Idem, fol
3. Herrera, Dec. V, lib. Fil, p. 161, et copie Histoire des navigations aux Terres australes, t. ï, p. 164.
4. Voyez-en l'extrait dans de Brosse , Histoire des navigations aux Terres australes, t. I, p. 178.
arrivé Magellan, cinquante -huit ans avant eux; ils rencontrent ces mêmes Patagons, auxquels ils ne reconnaissent pas la taille gigantesque que leur donnent Pigafetta et Oviedo. Comme on en peut juger par la relation d'Edwards Gifle > : « Ces hommes ne sont point « d'aussi grande taille que les Espagnols le pensent, « il y a des Anglais plus grands que le plus haut a d'entr'eux.2 * Dès -lors, les Patagons prirent à peu près leur véritable stature, bien différente de celle des naturels de la Terre -du-Feu, décrits dans le même voyage , à l'occasion de l'arrivée de Drake à l'extrémité occidentale du détroit.
La relation de Pedro Sarmiento, en 1579, était peut-être assez véridique, avant qu'Argensola3, son
1. De Brosse, Hist. des navig. aux Terres australes, 1. 1, p. 193.
2. Argensola, Conquis ta de las Molucas, liv. III, p. 105, fait dire à Drake que ce sont des géans : Àqui aparecieron oc ko Indios gi gantes, que dexavan baxo el mas alto Ingles. (Ici apparurent huit Indiens géans, qui firent paraître petit le plus grand Anglais.) On voit combien Argensola citait juste.
L'auteur du discours préliminaire de la Relation du voyage de Pernetti, t. I, p. 36, cite à son tour Argensola et lui fait dire que ceux-ci sont petits comme des Lapons; opinion aussi fausse que celle d'Argensola même.
3. Voyez Argensola , Historia de la conquis ta de las Molucas, liv. III, p. 125, et l'extrait qu'en donne de Brosse, Hist. des navig. aux Terres austr. , t. I , p. 2 1 0 , où ce dernier écrivain met trois aunes, au lieu de trois varas, ce qui
historien, y eût placé des colosses de trois varas1 de haut, qui ressemblaient à des cyclopes , avec des villes et des temples sur les côtes du détroit de Magellan. Cette relation renferme effectivement beaucoup de faits véritables attestant l'esprit d'observation. Ce que l'auteur dit de la taille des habitans, reste donc au-dessous de toute critique; mais ses remarques sur les Fuégiens qu'il rencontre dans l'archipel de l'embouchure occidentale du détroit, sont très-judicieuses. 2
Cavendish , dans son premier voyage en 1 586 3, vit des Patagons au port Désiré : il ne parle pas de leur taille; et, suivant la remarque de Pretty4? son silence ferait croire qu'il n'en a pas été frappé. Sa description des sépultures annonce pourtant bien qu'il a vu les Patagons. Il les distingue des Fuégiens qu'il rencontre dans la baie Elisabeth5. Dans son second voyage, en
double presque la mesure. Quoique Sarmiento eût exagéré , en décrivant le détroit, afin de décider le roi d'Espagne à lui permettre d'y fonder une colonie, il est évident pour nous que tous les détails purement imaginaires sont du fait d'Argensola, qui à tout prix voulait du merveilleux.
1. Tiene cada uno de estas mas de très varas (près de trois mètres) 3 liv. III, p. 125.