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îles boomerangs, des hameçons et des tilets; les Hottentots avaient des arcs et des flèches, des filets, des hameçons, de la poterie, et même une certaine connaissance du fer : loutes choses qui semblent avoir été inconnues aux habitants de l'ile de Pâques, qui leur auraient rendu de grands services, et que, à l'exception du fer, ils auraient pu iuventer et mettre en usage.
Si l'exemple de l île de Pâques était le seul, l’absence d'arcs et de flèches s’expliquerait peut-être d’une façon plausible par le manque de gibier, la rareté des oiseaux et l’isolement de la petite île, qui en écartait presque tout risque de guerre. Mais un tel argument ne peut s’appliquer aux autres cas qui sont spécifiés dans la table. Comparons, par exemple, les tribus atlantiques des Indiens de l'Amérique du Nord, les Australiens, les Cafres, les Bosohimans, les Néo-Zélandais et les insulaires de la Société. Tous ces peuples étaient constamment en guerre, et les deux premiers vivaient en grande partie du produit de leur chasse. Ils avaient donc au moins des besoins analogues. Pourtant les seules armes qui leur fussent communes étaient la lance, et peut-être la massue. Les Américains du Nord avaient de bons arcs et de bonnes flèches, les insulaires de la Société et les Boschimans en avaient de mauvais (ceux des premiers étaient, en effet, si faibles, qu'ils ne pouvaient être employés à la guerre); les Australiens, les Cafres et les Néo-Zélandais n’en avaient pas. D’autre part, les Australiens possédaient le bâton de trait et le boomerang; les insulaires de la Société se servaient de la fronde; enfin, les Néo-Zélandais, outre de puissantes massues, avaient de nombreuses et vastes fortifications. C’est une chose très-singulière, à coup sûr, que des peuples aussi belliqueux et, ii bien des égards, aussi avancés que l'étaient les Maories et les Cafres n’aient, point connu l’arc et la flèche, armes dont se servaient plusieurs races très-inférieures, telles que les naturels de la Terre de Feu, les Chinooks, les insulaires des Andaman et les Boschimans. Cela est d'autant plus étonnant, qu’on ne peut douter que les Néo-Zélandais au moins n’eussent trouvé l’arc fort