DF, L’EMPLOI DE LA PIERRE DANS L’ANTIQUITÉ
Il existe une autre classe de hachettes de pierre, celles perches d’un trou pour recevoir le manche. Par la nature mémo du silex.
Fis. 74.
Fie. 75.
facloirs.
Fie. 77.
Fie. 78.
Iladoii cqimnau.
il est difficile qu’elles soient faites avec ce minéral; aussi sontelles excessivement rares. 11 y a cependant deux de ces hachettes
r»E l.’F.MPI.OI DF, FA PIF.RRF. DANS L’ANTIQIITÉ. au musée de Copenhague, pour lesquelles l’ouvrier a ingénieusement tiré parti d’un trou naturel dans le morceau de silex qu’il
Fie. 79.
Fie. 80.
Fie. 8!.
Hache danoise.
Fig. 82.
Fie. 83.
Hache do la Nouvelle-Zélande.
employait. Il est fort douteux que cette classe d’instruments appartienne véritablement à l’Age de pierre. Ces haches percées
DE l/EMPI.OI DE LA PIERRE DANS L’ANTIQl'ITÉ. se trouvent ordinairement dans les tombeaux de la période de
1 àge de bronze, et il est très-probable (pie ce mode d’emmanchement était fort rarement employé, s’il l’était jamais, avant que la découverte du métal ne rendît ce procédé beaucoup plus facile qu'il ne pouvait l’étre auparavant.
Les soi-disant « racloirs » (fig. lh, 75, 105, 106) sont des pierres oblongues arrondies à une extrémité amenée à cette forme par une série de petits coups. L’un des côtés est plat, l'autre, ou côté extérieur, est plus ou moins convexe; quelquefois ils ont un manche court, ce qui les fait beaucoup ressembler à une cuiller. On a trouvé ces instruments en Angleterre, en France, au Danemark, en Irlande, en Suisse et dans d’autres pays. Ils ont de 1 à h pouces de longueur et de 1 pouce 1/2 à 2 pouces du largeur. Les figures 76-78 représentent un racloir esquimau moderne. Ces spécimens modernes ont une forme identique avec celle des anciens.
J’ai donné aux petites « haches » triangulaires (üg. 79-81), qui se trouvent surtout dans les kjôkkenmôddings et les dépôts sur les côtes, le nom de haches, d'après lequel on les désigne ordinairement, mais sans vouloir préjuger la question de leur usage. Ces haches sont plates d’un côté et plus ou moins convexes de l’autre; elles sont grossièrement triangulaires ou quadrangulaires, et le côté coupant est l’extrémité la plus large ; elles ont de 2 pouces 1 / 2 à 5 pouces 1/2 de longueur, et de 1 pouce 1 / 2 à
2 pouces 1/2 de largeur. Elles ne sont jamais polies et le coupant, quoique pas très-aigu, est très-fort, formé qu’il est par un plan joignant le côté plat par un angle très-obtus. Le professeur Steenstrup ne croit pas que ces instruments curieux et particuliers aient été destinés à servir de bâches; selon lui c’étaient plutôt des poids pour les lignes à pêcher, et, à l’appui de cette proposition, il cite quelques objets de pierre, presque semblables, que les Esquimaux emploient pour cet usage. Le soi-disant côté aigu n’a, toujours selon lui, jamais pu être employé à trancher, et il n’y voit que le résultat de la forme la plus utile aux pécheurs.
DE L’EMPLOI DE LA PIERRE DANS L’ANTIQl ITÉ.
Il appelle aussi l'attention sur les facettes polies, qui se voient à leur surface, ce qu'il regarde comme une preuve de ce qu’il avance.
11 faut certainement admettre que beaucoup de ces « haches » n’ont jamais pu servir à trancher, mais on peut regarder celleslà comme des spécimens imparfaits. 11 est vrai que les deux surfaces constituant le coupant forment, en se rencontrant, un angle très-obtus, mais il faut se rappeler aussi que, si cette forme nuit au tranchant, elle ajoute beaucoup à la force. En outre, cet angle est presque exactement le même que celui que nous trouvons dans les haches employées par les habitants de la Nouvelle- Zélande et des indigènes des îles de la mer du Sud. Les figures 8 -2-8 à représentent une hache moderne, apportée de la Nouvelle- Zélande, par le Rév. R. Taylor, et déposée au British Muséum; elle ressemble beaucoup aux haches types des kjôkkenmôddings. Le coupant, il est vrai, est poli, mais après tout il n’est pas plus uni que la cassure naturelle du silex. La projection qui se trouve sous les spécimens danois (fig. 81 a) est accidentelle et due à quelque particularité dans le silex. Cette surface est ordinairement aussi plate dans les spécimens danois que dans ceux de la Nouvelle-Zélande.
Les ciseaux ressemblent aux haches danoises par leurs côtés perpendiculaires, mais ils sont plus étroits et presque toujours polis. Un grand nombre de ces outils sont légèrement creusés d'un côté comme dans la figure 85.
Il existe un curieux instrument plat, semicirculaire, commun au Danemark, mais qu'on a très-rarement trouvé en Grande-Bretagne. Le bord convexe était certainement fixé à un manche de bois , car dans
Fie. 85.
Ciseau creux.