‹ L'histoire romaine racontee aux enfantsChapitre 4 sur 33 · TROISIÈME ROI DE ROME · texte numérisé non relu

TROISIÈME ROI DE ROME

Depuis l’an 670 jusqu’à l’an 637 avant J.-C.

Comme Numa Pompilius, en mourant, n’avait laissé qu’une fille nommée Pompilu, lorsqu’il s’agit de désigner un successeur à ce prince, le choix du sé^nat s’arrêta sur un patricien, ap- ! pelé Tullus Hostiliüs, dont le caractère entreprenant et guerrier, convenait sans doute mieux ' aux Romains de cette époque qu’un monarque i doux et pacifique : aussi ne tarda-t-il pas à chercher querelle à ses voisins les Albains, ' quoique ce fût précisément le peuple que Nu- ; milor, aïeul de Romulus, avait gouverné. I

Il y eut d’abord beaucoup de sang répandu des deux côtés; mais on convint bientôt de part et d’autre que, pour éviter de plus grands malheurs, on désignerait trois Romains qui combattraient trois Albains jusqu’à ce que la victoire demeurât à l’un des deux partis.

A cette époque vivait à Rome un vieillard nommé IIorace , qui avait pour fils trois jeunes gens forts et courageux ; et dans la ville d’Albe, un autre vieillard, appelé Curuce était j aussi le père de trois soldats intrépides et robustes. L’ainé des Curiaces, avant que la guerre i éclatât entre les deux villes, était destiné è de-

Tenir le mari de la soeur des Horaces, qui avait nom Camille ; mais malgré cela, il fut décidé que ces six jeunes hommes combattraient les uns contre les autres jusqu’à la mort. La pauvre Camille tomba dans le désespoir, lorsqu’elle apprit qu’il fallait que ses frères tuassent son mari, ou que son mari tuât ses frères.

Cependant le combat eut lieu en présence des deux peuples ; l’aîné des Horaces fut le seul qui en revint.; ses deux frères et les trois Curiaccs périrent en combattant, et la victoire éçhut en partage aux Romains.

Mais comme la bravoure ne donne pas toutes les autres vertus, cet Horace, quoique vaillant, était féroce et orgueilleux ; et il entra dans une si grande fureur en voyant sa soeur Camille pleurer amèrement la perte de celui qu’elle devait épouser, qu’il la frappa de la même épée dont il était encore armé, et la laissa morte sur la place.

Le meurtre de cette infortunée fut regardé avec raison comme un crime effroyable; et Horace, tout vainqueur qu’il était, allait être mis à mort par ordre des juges, lorsque son vieux père vint supplier le peuple romain de lui faire grâce, en montrant ses cheveux blancs, et représentant qu’ils ne restait plus pour soutien à ses derniers jours que le fils qui venait de sauver Rome.

. . C’est ici le fieu de vous dire, mes petits a-^

mis, quô les Romains, tout grossiers qu ils étaient à celte époque professaient un grand respect pour la vieillesse, et ils prièrent instamment le roi Tullus Hoslilius de faire grâce au meurtrier, en faveur de son père: car pour lui il ne méritait point de pardon, puisqu'il avait commis un crime affreux en tuant sa propre soeur, dont la seule faute était de n’avoir pu retenir ses larmes à la première vue du meurtrier de son époux : le roi consentit, non sans peine , à accorder celle grâce ; mais comme , après un pareil événement, la présence d'IIorace à Rome eût été un sujet d’horreur pour toutes les familles, Tullus le chargea d’aller achever la victoire qu'il avait remportée sur les Albains, en détruisant complètement leur ville.

Horace, suivi d’une troupe de soldats romains, se rendit en effet à Albe , et là, ayant averti les habitants qu’il eussent à sortir de leurs maisons avec tout ce qu'il possédaient, les Romains se mirent à démolir cette malheureuse ville, dont il ne resta bientôt plus aucune trace.

Les Albains désolés furent tous conduits à Rome ; où il leur fut pennis de se construire des maisons sur une petite montagne nommée le Mo?ît CoELius, voisin du Palatin; quelques années plus lard celte montagne se trouva aussi renfermée dans l’enceinte de la ville, et la nation entière des Albains devint Romaine.

Tullus Hoslilius, par de tels moyens, accrut considérablement la ville de Rome, dont la po-

pulalion était déjà fort nombreuse: mais comme son amour pour la guerre l’avaU porté à commettre beaucoup dïnjustices , il en fut puni d’une manière terrible, car la peste, qui est une maladie presque toujours mortelle, s’étant déclarée dans sa capitale , fit périr un grand nombre de Romains, cl le roi lui-méme y suc^ comba.

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