MENUET
Voilà la symphonie en blanc qui s'accentue : Les pâleurs du peignoir chantent sur ton beau corps L'hermine du tapis, plaquant de gais accords, Enroule sa musique à tes pieds de statue.
Le menuet s'avive, et des muguets tout blancs Dont les bouquets mignons parent tes étagères, Font tintinnabuler leurs clochettes légères Dont le parfum s'envole en des rythmes troublants.
LHIVEll MONDAIN
Soudain cette blancheur du boudoir se retlète Comme un joli motif qu'on brode et qu'on répète — Dans la limpidité de ton profond miroir.
Je pique alors dans tes cheveux que tu frisottes
Des fleurs — dans tes cheveux sombres comme le soir
Toutes blanches, ces fleurs semblent des papillottes.
IIONDO.
Entin mon amour triste a vaincu son émoi : Ses baisers, qui tantôt tombaient froids sur ma bouche Pareils à des flocons que chasse un vent farouche, Ne sont plus glacials en descendant sur moi.
Ces baisers abondants, parfumés, que j'adore, Je les sens tournoyer dans la chambre et neiger Et mon caprice évoque un idéal verger Où je serais couché dans des gloires d'aurore.
48 LHIVER MONDAIN
Quand je les sens ainsi tourbillonner longtemps, Je crois être dans l'herbe au soleil du printemps, Et je croi>î, dans l'élan de nos tendresses mièvres,
Que tous ces baisers cliauds, fiévreux, ensorceleurs. S'abattant sur mon front, sur mes yeux, sur mes lèvre.'^ Ce sont les bouquets blancs d'un cerisier en fleurs !