‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 102 sur 117 · Les Jésuiles ont rendu ce son par y, pour montrer · texte numérisé non relu

Les Jésuiles ont rendu ce son par y, pour montrer

c'est même la langue où Vu se rencontre le plus souvent, et il y est toujours long. La gutturation du y espagnol n'existe pas dans la langue guaranie. Le son de Vf, de VI, du v , de Vx, y manque entièrement; celui du d est toujours joint à celui de Vn, comme nd. Nous n'avons pas remarqué d'anomalie dans les noms des parties du corps. Il n'y a point de terminaison différente pour le pluriel et pour le singulier, dans les substantifs; et les adjectifs sont toujours du même genre. La numération est le nom des cinq doigls de la main; les Guarayos seuls ne comptent pas audelà de dix : ce manque de connaissance des nombres dénote un défaut absolu de commerce. La construction des phrases se fait ainsi : akd ckerope, de aka, je vais; c/ie, moi; ro, de og, contracté pour l'euphonie, et qui prend toujours IV, pour rendre la phrase plus douce, maison (ma maison); et de pe, à, adverbe de mouvement. La traduction littérale est : Je vais moi maison à, qui veut dire, je vais à ma maison. Les Guaranis emploient beaucoup les contractions ou les additions de lettres, pour rendre les sons plus euphoniques.1

qu'il devait se prononcer, en même temps, du nez et de la gorge, comme dans Paragiia y, la rivière du Paragua , corruption de Payagua.

1. Les deux langues, parlées l'une par l'homme , l'autre par la femme, chez les Caraïbes, attestent positivement qu'il y a eu invasion; et ce ne serait pas une preuve que les conquérans ne fussent pas des Caribes ou des Guaranis. Le père

Chaque tribu a plus ou moins modifié son langage; ainsi toutes les terminaisons en ti, sont changées en chi chez les Guarayos.

Les Guaranis sont généralement bons , affables , francs, hospitaliers, faciles à persuader, et suivant aveuglément un principe une fois adopté. On en a une grande preuve dans la manière dont ils reçurent les premiers Espagnols et les Portugais l} et dans la promptitude avec laquelle ils se soumirent à leur joug2 ou

Raymond Breton explique ce fait d'une manière satisfaisante dans son Dictionnaire caraïbe, p. 229, en disant: «Les « Caraïbes sont venus du continent pour conquérir les îles ; « ils tuèrent les hommes et gardèrent les femmes : de là « l'origine des deux langues.» Voyez aussi Rochefort, p.

Barcia, Orfgen de los Indios delnuevo mundo, p. 172-175.

1. Voyez Comentario de Alvar Nunez Cabeza de Vaca, p. 8, dans son Voyage de Sainte -Catherine au Paraguay, en 1541 (Barcia, Hisloriadores primitwos de Indias).

Voyez Herrera, Dec. I, p. 28; premier voyage de Colon,

Les habitans de la partie du Brésil vue par Cabrai en 1500, reçurent les Portugais avec une bonté toute particulière. Lettre de Pedro vas Caminha, Art de vérifier les dates, t. XIII , p. 445 et suivantes.

2. Schmidel, édit. de Buenos -Ayres, p. 16, parle de la complaisance avec laquelle, en 1539, les Guaranis les aidèrent à construire le fort de l'Assompcion. Guevarra, Hist. del Paraguay, p. 96, dit la même chose.

aux missionnaires1, tandis que d'autres nations, plus guerrières, plus jalouses de leur liberté, ne cédèrent jamais ni à la force des armes , ni aux efforts du prosélytisme, afin de garder leurs mœurs, leurs usages, et surtout pour ne pas servir des étrangers. Si nous prenions pour type les Guarayos que nous avons trouvés dans leur simplicité primitive, nous dirions que les Guaranis sont ennemis du vol et de l'adultère, qu'ils punissent de la peine de mort2. Ils ne connaissent pas l'envie, sont bons pères, bons maris; et, dans leur état sauvage, ils admettent l'autorité patriarchale au sein de chaque famille. On retrouve la même hospitalité chez les Chiriguanos, et quoique les anciens écrivains les aient calomniés3, nous croyons qu'ils ont le même caractère; seulement on veut avoir tous les droits possibles de les vexer, sans les laisser

1. Padre Lozano, Historia de la compania de Jésus en la provincia del Paraguay, 1754, t. I.er, p. 57 et suiv.

Pero de Magalhanes de Gandavo, 1576, tient le même langage sur les habitans du Brésib Voy., cap. XIII, p. 45.

2. Herrera , Decad. I, p. 29. Les Caribes des Antilles ne volèrent rien à Colon , lorsqu'un de ses navires fit naufrage en 1492, à son premier voyage.

Oviedo , Historia gênerai de las Indias, 1547, lib, V, cap. IV, fol. 4, dit aussi que les habitans d'Haïti châtiaient rigoureusement le vol.

3. Garcilaso de la Vega , Cornent, real de los Incas, lib. Fil, p. 244.

Padre Fernandez, Eelacion historial de los Chiquitos, etc.

se plaindre : ils ne demandaient que de la réciprocité dans les procédés; ne l'ayant pas obtenue, ils sont restés sauvages. Les Sirionos font exception; ils fuient le contact des autres hommes, demeurant toujours au sein de leurs forêts. On a surtout reproché aux Guaranis d'être cruels, sanguinaires; mais, si l'on veut fouiller les annales de l'histoire, ne trouvera-t-on pas, chez nos ancêtres, des coutumes atroces envers leurs prisonniers? Tout ce qu'on allègue contre les Guaranis, ne vient que d'un fait : la vengeance les portait, par représailles, à tourmenter les vaincus, et même, dans beaucoup de tribus, à les manger1, après les avoir d'abord bien traités. C'est plus particulièrement chez les Guaranis qu'existait cette coutume barbare, ce qui

Page 1