‹ L'homme avant l'histoireChapitre 49 sur 124 · ARCHÉOLOGIE OK I/AMÉRIUI'F. OC NORD · texte numérisé non relu

ARCHÉOLOGIE OK I/AMÉRIUI'F. OC NORD

la base, avec un sommet de niveau de 150 pieds de circonférence; le monticule encore plus grand sur la rivière d’Etowah, aussi dans l'Alabama, monticule (pii a plus de 75 pieds de hauteur avec une circonférence de 1200 pieds à la base et de 140 pieds au sommet; les remblais à l'embouchure de la rivière de Scioto, qui ont plus de 20 milles de longueur; le grand monticule de Selserstown (Mississippi) qui couvre 6 acres de terrain; la pyramide tronquée de Cahokia dont nous avons déjà parlé ; tous ces travaux et bien d'autres que nous pourrions citer indiquent une • population à la fois considérable et stationnaire, population à laquelle la chasse n’aurait pas fourni des aliments suffisants, car On a calculé (pie, dans un pays couvert de forêts, tout chasseur, pour subvenir à ses besoins, doit avoir la libre disposition de 50 000 acres, et qui devait, par conséquent, tirer de l’agriculture une grande partie de ses ressources. « Il n’y a pas », disent MM. Squier et Davis, « et il n’y avait pas au xvp siècle une seule tribu d’indiens entre l’Atlantique et le Pacifique, sauf toutefois les nations à demi civilisées du Sud, qui eût les moyens de subsistance suffisants pour pouvoir appliquer à de tels ouvrages un travail improductif; il n’y en avait pas une seule non plus qui fût dans un état social tel qu’on pût contraindre le peuple à les entreprendre. » Nous savoits aussi que presque toutes les tribus indiennes, à cette époque, cultivaient le sol jusqu’à un certain point; on pourrait même prouver que depuis les temps historiques, les Indiens se livraient plus à l'agriculture qu’ils ne le font aujourd’hui. Ainsi, de Nonville estime que la quantité de mais détruit par lui dans quatre villages des Seneca se montait à 2400000 hectolitres.

M. Lapham(t) donne quelques raisons fort ingénieuses qui le portent à penser que les forêts du Wisconsin étaient à une époque pas très- reculée beaucoup moins abondantes qu’elles ne le sont à présent. D’abord, les plus grands arbres n’ont pro-

(1) Lac. cit., p. 90.

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bâillement pas plus de cinq cents ans; do grandes surfaces sont, en outre, couvertes de jeunes arbres, et l’on ne trouve dans ces endroits aucune trace d une végétation précédente. Chaque année bien des arbres sont renversés par des orages violents qui traversent la forêt renversant tout sur leur passage. M. Lapham donne une carte de ces destructions produites ainsi dans un district; elles sont très -remarquables, d’abord, parce que les arbres, conservant une certaine quantité de terre au milieu de leurs racines, continuent à végéter; et en second lieu parce que quand les arbres eux-mêmes sont morts et tombés en pourriture, la terre ainsi arrachée forme de petits monticules, que les personnes peu expérimentées dans ces sortes de recherches prennent souvent pour des tombeaux indiens. « La petite quantité de ces monticules nous porte à penser qu’on ne peut pas assigner une très-grande antiquité aux épaisses forêts du Wisconsin, car si le climat n’a pas matériellement changé, on devrait s’attendre à trouver un grand nombre de ces petits tertres disséminés partout sur le sol. »

Mais il y a des preuves plus concluantes d’une antique agriculture. Le sol dans bien des endroits est couvert de petites élévations mamillaires que l’on connaît sous le nom de buttes «à maïs. « Aucun ordre ne préside à leur arrangement, elle sont disséminées sur le sol avec la plus grande irrégularité. La coutume actuelle des Indiens est une présomption que ces buttes ont été faites ainsi que leur nom l’indique. On plante chaque année le maïs au même endroit et les additions constantes finissent par former un petit monticule (1). » M. Lapham a aussi trouvé des traces d’une culture plus ancienne et plus systématique. Elle consiste en billons bas parallèles comme si le grain avait été semé en lignes. Ils ont ordinairement ti pieds de largeur, car on en a compté 25 sur un espace de 100 pieds; la profondeur du sentier qui les sépare est d’environ 6 pouces. Ces « anciens

(1) Lapham, toc. cil., p. 19.

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jardins » , c’est le nom qu’on leur a donné, indiquent un système antique de culture plus parfait que celui qui existe aujourd’hui, car les Indiens modernes ne paraissent pas posséder les idées de goût et d’ordre nécessaires pour les mettre à même d’arranger les objets en rangées consécutives. Des traces de cette sorte de culture, quoique peu abondantes, se trouvent dans diverses autres parties de l’État du Wisconsin. Les jardins varient do grandeur, couvrant généralement de ‘20 à 100 acres. En règle générale, on les trouve dans les terrains les plus riches, tels que celui que l’on trouve dans les prairies et dans les plaines ombragées de chênes. Dans ce dernier cas, cos arbres sont fort considérables. »

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