‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 74 sur 117 · Voyez Lettres édifiantes, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Voyez Lettres édifiantes, t. VIII, p

de petits limaçons constituaient pour les femmes des colliers du même genre. Aujourd'hui plus de peintures sur la figure, plus de percement des lèvres ; le costume général, le même pour les deux sexes, consiste en une chemise sans manches. Continuellement humectés d'huile de coco, les cheveux tombent en une longue queue au milieu du dos ; le cou est orné de colliers et de chapelets. Le tatouage y est tout à fait inconnu.

Le gouvernement des Moxéens était uniforme et ressemblait à celui des Chiquitéens. Chaque nation se divisait en beaucoup de tribus ; chaque tribu avait un chef, dont l'influence était trèsfaible; et il n'existait, par le fait, aucun corps de nation. Ces chefs , nommés par la tribu , guidaient les guerriers dans les batailles, donnaient des conseils, et n'étaient jamais en même temps médecins et prêtres.

La religion était différente, non -seulement selon les nations, mais encore selon les tribus, qui toutes avaient des fêtes et des solennités sans nombre , dans lesquelles entrait pour beaucoup l'usage des boissons fermentées. Leur culte était souvent celui de la nature; ils révéraient un dieu présidant à la culture, à la chasse ou

à la pêche, dirigeant les nuages, le tonnerre; mais ce culte n'était pas aussi répandu que celui que leur inspirait la crainte du jaguar, auquel ils érigeaient des autels, et consacraient des offrandes, se vouant à des jeûnes rigoureux, pour devenir ses prêtres \ La religion était basée moins sur l'amour que sur la crainte des dieux ; elle n'admettait pas de véritable adoration; aussi les peuples se décidèrent-ils facilement à changer de croyance; mais, s'ils ont abandonné leur culte extérieur, beaucoup d'entr'eux conservent encore quelques-unes des nombreuses superstitions de leur état sauvage. Tous jadis prétendaient descendre des lieux voisins de leur demeure, et suivaient à la lettre la religion de leurs pères. Les prêtres étaient, en même temps , médecins. Aujourd'hui, dans quelques-unes de leurs nations, ils sont chrétiens fanatiques, se livrent à des jeûnes rigoureux, et s'infligent les pénitences les plus barbares et les plus sanglantes.

En nous résumant, nous dirons que les Moxéens qui habitent un pays de plaines, sont intermédiaires, pour quelques-uns de leurs ca-

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