‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 67 sur 117 · Prononcez en fiançais Couravès · texte numérisé non relu

Prononcez en fiançais Couravès

qu'ils parlaient une langue distincte de celle des autres nations, ce dont nous n'avons pu nous convaincre par nous - même ; tous ayant entièrement oublié leur idiome primitif, par suite de l'obligation dans laquelle ils se sont trouvés de parler continuellement celui des Chiquitos. Aucun Indien même n'a su nous donner une idée de ce qu'il pouvait être. Du reste les Curavès appartiennent évidemment au rameau chiquitéen .

NATION TAPIIS.

Nous avons rencontré , dans la mission de Santiago de Chiquitos la nation Tapiis, qui, pour les caractères physiques et moraux , se trouve dans les mêmes circonstances que celle des Curavès. Tous les naturels s'accordent à dire que les Tapiis parlaient une langue distincte des autres nations; mais comme ils l'ont entièrement oubliée, nous ne saurions dire jusqu'à quel point cette allégation doit être admise. Il y en a cinquante environ dans Santiago; et l'on doit sans doute attribuer à leur petit nombre la perte de leur langue primitive. D'après les renseignemens que nous avons obtenus, les Tapiis auraient habité les forêts situées au nord-est, entre le 17.e et le 18.e degré de latitude sud , et vers le 60.e degré de longitude ouest de Paris; ils se seraient alors trouvés enclavés par les Otukès, dont ils sont peut-être une section.

NATION CURUCANECA.

Les Indiens de ce nom , au nombre d'une cinquantaine , au plus, habitent encore la mission de San- Rafael, où ils sont mêlés aux Chiquitos, dont ils ont adopté le langage, en oubliant totalement le leur, que tous les autres naturels et eux-mêmes nous ont assuré être différent. Nous n'avons aucun moyen de vérifier ce fait; mais les Curucanécas ayant les traits, la couleur et les formes des Chiquitos, il nous est au moins possible d'affirmer qu'ils appartiennent au même rameau. Ils ont été amenés des forêts du nord-est de la mission (vers le G2.e degré de longitude ouest et le i 6.e degré de latitude sud) , et peuvent fort bien n'être qu'une tribu des nations qui occupaient cette partie, comme les Saravécas, lesOtukès, les Curuminacas et les Covarécas.

NATION CORABECA.

Cette nation vivait au sud de San-Rafael (vers le 18.e degré de latitude sud et le 62.e degré de longitude ouest ) , aux frontières du grand Chaco , d'où elle fut amenée à cette mission par les Jésuites; mais, toujours indociles, toujours sauvages, rigoureusement châtiés pour de fréquentes violations du droit des gens, les Corabécas ne devinrent jamais bons chrétiens , finirent par abandonner San-Rafael et regagnèrent les forêts d'où ils étaient sortis , et où ils sont probablement encore. Ils étaient spécialement chasseurs; et, d'après ce qu'un de leurs vieillards nous affirma , ils auraient eu une langue distincte de celle des autres. Quoique nous ne puissions rien dire de formel sur leurs caractères physiques, qui nous ont paru les mêmes que ceux des Chiquitos, nous pensons qu'ils appartiennent au rameau chiquitéen et nous en faisons mention , afin que d'autres voyageurs , plus heureux que nous, puissent, en les voyant, déterminer positivement ce qu'ils peuvent être. On assure qu'ils ne sont pas plus d'une centaine environ.

NATION PAlCONECA.i

C'est sous ce nom que la nation qui nous occupe est connue dans la mission de Concepcion de Chiquitos ; on l'y regarde comme distincte de toutes les autres tribus habitant le même lieu; mais, en confrontant avec soin les langues , nous pensons qu'on y doit joindre les Faunacas2 qui, sans doute, appartiennent à cette nation, quoique vivant plus au sud.

Les Païconécas furent amenés des forêts du nordest à Concepcion par les Jésuites, qui les y réunirent aux Chiquitos , pour en faire des Chrétiens. Us vivaient, divisés en petites tribus , sur le versant nord des collines granitiques de la province de Chiquitos , le long des cours d'eau , au sein d'épaisses forêts , dont l'ombre favorisait leur culture, tout en leur permettant la chasse , leur principal délassement. L'espace qu'ils

1. Ce seraient peut-être les Paicunoes , vus par Francisco Rivera en 1543. (Voyez Barcia , Histoiiadores primitivos de las Indias; Comentarios de Alvar Nuiîez Cabeza de Baca, p. 55.)

2. Le père Fernandez, Relation historial de los Chiquitos , p. 296, cite une fois le nom de cette tribu; c'est, du reste, tout ce qu'on en savait avant nous.

occupaient était assez vaste, et leurs tribus éparses s'étendaient au 16.c degré de latitude sud, et en longitude, du 63.e au 64.e degré ouest, entre les sources du Rio Blanco et du Rio Yerde. Ils avaient pour voisins, au sud, toutes les tribus des Chiquitos; à l'est , les Saravécas ; à l'ouest , les Chapacuras de Moxos , également dispersés vers le nord , en les enveloppant , pour ainsi dire. Aujourd'hui , la plus grande partie de la nation est fixée à la mission de Concepcion; mais il n'en reste pas moins quelques tribus sauvages, qui, après avoir déserté les missions, ont regagné leurs asiles primitifs.

Quant au chiffre des individus composant la nation , parmi ceux que réunit la mission de Concepcion, on compte à peu près 360 Païconécas et 250 Paunacas, nombres auxquels on peut ajouter au moins celui de 300, pour représenter les indigènes vivant au sein des forêts; le total serait donc de 910.

Leur couleur, semblable à celle des Chiquitos, est néanmoins un peu plus foncée ou plus olivâtre.

La taille des Païconécas est aussi absolument la même que celle des Chiquitos, c'est-à-dire que, terme moyen, ils peuvent avoir 1 mètre 663 millimètres (5 pieds 1 % pouce).

Les formes du corps ne diffèrent pas non plus de celles des Chiquitos. Il en est de même des traits ; néanmoins on trouve, généralement, chez eux , des figures plus laides, des traits plus grossiers, le nez plus petit, et surtout une physionomie moins exprès-

sive et annonçant moins de gaîté dans le caractère. Egalement bons, et, à tous égards, différant peu des Chiquitos, ils sont seulement plus taciturnes et moins disposés à la joie ; enfin , plus spécialement chasseurs , les Païconécas tiennent davantage à leur liberté.

Leur langue diffère essentiellement de celle des autres nations de la province , non par des caractères qui se saisissent au premier aperçu; mais par des mots venus évidemment d'une source distincte, puisqu'ils ne se rapportent en rien aux autres idiomes. Le son de Vu nasal , assez commun dans le dialecte des Paunacas , manque totalement dans celui des Païconécas ; le j espagnol se retrouve avec toute sa dureté dans les deux tribus: ce sont, du reste, les seules intonations venant du gosier. Il n'en est pas ainsi des sons nasals, qui abondent surtout dans les diphthongues , comme on, an. La langue païconéca offre fréquemment la prononciation du ch espagnol , très-rarement celle des Français; du reste, sans rien avoir de bien caractéristique, elle ne manque pas d'euphonie. De même que les autres idiomes du rameau chiquitéen, elle présente, quoique moins régulièrement, cette singularité, que beaucoup des noms des parties du corps commencent par /ou Hui, comme dans Ipiki, joue1 (prononcez Ipuki) ; Huickuca, oreille, etl/wiké,yeux, qui se dit Hnikis dans le dialecte Paunaca. Il n'y a ,

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