‹ L'histoire sainte enseignée [microforme]Chapitre 30 sur 43 · PE A À · texte numérisé non relu

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des prêtres (de Haal) sur leurs autels.'’ 11 fit de même en Israël (IT, livre des Par., XXXV, 4-7). En ce temps-là s'accomplit la prophétie de l'homme se Dieu (leçon 52°) sur l'autel de Béthel: ‘‘Autel, autel, ainsi parle Jéhovah : Il naîtra un fils à la maison de David ; son nom sera Josias ; il immolera sur toi les prêtres des hauts lieux qui brûlent sur toi les victimes, et l'on brûlera sur toi des ossements d'hommes!’ (III° livre des Rois).

Le temple de Jéhovah avait besoin de réparations.

Sur l'ordre de Josias, on commençn à réparer le temple de Jéhovah, 18° année du règne de Josias, C'est alors que le grand-prêtre Helcias retrouve un antique exemplaire cu Livre de la Loi de Moïse (Le Pentateuque).

La lecture de ce livre épouvanta Josias. Il constatait que la colère de Dieu devait être proche, parce que la loi de Moïse était loin d'être observée.

La prophétesse Holda ide Jérusalem) consultée, dit aux serviteurs de Josias: Ainsi parle Jéhovah: ‘‘Voici que je vais faire venir toutes les malédictions écrites dans ce livre.” Elle ajouta cependant que ces malheurs n'arriveraient pas du vivant de Josias, parce qu'il s'était humilié.

Josias voulut que les paroles du livre de l'alliance fussent lues devant la multitude assemblée, et il fit renouveler l'alliance de Juda avec Jéhovah. Sa sollicitude s'étendit alors aussi à ceux d'Israël.

La Pâque suivante fut célébrée avec une pompe extraordinaire, plus grande que tout ce que l'on avait vu depuis les jours de Samuel.

Les prophètes Jérémie, Sophonie . Habacuc furent sans doute, d’un grand secours à Josias. dans l'exécution de ses réformes.

Jérémie prophétisa, dès la 13° année du règne de Josias.

Josias jouissait du fruit de ses œuvres, lorsque Néchao IT,

syrie s'avança vers l'Assyrie, par la route de la Méditerra-

née,

d'Égypte, profitant de l'affaiblissement du vmpire d'Asê

Josias, tributaire du roi d'Assyrie, qui se rappelait sans doute les prophéties d'Isaie contré l'Egypte, s'opposa au passage de Néchao. Son armée fut mise en déroute, et lui- .# même perdit la vie,

Tout Jude et Jérusalem le pleurèrent,

Jérémie composa, sur lui, un chant funèbre,

Josias laissa trois enfants qui régnèrent après lui, mais sans lui faire honneur. Ces rois des derniers temps de Juda furent Joachaz, Joachim, Sédécias.

Questions sur l'intermédiaire de la leçon 50° (Les rois du royaume de Juda — Judith) : :

Quelles ont été les causes de la décadence religieuse des ! Hébreux de Judée ? “ Donihez la suite des 19 rois de Juda. ; Qu'arrive-t-il à Holopherne, général assyrien, durant la -

captivité de Manassé ?

Citez les paroles de Judith, au peuple, lorsqu'elle tire d’un sac, la tête d'Holopherne.

Que firent les habitants de Fithulie après l'exploit de Judith?

Que firent le grand prêtre Joachim et les anciens de Jérusalem pour rendre honneur à Judith ?

AU MAITRE ET A LA MAITRESSE

Le livre de l'élève donne, sur Judith, les détails qui conviennent aux études primaires, voilà Pourquoi nous n'en disons rien dans ln partie du maître. Notez cependant ceci. Holopherne est le général d'Assurbanipal, Ce roi d'Assyrie reçoit dans la Bible le nom de Nabuchodonosor, 11] ÿY a par conséquent deux Nabuchodonosor, celui d'Assyrie (2% empire) et Nabuchodonosor le. Grand, du 2% empire de Babylone,

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La page suivante est extraite du fameux ‘Discours sur l'histoire universelle’ de Bossuet. Sa lecture vous fera connaître la façon d'écrire de ce grand écrivain. Les protestants comme les catholiques furent unanimes à faire l'éloge de cet ouvrage lorsqu'il parut en 1681. Vous lui donnerez une place dans votre bibliothèque, bien que les modernes ne suivent pas tous sa chronologie.

Une page de Bossuet (lecture pour le maître).

L'orgueil brutal de Roboam lui fit perdre dix tribus, que Jéroboim sépara de leur Dieu et de leur roi (975-962). De peur qu'ils ne retournassent au roi de Juda, il défendit d'aller sacrifier au temple de Jérusalem, et il érigea ses veaux d'or, auxquels il donna le nom du Dieu d'Israël, afin que le changement parût moins étrange. La même raison lui fit retenir la loi de Moïse, qu'il interprétait à sa mode; mais il en faisait observer presque toute la police, tant civile que religieuse ; de sorte que le Pentateuque demeura toujours en vé .ération dans les tributs séparées.

Ainsi fut élevé le royaume d'Israël contre le royaume de Juda. Dans celui d'Israël, triomphèrent l'impiété et.l'idolàtrie (971 - 958).

La religion, souvent obseurcie dans celui de Juda, ne laissa pas de s’y conserver.

En ces temps, les rois d'Egypte étaient puissants. Les quatre royaumes avaient été, réunis sous celui de Thèbes. On croit que Sésostris, ce fameux conquérant des Egyptiens, est le Sésac, roi d'Egypte, dont Dieu se servit pour châtier l’impiété de Roboam (971-958). Dans le règne d’Abiam, fils de Roboam, on voit la fameuse victoire que la piété de ce prince lui obtint sur les tribus schismatiques. Son fils Asa (987 - 944), dont la piété est louée dans l’Ecriture, y est marqué comme un homme qui songeait plus, dans ses maladies, au secours de la médecine qu'à la bonté de Dieu. De son temps, Amri, roi d'Israël, bâtit Samarie (924 - 914), où il établit le siège de son royaume,

Ce temps est suivi du règne admirable de Josaphat (914 - 904), où fleurissent la piété, la justice, la navigation et l'art militaire. Pendant qu'il faisait voir au royaume de Juda un

autre David, Achab et sa femme Jézabel, qui régnaient en Israël, joignaient à l'idolâtrie de Jéroboam toutes les impiétés des Gentils (899-890). Ils périrent tous deux misérablement, Dieu, qui avait supporté leurs idolâtries, résolut de venger sur eux le sang de Naboth qu'ils avaient fait mourir, parce qu'il avait refusé, comme l'ordonnait la loi de Moïse, de leur vendre à perpétuité l'héritage de ses pères. Leur sentence leur fut prononcée par la bouche du prophète Elie. Achab fut tué quelque temps après (897 - 888) malgré les précautions qu’il prenait pour se sauver.

Il faut placer vers ce temps (892-860) la fondation de Carthage, que Didon, venue de Tyr, bâtit en un lieu où, à l'exemple de Tyr, elle pouvait trafiquer avec avantage, et aspirer à l'empire de la mer.

Les affaires changèrent de face dans le royaume de Juda. Athalie, fille d’Achab et de Jézabel, porta, avec elle, l'impiété dans la maison de Josaphat (888 - 880). Joram, fils d’un prince ei pieux, aima mieux imiter son beau-père que son père. La main de Dieu fut sur lui. Son règne fut court, et sa fin fut affreuse (885 - 876).

Au milieu de ces châtiments, Dieu faisait des prodiges inouis, même en faveur des Israélites, qu'il voulait rappeler à la pénitence. Ils virent, sans se convertir, les merveilles d'Elie et d'Elisée, qui prophétisèrent durant les règnes d’Achab et de cinq de ses successeurs.

En ce temps, Homère fleurit, et Hésiode fleurissait trente ans avant lui. Les mœurs antiques qu'ils nous représentent, et les vestiges qu'ils gardent encore, avec beaucoup de grandeur, de l’ancienne simplicité, ne servent pas peu à nous faire entendre les antiquités beaucoup plus reculées, et Ja divine simplicité de l’Ecriture.

Il y eut des spectacles etfroyables dans les royaumes de Juda et d'Israël. Jézabel fut précipitée du haut d’une tour, par ordre de Jéhu (884 - 876). Il ne lui servit de rien de s'être parée : Jéhu la fit fouler aux pieds des chevaux. Il fit tuer Joram, roi d'Israël, fils d’Achab; toute la maison d’Achab fut exterminée, et peu s’en fallut qu'elle n’entraînât celle des rois de Juda dans sa ruine. Le roi Ochozias, fils de Joram, roi de Juda, et d’Athalie, fut tué dans Samarie avec ses frères, comme allié et ami des enfants d'Achab. Aussitôt que cette

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nouvelle fut portée à Jérusalem, Athalie résolut de faire mourir tout ce qui restait de la famille royale, sans épargner ses enfants, et de régner par la perte de tous les siens. Le seul Joas, fils d’Ochozias, enfant encore au berceau, fut dérobé à la fureur de son aïeule. Josabeth, sœur d'Ochozias, et femme de Joïada, souverain pontife, le cacha dans la maison de Dieu, et sauva ce précieux reste de la maison de David, Athalie, qui le erut tué avec tous les autres, vivait sans crainte.

Lycurgue donnait des lois à Lacédémone. Il est repris de les avoir faites toutes pour la guerre, à l'exemple de Minos, dont il avait suivi les institutions, et d’avoir peu pourvu à la modestie des femmes; pendant que, pour faire des soldats, il obligeait les hommes à une vie si laborieuse et si tempérante.

Rien ne remuait en Judée contre Athalie; elle se croyait uffermie par un règne de six ans. Mais Dieu lui nourrissait un vengeur, dans l'asile sacré de son temple. Quand il eut atteint l’âge de sept ans (878 - 870), Joïada le fit connaître à quelques-uns des principaux chefs de l’armée royale, qu'il avait soigneusement ménagés; et assisté des lévites, il sacra le jeune roi dans le temple. Tout le peuple reconnut sans peine l'héritier de David et de Josaphat. Athalie, accourue au bruit pour dissiper la conjuration, fut arrachée de l’enclos du temple, et reçut le traitement que ses crimes méritaient. Tant que Joïada vécut, Joas fit garder la loi de Moïse. Après la mort de ce saint pontife, corrompu par les flatteries de ses courtisans, il s’abandonna avec eux à l’idolâtrie. Le pontife Zacherie, fils de Joïada, voulut le reprendre; et Joas, sans ee souvenir de ce qu'il devait à son père, le fit lapider (840 - 832). La vengeance suivit de près. L'année suivante, Joas, battu par les Syriens, et tombé dans le mépris, fut assassiné par iles siens; et Amasias, son fils, meilleur que lui, fut mis sur le trône (839 -831).

Le royaume d'Israël, abattu par les victoires des rois de Syrie, et par les guerres civiles, reprenait ses forces sous Jéroboam II (825 -817), plus pieux que ses prédécesseurs.

Ozias, autrement nommé Azarias, fils d’Amasias, ne gouvernait pas avec moins de gloire le royaume de Juda (810- 808). C'est ce fameux Ozias, frappé de la lèpre, et tant de fois repris dans l'Ecriture, pour avoir, en ses derniers jours, osé entreprendre sur l'office sacerdotal, et contre la défense

de la loi, avoir lui-même offert de l’encens sur l'autel des parfums. 1] fallut le séquestrer, tout roi qu'il était, selon ln loi de Moïse ; et Joatham, son fils, qui fut depuis son successeur, gouverna sagement le royaume,

Sous le règne d'Ozias, les saints prophètes, dont les princi-

Paux, en ce temps, furent Osée et Isaie, publièrent leurs pro- « * phéties, par écrit. L

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Les prophètes du royaume de Juda :

Isaïe; Jérémie, Abdias ; Michée ; Joël.

Cours élémentaire et intermédiaire.

Isaïe : sa vocation.

Isaïe veut dire secours de Dieu. + Le prophète raconte lui-même l’histoire de sa vocation : "i + ‘L'année de la mort du roi Osias ( Azarias), je vis le Sei- : 31 8&neur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe : remplissaient le temple. Des séraphins se tenaient au-des- : sus de lui ; ils avaient chacun six ailes : de deux, ils se couvraient la face, de deux ils se couvraient les pieds, et de deux ils volaient. Et ils criaient l’un à l’aut:e, et disaient : 18 ‘Saint, saint, saint est J éhovah des armées ! Toute la terre : ‘à est pleine de sa gloire.” Les fondements des portes étaient : 4 ébranlés par la voix de celui qui criait, et la maison se rem- è plit de fumée. Alors je dis: ‘‘Malheur à moi! je suis perdu ! car je suis un homme aux lèvres souillées, et j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres souillées, et mes yeux ont vü le Roi, Jéhovah des armées! Mais l'un des Séraphins vola vers moi, tenant à la main un charbon ardent, qu'il

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‘ avait pris sur l'autel avec des pincettes. Il en toucha ma

bouche, et dit: ‘‘Ceci a touché tes lèvres ; ton iniquité est enlevée et ton péché expié.””

Et j'entendis la voix du Seigneur disant : ‘‘Qui enverraije et qui ira pour nous?" Et je dis: ‘Me voici, envoyezmoi.” Ildit: ‘‘Va, et dis à ce peuple: ‘‘Entendez, et vous ne comprendrez point : voyez, et vous n'aurez point l'intelligence. “nnesantis le cœur de ce peuple, et rends ses oreilles dures, »t souche-lui les yeux, en sorte qu'il ne voie point de ses yeux, et n'entende point de ses oreilles, et qu'il ne se convertisse point, et ne soit point guéri.” Et je dis: ‘Jusques à quand, Seigneur?"’ Il répondit: ‘Jusqu'à ce que les villes soient dévastées et sans habitants, qu'il n'y ait plus personne dans les maisons, et que la terre soit ravagée et déserte ; jusqu'à ce que Jéhovah ait éloigné les hommes, et que la solitude soit grande dans le pays. Et s’il y reste encore un dixième de ses habitants, ils seront anéantis à leur tour. Mais comme le térébinthe et le chêne conservent leur souche quand ils sont abatt-- la souche d'Israël sera une semence sainte.”

Dieu ne veut pas la mort ni l’endurcissement du pécheur. mais le pécheur, en n’écoutant pas le prophète, deviendra volontairement plus coupable, plus endurci.

Le Christ d'Isaïe.

Achaz, le méchant roi de Juda, pressé par Rasin, roi de Syrie, et par Phacée, roi d'Israël, tremblait et tout Juda avec lui, lorsque Isaïe, se présentant, sur l’ordre de Jéhovah, lui dit (chap. VIT).

‘“Tiens-toi tranquille. Ces deux bouts de tisons fumants se sont concertés pour ta perte. Ce dessein n'aura pas d'effet.”” |

De fait, l'arrivée de Théglath-Phalasar força Rasin et Phacée, à lever le siège de Jérusalem.

Et cependant, Isaïe continue: ‘Encore soixante-cinq ans et Ephraïm (mis pour le royaume d'Israël) aura cessé d'être un peuple.'’

Isaïie dit encore à Achaz :

“Demande un signe à Jéhovah ton Dieu : demande-le du fond du séjour des morts ou des hauteurs du ciel."

Achaz répondit: ‘‘Je ne demanderai rien. Je ne veux pas tenter Jéhovah." C'était une parole hypocrite de la part d'Achaz, qui n'avait aucune confiance en Jéhovah.

Isaïe poursuit :

‘Ecoute, maison de David : Est-ce trop peu pour vous de lasser la patience des hommes, que vous lassiez aussi celle de mon Dieu. C'est pourquoi Jéhovah, lui-même, vous donnera un signe: Voici que la Vierge a conçu, et elle enfante un fils, et elle lui donne le nom d'Emmanuel'’ (Dieu avec nous).

C'est ainsi que, 700 ans et plus, avant la naissance de Notre-Seigneur, nous nous trouvons en présence de la Vierge Marie, mère de Jésus, de Jésus, fils de Dieu fait homme, de Jésus, Dieu du ciel avec nous! Emmanuel !

Le prophète ajoute, chapitre IX :

‘Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’empire a été posé sur ses épaules, et'on le nomme le conseiller admirable, Dieu fort, Père éternel (père de son peuple), Prince de paix : pour étendie l'empire et donner une paix sans fin au trône de David.”

Le chapitre XI, des prophéties d'Isaie, nous amène en core au Messie :

‘Un rameau sortira du tronc de Jessé (père de Davi'}, et de ses racines croîtra un rejeton. Sur lui reposera l'Es-

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prit de Jéhovah, esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de Jéhovah. Il mettra ses délices dans la crainte de J{hovah ; il ne jugera point sur ce qui paraîtra à ses yeux... il jugera les petits avec justice et fera droit aux humbles de la terre.’

Tsaïe présente ensuite le Messie comme un étendard sous lequel les nations se rangeront :

“Et il arrivera en ce jour-là : la racine de Jessé, élevée comme un étendard pour les peuples, sera recherchée par les nations, et son séjour sera glorieux.’

L'année de la mort d’Achaz, Isaïe prophétise contre les Philistins. Ils avaient enlevé plusieurs villes à Achaz. La victoire d'Ezéchias sur les Philistins vint confirmer cette prophétie.

Ceux de Juda étaient portés à s’allier avec l'Egypte contre l’Assyrie. Isaïe, pour les détacher de cette alliance, prophétise contre l'Egypte: ‘‘Le roi d’Assyrie emmènera les captifs de l'Egypte... à la Lonte de l'Egypte.”

Isaïe voit à l'avance la destruction d'Israël, la destruction de Juda ; la captivité de Babylone, puis la restauration juive. Mais cette restauration avec le bonheur qu’elle apporte n'est qu’une figure des grands biens qu’apportera la venue du Messie, par la restauration chrétienne.

Ainsi le chapitre XXXV d’Isaïe nous donne certains signes qui ont trait au Messie, et que Notre-Seigneur Jésus-Christ invoquera plus tard dans sa réponse aux messagers de saint Jean-Baptiste : 5

‘Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, alors s’ouvriront

les oreilles des sourds. Le boîteux bondira comme un cerf,

et la langue du muet éclatera de joie.”

Isaïe, dans la 2° partie de ses prophéties, décrit à l'avance le caractère du Christ, ce vrai serviteur de Dieu.

‘Voici mon serviteur que je soutiendrai, mon élu en qui mon âme se complaît ; j'ai mis mon Esprit sur lui: il répandra la justice parmi les nations. Il ne criera point, il n'élèvera pas la voix, il ne la fera pas entendre dans les rues. Il ne brisera pas le roseau froissé, et n’éteindra pas la mèche prête à mourir ; il annoncera la justice en vérité.’ (chapitre XLI1).

C'est par la souffrance et par l'humiliation que le Messie accomplira sa mission, LII, 1-10.

‘Mon Serviteur prospérera ; il grandira, il sera exalté, souverainement élevé. De même que beaucoup ont été dans la stupeur en le voyant, tant il était défiguré, son aspect n'étant plus celui d'un homme, ni son v'sage, celui des enfants des hommes : ainsi il fera tressaillir des nations nombreuses ; devant lui, les rois fermeront la bouche, car ils verront ce qui ne leur avait pas été raconté, et ils apprendront ce qu'ils n'avaient pas entendu.”

“Qui a cru à ce qui nous était annoncé, et à qui le bra: de Jéhovah a-t-il été révélé? T1 s'est élevé devant lui comme un frêle arbrisseau, comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée ; il n'avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour exciter notre amour. Il était méprisé et abandonné des hommes, homme de douleurs, et connaissant la souffrance, comme un objet devant lequel on se couvre le visage ; il était en butte au mépris, et nous n’avons fait de lui aucun cas. Véritablement, c’étaient nos malades qu’il portait, et nos douleurs dont il s’était chargé : et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, brisé à cause de nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous avons été guéris. Nous étions tous errants comme des brebis ; chacun de nous suivait sa propre voie, et Jého-

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vab a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous. On le maltraite, et lui se soumet à la souffrance, et n'ouvre pas la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie, et à la brebis muette devant ceux qui la tondent ; il n'ouvre point la bouche. Il a été enlevé par l'oppression et le jugement, et parmi ses contemporains qui a pensé qu'il était retranché de la terre des vivants, et que la plaie le frappait à c&use des péchés de mon peuple? On lui a donné son sépulcre avec les méchants, et dans sa mort, il est avec le riche, parce qu'il n'avait pas commis d'injustice et qu'il n'y avait pas de fraude dans sa bouche.’

Le Christ récompensé, LIT, 11

“TT a plu à Jéhovah de briser son Serviteur par la souffrance ; mais quand son âme ar-a offert le sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il vivra de longs jours, et le dessein de Jéhovah prospéra dans ses mains. À cause des souffrances de spn âme, il verra et se rassasiera; par sa connaissance le juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d'hommes, et lui-même se chargera de leurs iniquités. C'est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands ; il partagera le butin avec les forts, parce qu'il a livré son âme à la mort, et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, et luimême a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs.

Le Christ d’Isaïe est aussi notre Christ, c’est bien le File de Dieu tel qu’il s’est fait, tel qu’il s’est limé :c'est bien le Christ tel qu'il est dans l'Evangile : le serviteur fidèle ; obéissant jusqu’à la mort ; le conseiller incomparable ; le maître de la nature ; notre chargé d'’iniquités : le payeur universel, pour la rançon du péché.

Prédiction sur l'Eglise, LIV : 1, 2.

L'Eglise ne comprend pas seulement l’église juive, celle qui avait un époux, elle comprend les Gentils (stériles) :

‘‘Pousse des criis de joie, stérile, qi n'enfantais pas! Eclate de joie et d’allégresse, toi qui n'as pas été en travail ! Car les fils de la délaissée sont plus nombreux que les fils de celle qui avait un époux, dit Jéhovah. Elargis l'espace de la tente; qu’on déploie les tentures de la demeure ; ue ménage pas la place; allonge tes cordages et affermis tes pieux! Car tu te répandras à droite et à gauche, et ta postérité prendra possession des nations et peuplera les villes désertes.’”

Nous sommes suffisamment renseignés sur les prophéties d'Isaïe au temps d'Ezéchias (voir leçon précédente).

Isaïe prophétise à Jérusalem pendant plus de 60 ans. Il eut deux fils. Il mourut dans les premières années du règne de Manassé.

Isaïe est par excellence le prophète incomparable, On trouve en lui, tout à la fois : le lyrisme de David, l'élégie de Jérémie et les superbes descriptions d’Ezéchiel.

L'abbé Trochon, commentateur d’Isaie, rapporte que saint Ambroise conseillait à saint Augustin, converti, de lire Isaïe. (Saint Augustin le rapporte lui-même).

Jérémie.

Jérémie (Jéhovah rejette) exerça le ministère prophétique durant 40 ans, depuis la 13° année de Josias.

Nous avons de lui :

Un livre de prophéties (de la 13° de Josias à la Ld de Sédécias) ;

Des Lamentations sur Jérusalem ;

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Une lettre aux exilés de Babylone (la prophétie de Buruch, chapitre VI°).

Dès le règne de Josins, Jérémie disait au nom de Jého-

vah :

‘Israël infidèle s'est montré juste en comparaison de Juda, la perfide."'

Sous Joachim, il dira : au nom de Jéhovah en parlant du temple et de Jérusalem : |

‘‘Je traiterai cette maison comme Silo, et je ferai de cette

ville un objet de malédiction pour toutes les nations de l, terre.’

Les prêtres et le peuple remplis de colère se saisissent alors de Jérémie, en disant : ‘Tu mourras." Accusé, il fut acquitté.

Au temps de Sédécias, Jérémie prèchait la soumission : ‘Mettez vos cous sous le joug du roi de Babylone ; servez-le, lui et son peuple, et vous vivrez.'’

Jérémie disait ouvertement à tous que l'abandon de Dieu était la cause de tout le mal, qu'il fallait se soumettre au châtiment.

Le prophète accusé de manquer de patriotisme fut maltraité et enfermé dans le vestibule de la prison.

Nabuchodonosor, vainqueur, donna toute liberté à Jérémie. Celui-ci en profita pour consoler les pauvres qui restaient dans le pays.

Mourut-il en Egypte, lapidé par ses concitoyens idolâtres, ou à Babylone, conso/ition des exilés, on l'ignore.

Dans tous les cas, il pleura sur Jérusalem et sur le peuple en des lamentations restées célèbres.

Il écrivit aussi aux exilés pour les mettre en garde contre les séductions de l'idolâtrie.

Sur l'ordre de Dieu (ch. XVI), Jérémie dut vivre célibu-

taire, ce qui convenait mieux aux situations particulières que lui créait un ministère difficile.

Nous lisons au 11° des Machabées que Jérémie et Onias, le grand-prêtre, apparurent à Judas Machabée. Onias avait les mains étendues, priant pour toute la nation des Juifs. Jérémie, d’un aspect admirable, était entouré de la plns imposante majesté. Onias, parlant, dit en montrant Jérémie: ‘‘Celui-ci est l'ami de ses frères qui prie beaucoup pour le peuple et pour la ville. Jérémie étendant la main droite avait donné à Juda une épée d'or, disant : ‘Prends cette sainte épée, c'est un don de Dieu ; avec elle tu briseras tes ennemis.”’ Judas Machabée, racontant un jour cette vision, à ses combattants, les anima d'un courage extraordinaire : ils remportèrent sur Nicanor une victoire signalée.

Lamentations de Jérémie sur Jérusalem.

1" élégie.

Comment est-elle assise solitaire, la cité populeuse ! Elle est devenue comme une veuve, celle qui était grande parmi les nations;

La reine des provinces a été rendue tributaire.

Elle pleure amèrement durant la nuit, et les larmes couvrent ses joues,

De tous ses amants pas un ne la console ;

Tous ses compagnons l'ont trahie, ils sont devenus ses ennemis.

Juda s’en est allé en exil, misérable et condamné à un rude travail ;

Il habite les nations sans trouver le repos;

Ses persécuteurs l'ont atteint dans d’étroits défilés.

. Les chemins de Sion sont dans le deuil, parce que nul ne vient plus à ses fêtes; Toutes ses portes sont en ruines; ses prêtres gémissent,

Ses vierges se désolent, ct elle-même est dans l'amertume.

8es oppresseurs ont le dessus, ses ennemis prospèrent ;

Car Jéhovah l'u affligée à cause de ln multitude de 804 offenses ;

Ses petits enfants s'en sont allés captifs devant l'oppresseur.

La fille de Sion x perdu toute sa gloire ;

Ses princes sont comme des cerfs qui n'ont pus trouvé de pâture,

Et s'en vont sans foree devant celui qui les poursuit.

Jérusalem se souvient, aux jours de son affliction et de na vie errante, de tous ces biens précieux dès les jours anciens.

Maintenant que son peuple est tombé sous la mains de l'op- Presseur, et que personne ne vient à son aide,

Ses ennemis ki voient, et rient de son chômage.

Abdias, Michée, Joël.

(Le livre de l'élève nous en apprend assez sur Abdias, Michée et Joël).

Questions sur l’inter:aédiaire de la leçon 57° (Les prophètes du royaume de Juda: Isaïe; Jérémie : Abdias : Michée; Joël) :

Que savez-vous d’Isaïe ?

Que dit Isaie du Christ à venir?

Quelle sera la récompense du Christ d'après Isaïe ?

Que dit Isaïe de l'Eglise qui comprend aussi les Gentils ?

Que savez-vous de Jérémie ?

Contre qui prophétisent Abdias et Michée ?

Qu'est-ce que Michée dit de i3ethléem ?

Quel est le prophète des jugements de Dieu ? et d'une époque de bénédictions divines ?

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LEN DERNIERS MALHEURS ‘ ou 1

RUINE DU ROYAUME DE JUDA + 608 à 58h,

[ — Cours élémentaire.

Nous avons pleuré avec Jérémie sur le malheureux sort de Josias.

Après Josias, quatre rois se succèdent en Juda avant ln destruction finale.

Remarquons également tout de suite. qu'il y eut quatre déportations de ceux de Juda.

Les quatre rois furent : ?

Joachaz, Joakim et Sédécias, enfants de Josias ; et Jéchonias (ou Joachin), fils de Joakim, qui ne régna que quel- 4 ques mois, après son père. | Cette période comprend une vingtaine d'années : elle 4 s'étend de 608 à 588 (1). S Les personnages en vue, à cette époque, sont avec les

rois de Juda : Jérémie et Nabuchodonosor le Grand (du 2° empire de Babylone).

La 1° et la 2 déportation eurent lieu sous Joakim, la

. "en 605, la 2° en 598, après la révolte de Joachim: la 3°

eut lieu sous Sédécias, en 588. Il il eut une 4° déportation

cinq ans après la prise de Jérusalem. 3

Le grand tort des rois de Juda fut d'avoir mis ‘eur con- 1 fiance dans l'Egypte au lieu de la mettre en Jéhovah. u

(1) Plrsieurs auteurs étendent cette période, de 610 à 588.

Donnons maintenant quelques détails.

II — Cours intermédiaire.

Joachaz.

Joachaz (Sellum), fils de Josias, ne règne que trois mois, Néchao, l'ayant fait prisonnier après l'avoir invité à se rendre auprès de lui.

Joakim.

Néchao soumit ensuite la Judée à un tribut et lui donna pour roi Joakim (Eliacim), fils de Josias. Joakim régna neuf ans (608 - 599). IL joignit la cruauté à l’impiété en faisant mourir le prophète Urie, dont les prédications l’importuna: \nt.

Joakim vit la ruine de Ninive, c'est-à-dire la chute du 2 empire d’Assyrie, et la naissance du 2° empire de Babylone, en 606, sous Nabopolussar.

Nabuchodonosor le Grand, fils de Nabopolassar, vainqueur de Néchao IT, à Karkemis (près l'Euphrate), poursuivait Néchao : chemin faisant, il prit et pilla Jérusalem, soumit Joakim à un tribut. dépouilla le temple d’une partie de son trésor, et emmena avec lui à Babylone un certain nombre des habitants de Jérusalem, y compris Daniel, 605, c’est la date de la première déportation de Juda, et la 1” année de ce que l’on appelle ‘‘Les 70 ans de la captivité de Babylone.”’ 5

Joakim, poussé par Néchao, se révolte. Nabuchodonosor se dispose à assiéger Jérusalem. Joakim meurt avant son arrivée. Jéchonias, son fils (âgé de 18 ans) lui succède : il se rend au roi de Babylone, après un siège de trois mois. TUest fait prisonnier. Cette fois, le temple fut de nouveau dépouillé ; les plaques d'or qui recouvraient la table des

pains de proposition, l'autel des parfums, etc., furent enlevées et tout ce qui était fort en Jérusalem fut transporté à Babylone, 598.

C'est la date de la 2 déportation de Juda : elle comptait 10,000 hommes : Ezéchias, le prophète, et Mardochée, (?)

oncle d'Esther, se trouvaient au nombre des déportés. al Nabuchodonosor établit roi à Jérusalem Matthanias (au- Æ tre fils de Josias) sous le nom de Sédécias,. ‘

Sédécias, 598 à 588.

C'est le dernier roi de Juda.

Il ne fut pas plus sagc que ses prédécesseurs. Sa confiance dans Apries d'Egypte ne lui servit de rien. Sa révolte le conduisit à sa ruine et à celle du royaume, Et pourtant, Jérémie et Ezéchiel l'avaient bien averti. Mais Sédécias croyait voir une contradiction entre les deux prophètes ; Jérémie disait : ‘‘Nabuchodonosor emmènera Sédécias à ; Babylone." Ezéchiel disait: ‘“‘‘Sédécias ne verra pas le # pays de Babylone.” Les deux disaient vrai.

Nabuchodonosor ne fut pas lent à paraître. Tyr s'était soulevée en même temps que Juda. Jérusalem fut la première attaquée. Ce siège devait durer dix-huit mois. Il fut un moment interrompu à la nouvelle que Apries arrivait d'Egypte, au secours de Sédécias.

On espérait, à Jérusalem, que Nabuchodonosor ne reviendrait pas.

Sédécias, peu rassuré, demandait des prières à Jérémie. Le prophète lui répondit :

‘L'armée de Pharaon va retourner au pays d'Egypte. Les Chaldéens reviendront combattre contre cette ville (Jérusalem) ; ils la prendront et la brûleront.”’

Jérémie étant sorti de Jérusalem pour affaires, on l'ac-

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