‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 77 sur 117 · NES · texte numérisé non relu

NES

FRANÇAIS

par nous, en i83i.

grammaire

manuscrite

de 1703.

par nous , en i83i.

du dictionnaire.

écrits par nous , en i83i.

Joue.

Ichémira.

Huimiroraki.

Numiro.

Ichémira.

Oreille.

Icliacaney.

Chacané.

Huichoca.

Nuchoca.

Ichacanan.

Yeux.

Ikisé.

Kisé.

Yuki.

Nuuqui.

Ikise.

Nous avons reconnu qu'à ces mots écrits tels qu'ils le son! dans le dictionnaire, esl join! un pronom

possessif1, ce qui doit exister de même pour les au lies tribus. Chacune d'elles a des termes qui lui sont propres; ainsi, sur 400 mots muchojéonès , 115 ont de l'analogie avec ceux des Baurès, et 49 leur sont identiques; tandis que, sur le même nombre, 50 mots des Baurès ont de l'analogie avec ceux des Moxos , et quatre seulement leur sont identiques. Le système de numération , qui s'étend jusqu'à vingt chez les Baurès et chez les Muchojéonès, est représenté par les noms des doigts des mains et des pieds. Les Moxos ne comptent que jusqu'à trois.

Habitués à l'obéissance, les Moxos ont le caractère bon , sociable , enjoué , patient au-dessus de toute expression; néanmoins, autant ils sont disposés à rire d'un rien, lorsqu'ils sont livrés à eux-mêmes, autant la servitude les a rendus craintifs et taciturnes, quand ils approchent d'un chef. Ils s'aiment entr'eux et sont susceptibles de beaucoup d'attachement. L'indolence habituelle aux nations des pays très-chauds n'est pas leur défaut. Toujours occupés, ils mènent une vie on ne peut plus active; les deux sexes se ressemblent sur tous ces points. A l'état sauvage, ils étaient cruels par superstition,

Les Moxos, pour les mœurs, se rapprochent, à

1. Le pronom possessif nu, mon, le mien, est, sans aucun doute, joint au nom propre des parties. Voyez padre Marban, Ârte de la lengua mooça, consu vocabulario; Lima , 1701, p. 8 et 9,

certains égards, des Chapacuras; cependant, avant de se soumettre au christianisme, ils étaient beaucoup plus avancés que ces derniers dans la civilisation. Us formaient de grands et nombreux villages, composés de cabanes basses, sur les rives des larges rivières traversant les plaines en partie inondées qui caractérisent la province , ainsi qu'au bord des lacs , des marais , au sein des plaines ou des forêts. Vivant en grandes familles dans des lieux fixes, sans jamais changer de demeure, par suite de la croyance religieuse qu'ils y étaient nés, leurs occupations habituelles étaient l'agriculture, la pêche et la chasse; ils semaient au milieu des bois; et, pour chasser et pêcher, se servaient de longues pirogues faites d'arbres creusés , qui leur permettaient de communiquer entr'eux par les cours d'eau ou , lors des inondations , en traversant ce pays. Spécialement navigateurs, ils connaissaient ces interminables méandres des nombreuses rivières de leur territoire; et s'ils attaquaient leurs voisins, c'étail encore sur leurs pirogues, ayant alors pour armes l'arc , la flèche et la massue. Amis des jeux et de la danse, ils étaient tous musiciens, se servant de flûtes de Pan, dont quelques-unes avaient plus de six pieds de long; l'emploi de cet instrument dans tous les tons procure une musique souvent originale, quoique monotone. Les réunions étaient toujours déterminées par le désir de boire des liqueurs fermentées, préparées à l'avance pour des fêtes religieuses, auxquelles les voisins étaient invités, ainsi que tout le village. Ces

fêtes avaient lieu dans une chambre commune. Le mariage n'était qu'une convention, et les deux parties se séparaient souvent pour former de nouveaux liens ; néanmoins, l'adultère était rigoureusement châtié. La polygamie était admise; et, au sein de mœurs généralement douces, on s'étonne de trouver les coutumes les plus barbares : ils tuaient les enfans jumeaux, par suite de la pensée que les animaux seuls pouvaient avoir plusieurs petits à la fois; souvent aussi la mère enterrait ses enfans vivans , seulement parce qu'ils l'importunaient, ou d'autres fois, à la mort de leur mère, ils étaient inhumés avec elle, s'ils étaient trop jeunes pour se passer de ses soins; les femmes qui avortaient étaient sacrifiées par le peuple1. Depuis, tous ces usages ont été abandonnés, ainsi que ceux tenant à des superstitions religieuses ; mais , du reste , les Moxos ont à peu de chose près conservé les mêmes mœurs.

L'industrie chez eux devait être avancée, si, du moins, l'on en juge par ce qu'ils font aujourd'hui: les hommes fabriquaient leurs armes, cultivaient la terre avec des pelles de bois2, chassaient, péchaient à la flèche , et construisaient leurs pirogues : suivant un auteur peu ancien , mais remarquable par son

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