LES INDIENS QUI ONT ÉRIGÉ CES TERTRES
De même que le wigwam du Mandan moderne consiste en une couche extérieure de terre reposant sur une charpente de hois, de même aussi dans les anciens tumuli, le cadavre n’était protégé que par des poutres et des planches ; aussi quand ces dernières furent pourries, la terre s’effondra et écrasa le squelette placé à l’intérieur. Partie pour cette cause, partie parce que c’était la coutume d'enterrer dans d’antiques tumuli, ce qui rend quelquefois difficile la distinction entre les enterrements primitifs et les enterrements secondaires, il se fait que sur tant de milliers de tumuli nous n’avons que trois crânes bien conservés qui appartiennent certainement à l’ancienne race. Ces crânes sont sans contredit brachycéphaliquos; mais il est évident qu’il ne faut pas essayer de raisonner sur des données aussi incomplètes.
On n’a encore découvert aucune preuve de la connaissance d'un alphabet, aucune trace de briques cuites, et autant que nous pouvons en juger d’après leurs armes, leurs bijoux et leurs poteries, les tribus qui ont élevé les tertres ressemblaient beaucoup, tout au moins, à quelques tribus indiennes modernes, et les travaux de terrassements, quoiqu'ils diffèrent en grandeur, s’accordent par la forme avec ceux aujourd’hui ou dernièrement encore en usage. Cependant cette grandeur même suffît pour prouver qu’à quelque époque reculée les grandes vallées des États-Unis devaient être beaucoup plus peuplées qu’elles ne l’étaient quand elles ont été découvertes par les Européens. Le nombre immense de petits terrassements, et les tertres qui peuvent se compter par milliers et par dizaines de mille, peuvent indiquer, soit un long laps de temps, soit une population considérable; mais dans d’autres cas l’alternative ne nous est pas permise. Les constructions de Newark; le tertre près de Florence, dans l’Alabama, qui a 45 pieds de haut sur h 'i 0 pieds de circonférence à