Relation de los Moxos, p
2. Robertson, Histoire d'Amérique, édit. espagn. , t. II , p. 104, se trompe tout à fait lorsqu'il dit que les Moxos ne connaissaient pas l'agriculture.
exactitude1 , ils auraient connu une espèce d'écriture, au moyen de lignes tracées sur des planchettes. Eux seuls étaient musiciens. Leurs femmes filaient et tissaient leurs vêtemens, ainsi que les hamacs, indispensables dans un pays toujours inondé. Elles confectionnaient la poterie, aidaient leurs maris dans les récoltes et s'occupaient du ménage. Assez bons dessinateurs, leurs peintures représentent non- seulement des grecques, mais encore des animaux et des plantes passablement rendus ; sculpteurs , tourneurs , ébénistes , tisserands adroits , ils font beaucoup de petits ouvrages et de tissus, qu'on importe par curiosité dans les villes du Pérou. Plusieurs ont parfaitement appris l'espagnol et le latin , et savent écrire correctement ; en un mot , c'est la nation la plus susceptible de civilisation.
Le costume des hommes consiste en une chemise sans manches de tissu de coton ou d'écorce d'une espèce dejicus, presque toujours peinte de diverses
1 . Francisco Viedma , Informe gênerai de la provincia de Santa-Cruz (manuscrit dont nous avons l'original), 1787, p. 89 : Un Indio moxo escribe los anales de su pueblo en una tabla o un pedazo de cafta por medio de varios signos , cuya inteligencia y^ manejo pide mue fia convinacion y una memoria felis. ( Un Indien écrit les annales de son village sur une planche ou un morceau de roseau , au moyen de divers signes, dont l'intelligence et l'usage demandent une grande combinaison et une heureuse mémoire.)
couleurs. Dans les fêtes ils portent sur la tête des plumes de couleurs variées1, des grelots aux pieds et dansent ainsi au son du tambourin. Les femmes ont habituellement le même costume; et de plus, se parent de colliers et de boucles d'oreilles. Constamment imprégnés d'huile de coco , les cheveux , chez les deux sexes , sont longs , et attachés en une queue qui tombe sur le dos. Nous n'avons retrouvé parmi eux aucune trace de tatouage ni de peinture; néanmoins, il paraît qu'ils se peignaient la figure, et se perçaient les lèvres et les narines. 2
Leur gouvernement, si nous devions en juger par leurs coutumes actuelles, devait être des plus despotique. Un cacique, aujourd'hui, est obéi dans ses moindres caprices , exerçant un pouvoir absolu sur toute sa mission; cependant rien de semblable n'existait lorsqu'ils étaient sauvages; ils se partageaient en un grand nombre de villages, tous indépendans les uns des autres5, et ayant un cacique ou chef, auquel ils n'obéissaient pas : ainsi dans l'état primitif leur gouvernement était tout à fait négatif, et il n'y avait, réellement, aucun corps de nation.
Leur religion était des plus compliquée. Ils se
1. Cet usage ne se trouve plus que dans les fêtes du christianisme.