‹ L'histoire romaine racontee aux enfants (volume 2)Chapitre 34 sur 39 · CE SIGNE TU VAINCRAS · texte numérisé non relu

CE SIGNE TU VAINCRAS

Frappé de ce prodige , et disposé dès son enfance , par sa mère Hélène , à favoriser le christianisme, Constantin fit vœu, s’il obtenait la victoire, d’embrasser cette religion: et dès ce moment il fit peindre le nom de Jesus-Christ sur son étendard impérial, qu’il nomma le ia- BARun. Ce labarum fut depuis cette époque porté devant l’empereur dans les batailles, où il était confié à la garde de cinquante vieux soldats d’une valeur éprouvée.

1 Après sa victoire sur Maxence, Constantin n’oublia pas le vœu qu’il avait fait pour l’obienirr il défendit que. désormais les chrétiens fussent persécutés dans l’empire, et leur permit d’élever leurs églises partout où ils voudraient. Enfin il embrassa publiquement leur culte, et ordonna la destruction d’un grand nombre de temples païens.

Celle protection accordée par Constantin au christianisme , est ordinairement appelée ia PAIX DE l’Eglise ; et c’est de cette époque qu’il faut dater cette étonnante révolution qui , en quelques années, rendit cette religion presque universelle.

L’entrée de Constantin dans Rome, après sa victoire sur Maxence, fut consacrée par un arc de triomphe encore subsistant aujourd’hui dans cette ville; lui-même se fit élever à celte oc-

casion une slalue en bronze, où il était représenté dans le costume impérial et tenant en main la croix qu’il avait arborée sur les enseignes de son armée; cette statue n’existe plus.

Après ces événements, mes petits amis, l’empire romain n’eut plus que deux maîtres: Constantin et Licinius , qui vécurent d’abord en bonne intélligenge; mais ensuite s’étant brouillés, il se firent la guerre, et Licinius, vaincu, fut exilé à Thessalonique, sur les bords' de l’Adriatique, où bientôt après son rival le fit étrangler. Sa mémoire fut vouée à l’infamie comme celle des plus méchants empereurs, et ses statues furent renversées avec ignominie. Par là Constantin se trouva seul possesseur de l’empire que l’habile Dioclétien avait partagé avec Maximien-Hercule trente-sept ans auparavant.

Les auteurs chrétiens, favorisés par Constantin, ont décoré ce prince de toutes les vertus imaginables : mais je dois vous dire que dans sa vieillesse il se montra soupçonneux et cruel.

Constantin avait été marié deux fois ; et d’un premier mariage il lui était né un fils appelé Crispüs, jeune homme instruit et aimable, dont le précepteur fut Lactakce , l’un des plus savants et des plus vertueux chrétiens de cette époque. La douceur et l’affabilité de ce prince l’avaient rendu si cher au peuple de l’empire, que lorsqu’il parcourait les provinces, sa présence excitait les acclamations de la foule qui

sc pressait sur son passage. Constantin, au lieu de se féliciter des vertus de son fils, comme le fait toujours un bon père, eut la bassesse de concevoir une affreuse jalousie contre cet infortuné, et l’on assure que, trompé par les artifices de l’impératrice Fausta, belle-mère de ce jeune homme, qui l’accusa de vouloir s’emparer du trône , il eut la cruauté de le faire mettre à mort. Cet ordre barbare fut promptement exécuté ; mais peu de temps après Constantin ayant découvert la perfidie de sa femme , s’abandonna à un ressentiment terrible contre celte princesse, et la fit plonger dans un bain brûlant, où elle fut étouffée pai* la vapeur de l’eau bouillante.

Depuis longtemps le séjour de Rome, théâtre des désastres de la famille de Constantin, lui était devenu insupportable ; cette capitale était, d’ailleurs, trop remplie, à ses yeux, de monuments du paganisme, que le peuple n’aurait point vu détruire sans mécontentement; et il résolut de changer le siège de son gouvernement et de le transporter à Bysance, cette ville d’Orient qui, placée en quelque sorte entre l’Europe et l’Asie , avait été autrefois détruite par Septime Sévère. Il rebâtit avec magnificence cette cité, située sous le plus beau climat du monde et sur les bords de la Propontide, et lui donna le nom de Constantixo- PLE, c’est-à-dire ville de Constantin, qu’elle a toujours conservé depuis.

Constantin, auquel on a donné le surnom de Grand, mourut dans sa nouvelle capitale à l’age de soixante-quatre ans: avant d’expirer il ^voulut recevoir le baptême suivant l’usage des nouveaux chrétiens de ce temps, qui réservaient cette cérémonie pour leurs derniers instants, afin d’être lavés de leurs péchés par ce sacrement.

Après sa mort, ses trois fils Constant, Constance et CoNSTATiN-iE-jEUNE qui étaient nés de la perfide Fausla, se partagèrent l’empire: leur premier soin fut de faire égorger par la populace de Constantinople tous les princes de leur famille qui pouvaient exciter leur défiance. Puis, s’acharnant l’un contre l’autre, ils achevèrent bientôt par leurs dissensions, la ruine de leur maison. Constance seul survécut à ses frères.

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