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POTERIE

Avant l’introduction des vases de métal, l’art du potier était ■encore plus important qu’il ne l’est à présent. Aussi les sites d’anciennes habitations se font-ils ordinairement remarquer par de nombreux fragments de poteries ; ceci est aussi vrai pour les anciennes stations indiennes que pour les villes celtiques d’Angleterre ou pour les villages lacustres de la Suisse. Ces fragments, cependant, sont ordinairement ceux de grossiers vases usuels, et c’est principalement dans les tuinuli qu’il faut aller chercher ces urnes et cos coupes mieux faites qui nous permettent de juger de l’état de Tait. Or, je ne connais pas en Grande- Bretagne une seule urne funéraire appartenant à une période auté-romaine, qui soit ornée d’une .ligne courbe. Il est inutile d’ajouter que ces urnes ne sont jamais décorées de copies d’animaux ou de plantes. Animaux ou plantes ne se trouvent pas non plus sur les objets de l’âge de bronze en Suisse, et je pourrais presque dire dans tout l'ouest de l’Europe, taudis que les décorations consistant en lignes courbes et en spirale sont éminemment caractéristiques de cette époque. Les idées décoratives de l'âge de pierre, d'un autre côté, se bornent, autant toutefois que nous pouvons en juger, à des agencements de lignes droites ; l’idée d’une ligne courbe ne semble même pas s’être présentée à leur esprit. L’impression de l'ongle ou d’une corde sur l’argile molle, telles sont les décorations les plus élégantes de leurs vases.

M. le docteur Wilson a fuit remarquer avec raison, que, quant il l’Europe, « on ne retrouve jamais aucun essai d’imiter une feuille ou une tleur, un oiseau, un animal, ou un simple objet naturel, quel qu’il soit; et quand, dans les objets de bronze de l’âge de fer, les formes imitatives paraissent enfin, ce sont presque toujours des serpents et des dragons, formes empruntées

ARCHÉOLOGIE DE L'AMÉRIQUE DU NORD

sans doute, ainsi que leurs singulières idées mythologiques, par les aventuriers celtiques ou teutons, au berceau oriental de leur race. » L’art américain était dans un état bien différent.

« L’art du potier avait atteint une grande perfection. » Quelques vases trouvés dans les tumuli rivalisent, dit-on, par leur élégance de forme, leur délicatesse et leur Uni, avec les plus beaux spécimens péruviens. La substance employée est de la belle argile, parfaitement pure dans les vases les plus délicats ; dans les plus grossiers, elle est mélangée de quartz réduit en poudre. Les Indiens ne semblent avoir connu ni l'usage du vernis, ni celui de la roue à potier, bien qu’«ils se soient servis sans doute d’un objet qui en approchait grossièrement, c’est-à-dire d’un bâton tenu par le milieu, et qu’on tournait à l’intérieur d’un morceau d’argile, empilé par un autre ouvrier » (1).

Les pipes sont peut-être les spécimens les plus caractéristiques de l’ancienne poterie américaine. Quelques-unes sont de simples fourneaux, qui ressemblent assez aux pipes ordinaires, dont elles ne diffèrent qu’en ce quelles n’ont pas de tuyau; ou appliquait apparemment les lèvres directement au fourneau. D’autres sont très-ornées ; beaucoup représentent des monstres ou des animaux, tels que le castor, la loutre, le chat sauvage, l'élan, l’ours, le loup, la panthère, le raton, l’opossum, l’écureuil, le morse, l’aigle, le faucon, le héron, le hibou, la buse, le corbeau, l’hirondelle, le perroquet, le renard, le coq de bruyère et beaucoup d’autres. Le fait le plus intéressant est la copie du morse; on en a trouvé sept dans les tertres de l’Ohio. 11 ne faut pas croire que ce soient là des sculptures grossières, à propos desquelles on pourrait facilement se tromper; non : « la tête tronquée, le museau épais demi-circulaire, les narines singulières, la lèvre supérieure saillante et ridée, les pieds ou nageoires si singuliers, les moustaches remarquables, tout est distinctement indiqué et fait immédiatement reconnaître l’animal » (2). Cet

(1) Squicr cl Davis, loc. cil., p. 195.

(2) Squicr cl Davis, loc. cit., p. 252.

ARCHÉOLOGIE DE l.'AMEltlUl E DE NORD.

animal curieux ne se trouve pas à présent au delà des cotes de la Floride, c’est-à-dire à 1000 milles de distance.

BIJOIX.

Les bijoux trouvés dans les tertres consistent en : grains, coquillages, colliers, pendants, plaques de mica, bracelets, gorgerins, etc. Le nombre des grains est quelquefois surprenant. Ainsi, le célèbre Grave Creek contenait trois ou quatre mille grains d éfaille, outre environ deux cent cinquante ornements de mica, plusieurs bracelets de cuivre et différents objets sculptés de pierre. Les grains sont ordinairement d’écaille, mais quelquefois aussi coupés clans des os ou dans des dents; leur forme est ordinairement longue, ronde ou oblongue ; quelquefois la coquille de l’Unio est coupée et enfilée de façon à montrer la surface convexe et nacrée de la coquille. Les colliers sont souvent faits de grains ou de coquillages, mais quelquefois aussi de dents. Les ornements de mica, consistent en plaques minces, percées d’un petit trou. Les bracelets sont de cuivre; on les trouve ordinairement autour du bras des squelettes, mais fréquemment aussi sur les autels. Ce sont de simples anneaux, faits au marteau avec plus ou moins d’habileté, et courbés de façon que les deux extrémités se rapprochent ou retombent l’une sur l’autre. Ce qu’on a appelé les « gorgerins » consistent en plaques minces de cuivre, toujours percées de deux trous, ce qui semblerait indiquer qu’on les portait comme décoration honorifique.

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