‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 2 sur 117 · RÉDUITS AU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

RÉDUITS AU CHRISTIANISME

ENCORE SAUVAGES

Patagons ou Téhuelches.

Puelches

iCharmas

Mbocobis ou ïobas. . . .

Mataguavos

Abiponès

Lenguas *

Totaux

Nous ne donnons aucun de ces chiffres comme positif; c'est une simple approximation obtenue des nations elles - mêmes et que de minutieuses recherches, faites sur les lieux, pour arriver à une solution satisfaisante, nous font croire voisine de la vérité. Malheureuse-

1. Nous ne faisons figurer ici que les nations que nous avons vues et appartenant, par leurs caractères, à notre rameau pampéen; ainsi les Araucanos des Pampas vont avec la race ando- péruvienne, les Chiriguanos du Chaco avec la race guaraniennc. Nous ne citons pas les Payaguas , les Mbayas, les Guaycurus, décrits par Azara, quoique devant rentrer dans ce rameau , n'ayant pu les observer nous-méme.

ment il se passera peut-être bien des siècles avant qu'on puisse se procurer des données positives sur les nations du rameau pampéen, toutes encore à l'état sauvage.

La couleur est, dans ce rameau, d'une assez grande uniformité : les hommes qui le composent sont, sans aucun doute, de tous les Américains que nous connaissons, les plus foncés en teinte; leur couleur, en effet, n'a rien de cviivré; la sépia ou le brun -olivâtre la rappelle plus exactement; elle tient beaucoup de celle des mulâtres. Toutes les nations du Chaco présentent une intensité de teinte égale à celle des Patagons. Les Charmas et les Puelches seuls nous ont paru plus foncés que les autres ; les premiers peut-être un peu marron.

Si nous avons trouvé de l'uniformité dans la couleur des nations de ce rameau , nous en rencontrons beaucoup moins dans leur taille ; surtout en nous rappelant qu'elles comprennent les fameux Patagons , ces géans de la fable , renouvelés par les auteurs. Néanmoins , en ramenant les choses à leur juste valeur, il y a beaucoup moins de disproportion qu'on ne le pense entre la taille des nations du rameau pampéen, ce qui tient à l'uniformité de stature, toutes ren-

fermant les plus beaux hommes des parties de l'Amérique méridionale que nous avons visitées. Nous trouvons aux Patagons une taille moyenne de 1 mètre 750 centimètres (cinq pieds quatre pouces), et nous n'en avons pas vus qui passassent \ mètre 92 centimètres (cinq pieds onze pouces). Si nous leur comparons les Mataguayos , les plus petits des nations pampéennes , nous aurons encore pour taille moyenne de ces derniers \ mètre 67 centimètres (près de cinq pieds deux pouces ) , et \ mètre 76 centimètres (cinq pieds cinq pouces) pour les plus grands. Dès -lors la moyenne entre toutes les nations serait de \ mètre 688 millimètres (près de cinq pieds deux pouces et demi), taille incomparablement plus avantageuse que celle des autres rameaux de cette race. La décroissance de la taille suit une marche régulière; des plaines du sud a celles du nord on la voit successivement diminuer des Patagons aux Puelches , des Puelches aux Chai ruas. A partir de ceux - ci , elle devient stationnaire dans les plaines du Chaco; et baisse de nouveau pour les Mataguayos, en approchant des peuples montagnards. Tirera - 1 - on de cette remarque la conséquence que les Patagons sont le type,

( 16 ) la souche primitive de la race, qui, s'avançant vers le nord et se mêlant aux autres nations , aurait diminué de taille; ou que les hommes, en passant des pays tempérés à la zone torride , ont subi des modifications d'influences qui les ont empêchés de prendre une stature semblable ? Nous sommes loin de vouloir aborder cette question, que nous ne pourrions résoudre que d'une manière hypothétique sortant des faits positifs , base de notre travail. Parmi toutes les nations pampéennes, la taille des femmes est en général plus élevée qu'elle ne l'est en Europe , comparativement à celle des hommes sur ce continent.

Les formes des Pampéens sont le type de la force réellement athlétique. Us ont le tronc large et robuste , presqu'égal sur sa longueur ; les épaules effacées, la poitrine saillante, les membres replets, arrondis, ce qui concourt à donner à ces peuples une apparence herculéenne. Néanmoins il ne faut pas chercher chez eux de muscles appareils : leurs membres sont bien fournis, mais il ne s'y manifeste aucune saillie musculaire; caractère particulier à la race, ou qui tient au peu d'emploi qu'ils font de leurs forces. Les femmes participent à cette

( 17) coinplexion vigoureuse; aussi ne présentent* elles jamais de formes gracieuses ; elles sont trop robustes, trop larges, pour être bien faites; la nature les a douées, en revanche, de tous les avantages désirables pour le genre d'existence auquel elles sont appelées. Elles ont , pour la plupart, la main et le pied petits; leur gorge n'est pas trop volumineuse.

Les traits des diverses nations de ce rameau ont certainement entr'eux une analogie sensible* Chez les Patagons, la tête est grosse, la face large, aplatie; les pommettes sont plus ou moins saillantes , notamment dans la vieillesse ; chez les nations du Chaco, les yeux sont petits, noirs, horizontaux, quelquefois légèrement bridés à l'extérieur; le nez court, épaté, large, à narines ouvertes; la bouche grande; les lèvres grosses et saillantes; les dents bien placées et belles; le front bombé; le menton court ; les sourcils étroits et arqués ; la barbe rare, non frisée, poussant seulement à la lèvre supérieure et au menton; les cheveux noirs, longs et plats. La physionomie, constamment sérieuse, est froide, réservée, souvent féroce; et si chez quelques nations on trouve une jeunesse joyeuse, et des traits efféminés dans

( 18) les deux sexes , comme chez les Patagons , il en est chez lesquelles les jeunes gens participent à la taciturnité et à la tristesse de l'homme adulte. La différence à cet égard est énorme entre ces hommes et leurs voisins les Chiquitéens, toujours prêts à rire et à s'amuser d'un rien. Les femmes ont presque toujours le même aspect que les hommes : très-peu sont passahles dans la jeunesse, et toutes deviennent repoussantes dans l'âge de la décrépitude, chez elles fort prématuré.

Les langues du rameau pampéen ont entr'elles une très -grande analogie de sons et de formes, quoique tout à fait distinctes pour le fond : elles sont principalement caractérisées par des sons du nez, par une gutturation forte, un manque total d'euphonie, et surtout par une redondance de consonnes qui les rendent on ne peut plus dures, telles que tz> nd, mb, zl, dly etc. Le caractère commun à ces langues est notamment ce grand nombre de terminaisons des mots en ic, ec, oc, ac, ou en ap, eg, aq, qu'on retrouve surtout dans celles du Chaco ; car elles ne sont qu'indiquées dans l'idiome patagon. La gutturation du j espagnol est souvent remplacée, chez les Patagons, chez

les Puelches, chez les Tobas, par IV, fortement prononcée du gosier. Uu nasal se trouve dans les langues patagone et puelche. Les mêmes langues possèdent notre ch, et la patagone seule notre z. Si l'on rencontre , dans la langue des Patagons et des Puelches, un système de numération étendu, tandis qu'à peine va-t-il à cinq ou même moins dans les autres langues , on doit , à ce que nous avons reconnu par leur nombre 100 et 1000, l'attribuer au contact avec les Àraucanos, qui avaient eux-mêmes emprunté ces nombres aux Incas. Un autre point de ressemblance, c'est que le son de Vf est inconnu chez toutes ces nations. Au reste la seule langue puelche offre une anomalie pour les noms des parties du corps , qui commencent tous par un y. Les trois mots suivans , dans les diverses langues, pourront en faire juger, et serviront de termes de comparaison avec les mots correspondais dans les autres rameaux de la race pampéenne.

NOMS

FRANÇAIS

NOMS

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