‹ L'homme amâericain de l'Amâerique mâeridionaleChapitre 8 sur 117 · Collection de Purchas, t. IV, liv. VI, ch. VII · texte numérisé non relu

Collection de Purchas, t. IV, liv. VI, ch. VII

où les Fuégiens lui luent plusieurs hommes. Il les indique comme étant d'une stature ordinaire.1

L'Anglais Richard Hawkins (1593) dit que les Patagons du port Saint- Julien sont de haute taille, de véritables géans : il paraît, du reste, n'en parler que par ouï-dire.2

Sébald de Weert, dans la compagnie de Simon de Cord, vit en 1598 des naturels en pirogue, à l'entrée occidentale du détroit. Ceux-ci étaient petits : on en amena un en Hollande3. C'étaient évidemment des Fuégiens. Il rencontra , près de la baie Verte , « sept « canots de sauvages hauts de dix à onze pieds, autant « qu'on en put juger; car, dit- il, on ne les approcha « pas : on tira dessus, on en tua quatre ou cinq; le « reste, épouvanté, retourna à terre. Là, ces géans « arrachèrent de leurs mains des arbres qui paraissaient « de l'épaisseur d'un empan , et s'en firent des retran- « chemens. ... Le vice-amiral abandonna ces hommes « sanguinaires à leurs propres fureurs.4 » Cette relation

1. Voyez la relation écrite par Guil. Magoths, dans le recueil d'Harckhryt , t. III, p. 839.

2. Collection de Purchas, t. IV, liv. VII, ch. V. Il fait descendre les Patagons des Anglais , du prince Owen Guineth , dont les enfans s'embarquèrent au 12.e siècle et se perdirent.

3. Renneville, Recueil de la Compagnie des Indes, imprimé à Rouen, 1725, t. II, p. 300; de Brosse, HisL des navig., t. L", p. 283.

4. Quelle naïveté clans ce récit! Ne pourrait- on pas se demander lequel est le plus barbare ou le plus sanguinaire,

est évidemment fausse en plusieurs points. Sébald de Weert, en donnant aux naturels une taille aussi élevée, dit qu'il ne les approcha pas ; on peut en conséquence douter de l'exactitude de sa mesure; mais il y a plus... Les Patagons n'ont jamais été et ne sont pas encore navigateurs. Toute cette histoire est donc basée sur une rencontre avec les habitans fuégiens, et leur taille si élevée n'exista, sans doute, que dans l'imagination de l'écrivain.

Olivier de Noort , Hollandais , vit en 1 599 , au port Désiré, des Patagons de grande stature, qu'il ne désigne pas1, tout en décrivant bien leurs armes. A l'ouest du détroit de Magellan il s'empara de plusieurs enfans des sauvages; et, plus tard, apprit de l'un d'eux qu'il était de la nation à'Enoo; que, parmi les habitans du détroit, il y avait plusieurs autres tribus de la même race de peuples navigateurs et de moyenne taille; que ceux-ci se nommaient Kemenettes , Kennekas et Karaikes ; que les Patagons ou grands hommes étaient connus d'eux sous le nom de Tiremenen. D'après cette relation, il était assez facile de distinguer les véritables Patagons des Fuégiens, nation de petite taille du détroit; et dès-lors la confusion , à cet égard , n'aurait pas dû régner jusqu'à nos jours.

de celui qui répand le sang d'hommes inofï'ensifs , ou de ceux qui cherchent à se défendre, lorsqu'on les attaque aussi brusquement?

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