs de la capitale, résolut de marcher à la rencontre de son ennemi , à la tête des débris des gardes prétoriennes autrefois réduites par Dioclétien, et de quelques troupes italiennes rcu-

nies à la hâte. Les années se rencontrèrent sur les bords du Tibre, presque aux portes de Rome, où un combat sanglant ne tarda pas à s’engager. Les deux adversaires s’illustrèrent dans cette journée par des prodiges de valeur; et la fortune semblait indécise entre eux, lorsque Constantin à la tête de sa cavalerie gauloise, renversant les bataillons serrés des prétoriens, en fit un carnage effroyable, et décida la victoire en sa faveur. Ces vieux soldats, dédaignant de chercher leur salut dans la fuite, périrent tous au poste même qu’ils occupaient pendant la bataille; et en voyant leurs rangs entiers couchés sans vie sur la poussière, on pouvait reconnaître l’ordre dans lequel avaient combattu ces derniers restes des légions romaines.

Quant à Maxence, dans sa retraite précipitée vers Rome, il se trouva sur un fragile pont de bois avec un si grand nombre de fayards, que ce pont en s’écroulant entraîna tous ceux qu’il portait , et qui pour la plupart périrent dans le Tibre. Le tyran lui-même fut au nombre de ces derniers; son corps demeura enfoncé dans la vase, d’où il ne put être arraché vivant, et sa tête , placée au bout d’une lance , apprit bientôt à Constantin la mort de son ennemi; et aux Romains leur délivrance.

On dit que peu de jours avant cette victoire et lorsqu’il se préparait à combattre Maxence, Constantin étant en marche avec son armée,

aperçut au ciel une croix lunüneuse autour de laquelle étaient écrits ces mots en latin : par

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