‹ L'histoire sainte enseignée [microforme] (volume 2)Chapitre 61 sur 86 · FF 125 TON · texte numérisé non relu

FF 125 TON

L'existence du sacrifice au temps de Caïn et d’Abel, à l'origine même de l'humanité, est un fait des plus mystérieux et des plus étranges de prime abord.

Le théologien Aubry (Etudes, p. 229), ayant à parler du sacrifice, à l’occasion d’une étude sur Caïn et Abel, s’écrie : “Cette question est radicale et immense. Je m'y perds ; je suis débordé par les considérations de premier ordre qui se

présentent’.

En effet:

Que signifient ces oblations étranges ?

Que signifie ce sang qui coule?

Et, pourtant, chez les héritiers de la promesse, le sang coulera jusqu'à la destruction du temple de Jérusalem, par Titus.

Le sang des victimes a coulé cur toute la terre. N'est-ce pas Voltaire qui a dit (Essai sur les mœurs, ch. CXX) : ‘‘De tant de religions différentes, il n’en est aucune qui n'ait eu pour but principal les expiations”’.

Puisque le sacrifice est partout dans l'humanité, c’est un signe qu'il est aussi ancien que l’humanité. Il est donc bien naturel que Moïse en parle dès la première page de l’histoire.

e sacrifice.

Mais encore une fois: ‘‘Que signifient ces sacrifices? Quelle en est la raison’ ?

Sacrifier, c'est avant tout satisfaire. ,

Le sacrifice suppose une tache à effacer, une faute à expier, une justice à . atisfaire.

Pour nous, chrétiens, le voile du mystère est levé.

L'humanité a conscience d'une faute, c'est ce que Voltaire ajoutait : ‘L'homme a toujours senti qu'il avait besoin de clémence”.

Nous savons, nous, de quelle faute il est question : les détails de la chute du premier homme sont tous présents à notre esprit.

Notre étonnement donc a bientôt cessé et nous comprenons la clémence dont l'homme sent le besoin.

Mais, comment le sacrifice d'une bête peut-il devenir agréable à Dieu. Dieu peut-il se repaître du sang des victimes ?

Non.

Le sacrifice d'un agneau ou d'un bœuf n’a pas de valeur propre, nous le savons.

D'où lui vient cependant une certaine valeur puisque les sacrifices d’Abel, de Noé, d'Abraham et de tant d’autres ont été agréables au Seigneur ?

Disons tout de suite que le sacrifice, c’est le lien qui unit la prévarication et la Rédemption.

Dieu, nous l'avons vu (leçon 16e), promet à l’homme, après sa chute, un Rédempteur.

Notre-Seigneur Jésus-Christ devait être ce Rédempteur.

Or, Jésus-Christ devait satisfaire à la justice de Dieu et nous mériter la grâce en versant son sang sur la croix.

Nos premiers parents savaient donc qu'ils auraient un Rédempteur, mais il ne savaient pas que la Rédemption se ferait avec effusion de sang.

Le sacrifice donc, le sacrifice sanglant, en particulier, a Dieu pour auteur,

Oui, Dieu a voulu figurer à l'avance le sacrifice de la croix. Jésus-Christ devant mourir pour tous les hommes, il! convenait qu'il y eût ure application anticipée des fruits de la passion.

Le sacrifice d'une bête, donc, sans valeur par lui-même, acquérait une valeur, aux yeux de Dieu, parce qu'il représentait le sacrifice de la croix, parce qu'il disait à sa manière quel serait le genre de sacrifice du Rédempteur..….

On dira : ‘‘Abel et les autres, ignorant la part du sang dans la Rédemption, ne pouvaient avoir l'intention de la figurer dans leurs sacrifices’”.

Je réponds: Abel, instruit par Adam, croyait, n'est-ce pas, à la promesse d’un Rédempteur. Ce Rédempteur, sans doute ne se présentait pas à lui couvert de sang, cependant,

il se présentait à lui, comme victime, d'une façon quelconque: ce qui renfermait n'importe quelle façon ou quelle manière de sacrifice.

La foi au Rédempteur à venir suffisait donc à Abel et aux autres.

Or, saint Paul dit précisément aux Hébreux, dans une épitre (XI, 4) : ‘C'est par la Foi qu’Abel offrit une meilleure hostie que Caïn”.

En résumé donc: Les sacrifices accompagnés de la Foi étaient agréables à Dieu, parce qu'ils étaient des figures du sacrifice à venir du Messie.

Voilà Pourquoi, advenant le sacrifice de la croix, les sacrifices n'avaient plus de raison d'être ; aussi cessent-ils, même chez les Juifs, avec la destruction de Jérusalem et du temple, après la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sur la terre.

Un prophète, même, Daniel (IX, V, 26), avait prédit

qu'il en serait ainsi : ‘‘Le Christ, dit-il, sera mis à mort... et les hosties et sacrifices seront abolis’’.

Vous direz encore : Mais le sacrifice de la messe n'est-il pas une figure du sacrifice de la croix ?

La messe n'est pas une figure : c'est une réalité vivante et substantielle.

Notre-Seigneur ayant épuisé d'un coup toute expiation, toute satisfaction à la justice de son Père, il ne peut plus y avoir de figure après la réalité.

Plus est, après le sacrifice parfait de la croix, il ne peut plus y avoir aucun sacrifice, parce que tout autre sacrifice ne peut rien ajouter à la perfection du sacrifice de la croix.

Le sacrifice de la messe est donc, la continuation du sacrifice de la croix, ou encore c’est le même sacrifice que le sacrifice de la croix, selon l'expression du catéchisme.

C'est pourquoi l’'Eucharistie qui est tout à la fois un mystère, un sacrement et un sacrifice est appelé un mémorial de la passion, selon ce que chante le prêtre, dans la dernière oraison de la bénédiction du Saint-Sacrement : “Deus qui nobis sub sacramento mirabili passionis tuæ memoriam reliquisti, tribue quæsumus, ita nos...

‘‘Seigneur qui, dans ce sacrement admirable, nous avez donné un mémorial de votre passion : faites que nous ayons pour votre corps et votre sang une vénération telle que nous puissions jouir du fruit de votre passion. ””2. erriplion:

Gravure

Abel ne résiste pas; sa figure est pleine de supplications, Caïn reste froid et sans pitié.

QUESTIONS

16e Leçon: le Rédempteur — le nouvel arbre de vie — la nouvelle Eve — le sacrifice

COURS INTERMEDIAIRE

Qu'appelle-t-on Proto-Evangelium ?

Quel est le rôle attribué à la femme dans la promesse d’un Rédempteur ?

Que signifient ces paroles de Dieu au serpent : ‘Tu lui tendras des embüûches au talon” ?

La promesse d'un Rédempteur ne fut-elle faite qu'à nos premiers parents ?

Par qui le Messie fut-il figuré ? annoncé ? quel fut le peuple gardien de la promesse d’un Rédempteur ?

Le messie ne fut-il pas le désiré des nations ?

Quel est le fait extraordinaire qui, dès les temps primitifs, entretient l’homme dans la foi au Rédempteur à venir? (Le sacrifice.)

17e LEÇON

LES DIX PATRIARCHES ANTEDILUVIENS — EN- FANTS DE DIEU — DIX GRANDS PERSON- NAGES DANS L’HISTOIRE — HE-

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