‹ L'hiver mondainChapitre 3 sur 11 · ALLEGRO · texte numérisé non relu

ALLEGRO

Et c'est pourquoi je t'aime, ô ma très pâle amante, D'autant plus pâle encor qu'ils sont noirs tes cheveux Ta beauté lymphatique est conforme à mes vœux Et suivant ta pâleur ma tendresse s'augmente.

Traînant dans ton peignoir de neigo du matin Ta maigreur sculpturale et ta marche indolente, Tu résumes pour moi cette grâce dolente De la fleur qui se fane et du son qui s'éteint.

Tout ton costume est blanc, et mon rêve d'artiste

Salue en exultant ton mouchoir de batiste

Comme un drapeau d'amour oii se traîne un parfum.

Grâce à toi refleurit dans mon âme blasée Mon rêve de foyer, mon beau rêve défunt, Car ton peignoir ressemble aux robes d'épousée.

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