‹ L'homme à bonnes fortunesChapitre 33 sur 61 · LEONOR, MARTON, ERASTE, LUCINDE · texte numérisé non relu

LEONOR, MARTON, ERASTE, LUCINDE

ERASTE

QuoY, Madame, rien ne peut vous désabuser?

LL'CINDE.

Allez, Eraste, j'en sçay là-dessus plus que vous tous; cela est comme je vous l'ay dit.

LEONOR

Comment donc ?

ERASTE

La lettre qu'Araminte a rendeuë à Madame estoit une lettre escripte pour elle.

LUCINDE

Cela est ainsv.

ERASTE

Araminte. par des raisons qu'on ne veut point expliquer, s'est servye du hazard qui la luy a fait trouver, pour nuire à Moncade.

Hé bien, mon frère, la chose est doubteuse. Madame aime Moncade : elle prend son party. Que trouvez-vous là d'extraordinaire ?

LUCINDE

La chose n'est point doubteuse,- Madame; il y a des circonstances qui m'asseurent de la vérité.

LEONOR

Madame a raison. Monstrez-luy qu'on la

trompe, sans que Moncade puisse le nier. Alors

LUCINDE

Ah î je vous responds que, si vous pouviez en venir à bout, je ne le verrois de ma vie.

ERASTE

Maisj Madame, que faut-il donc davantage?

LEONOR

Oh! mon frère, que vous estes estrange ! Entrez dans cette chambre; je veux vous parler.

ERASTE

Mais

LEONOR

Je veux vous parler, vous dis-je : suivezmoy.

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