‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 33 sur 117 · Voyez notre partie de Linguistique · texte numérisé non relu

Voyez notre partie de Linguistique

La meilleure preuve qu'Azara les confond avec les Aucas , c'est qu'il dit (p. 41 ) que leur langue n'a aucun son nasal ni guttural; ce qui est vrai des Aucas, mais non des Puelches, dont la langue est une des plus dures de celles qui se parlent en Amérique.

2. Ils s'en servirent en 1536, lors de la première fondation de Buenos -Ayres. (Voyez Historia argentina, de Rui Diaz de Guzman, p. 34.)

Ulderico Schmidel, édit. de Buenos-Ayres, p. 7, dit la même chose et parle aussi de lances armées de pointes de silex.

(81 ) mêmes ornemens, mêmes peintures sur la figure; même paresse chez les hommes; même activité chez les femmes, chargées de tous les travaux du ménage. Les Puelches, comme les Patagons, ne vivent jamais sur les rivages de la mer, et ne sont pas plus navigateurs.

Leur gouvernement est identique : ils ont des chefs ou Ganac qui les dirigent à la guerre, mais auxquels ils n'obéissent pas en temps de paix; le meilleur des orateurs et le plus brave d'entr'eux devient ordinairement cacique. Aussi indépendans aujourd'hui qu'à l'époque de la conquête, ils n'ont jamais reconnu la domination espagnole.

Leur religion est aussi celle des Patagons: ils croient à un génie du mal, nommé Gualichu ou Jrraken, qui devient quelquefois bienfaisant, sans qu'on ait besoin de le prier. Leurs devins (Caltnelache) , également médecins , sont tellement redoutés , qu'après leur mort un Puelche ne passe qu'en silence au pied de leur tombe, dans la crainte de les réveiller. Ils croient à l'immortalité de l'âme, et, en conséquence, enterrent avec le défunt ses armes et ses bijoux les plus précieux1. Ils fêtent l'instant de la nubilité des femmes.

On a vu combien il y a d'analogie , pour les carac-

1. Azara dit de cette nation, comme de toutes les autres (t. II, p. 49), qu'elle n'a pas de croyance religieuse : il fallait qu'il fût bien préoccupé de cette idée négative pour l'appliquer même aux Puelches, remarquables par la multiplicité des pratiques superstitieuses auxquelles ils se livrent. ii. 6

tères physiques, pour les mœurs, pour la religion, entre les Puelches et les Patagons. Nous en conclurons qu'ils appartiennent au même rameau d'hommes ; seulement plus petits que les Patagons, ils ont un langage distinct. Par les traits et le parler, ils diffèrent des Aucas, et font ainsi le passage des Patagons aux autres nations des plaines du grand Chaco, telles que les Mbocobis ou Tobas et aux Charmas de la Banda oriental de la Plata.

NATION CHARRUA.

Le nom de Charmas , connu depuis les premiers temps de la conquête de l'Amérique, n'est cependant pas le seul sous lequel cette nation soit désignée par les historiens. Nous croyons, contre le témoignage d'Azara1, que les Minuanes , toujours confondus par les auteurs avec les Charruas 2, n'en étaient qu'une tribu, ce que nous paraît prouver l'identité parfaite de coutumes indiquée même par l'écrivain espagnol. Nous croyons également que les Yaros^, qui vivaient entre les Charruas et les Minuanes, les Bokanes et les Chanas, leurs voisins, étaient aussi des tribus des Charruas, dont les noms ne figurent qu'au commencement de la conquête , ce qui a fait dire à Azara 4 qu'ils avaient été détruits par les Charruas.5

Page 1