‹ L'homme avant l'histoireChapitre 53 sur 124 · I .IiS 110MMKS DES C.WEHNES · texte numérisé non relu

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entraîné une masse d’ossements de différentes espèces éteintes », il ne s’ensuivrait pas que l’homme ait vécu à la même époque que ces espèces éteintes.

En 18/iO, M. Godwin Austen communiqua à la Société géologique un Mémoire sur ia géologie du sud-est du Devonshire (I), et, dans sa description du trou de Kent, auprès de Torquay, il dit que les « restes humains et les travaux d’art, tels que tètes de lance et couteaux de silex, se trouvent dans toutes les parties de la caverne et dans toute l’épaisseur de l’argile; on ne peut remarquer aucune distinction, basée sur la condition, la distribution ou la position relative, (pii puisse faire séparer les restes humains des autres restes, qui comprennent des ossements d’éléphants, de rhinocéros, de bœufs, de daims, d’ours, d’hyènes et d’un animal de grande taille appartenant à la race féline. »

Il ajoute, avec beaucoup de justesse, que la valeur « de semblables constatations dépend beaucoup du soin qu'un collecteur apporte à de telles fouilles; je dois donc constater que les recherches que j’ai entreprises ont toujours été faites dans des parties de la caverne qui n’avaient jamais été fouillées, et que toujours j’ai tiré les ossements de dessous une couche épaisse de stalagmites; ainsi donc les ossements et les ouvrages de l’homme ont été introduits dans la caverne avant que cette couche de stalagmites n’ait été formée. » Ces résultats obtenus attirèrent toutefois peu d’attention ; et les assertions que fit M. Vivian, dans un mémoire lu devant la Société de géologie, parurent si invraisemblables, que le mémoire qui les contenait ne fut pas publié.

En mai 1858, le docteur Falconer appela l’attention de la Société de géologie sur une caverne récemment découverte à Brixham, près de Torquay, et cette Société nomma une commission pour l’aider dans ses recherches. On obtint, dans le même

(1) Transactions ofthe Oeol. Su:., sér. 2, vol. VI, p. 433.

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LES HOMMES DES CAYEHNES

but, aide pécuniaire de la Société royale et de miss Burdett Coutts. Outre le docteur Falconer, M. Pengelly, M. Prestwich et le professeur Bainsay furent chargés des recherches. En septembre 1858, celte commission lit un rapport préliminaire à la Société de géologie ; mais il est à regretter que les résultats des fouilles n’aient pas encore été publiés m extenso.

Les dépôts dans la caverne étaient, en descendant :

1° Stalagmites d'une épaisseur irrégulière.

2° Terre ocrcuse des cavernes avec breceia de pierre calcaire.

3° Terre ocrcuse des cavernes avec argile schisteuse pulvérisée.

/i° Gravier roulé.

Les débris organiques appartenaient aux espèces suivantes :

1° Rhinocéros lichorhinus. Dents en quantité considérable.

2* llos s}>. Dents, mâchoires et autres os.

3° Eqnus sp. Quelques débris.

h° C’ervus tarundus. Le Hernie. Crâne et bois.

5° Cervus sp. Bois.

6° Ursus spclœus. L'ours des cavernes. Mâchoires inférieures, dents et les os d'une jambe de derrière.

7° Hyœna spelœa. Mâchoires inférieures, dents, fragments de crânes et autres ossements.

On trouva, mêlés à ces ossements, des éclats de silex qui, selon toute apparence, remontaient à la même époque. Ils se trouvaient à différentes profondeurs, de 10 pouces à 1 1 pieds, quelques-uns étaient dans le gravier, au-dessous de toute la terre ocreuse de la caverne. On découvrit l’un d’eux tout auprès des os de la patte gauche de derrière d’un ours des cavernes; ces os comprenant non-seulement le fémur, le tibia et le fil^ula, mais môme la rotule et l’astragale se trouvaient dans leur position respective. 11 est donc évident que ce membre doit avoir été emprisonné à cet endroit, alors qu’il était encore frais ou tout au moins tandis que les ligaments retenaient encore les os assemblés. Or, comme ces os ont dû être déposés peu après la mort de

LES HOMMES OES CAVERNES

l’animal, il s’ensuit que si l’homme et l'ours des cavernes n’étaient pas contemporains, l’ours des cavernes est le plus récent des deux.

Le docteur Falconer a aussi trouvé, dans la grotte de Maccagnone, en Sicile, des traces humaines consistant en cendres et en grossiers instruments de silex dans une brèche contenant des os de l’ Elephas antiquus , de l’hyène, d’un grand Ursus. d’un ^/«(probablement F. spelœa), et surtout un grand nombre d’ossements appartenant h Y Hippopotamus. Le « ceneri impastate » ou concrétion de cendres, avait autrefois rempli la caverne et un grand morceau de breccia d’os était encore cimenté au toit par une stalagmite, mais, grâce à quelque changement dans le cours des eaux, la plus grande partie avait disparu. La présence de l’ hippopotame prouve suffisamment que les conditions géographiques du pays devaient être bien différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui; mais je ne saurais mieux faire que de citer ce que le docteur Falconer dit lui-mème de ses observations :

« Le grand nombre d’ Hippopotami implique que, à une époque géologique peu reculée, la condition physique du pays doit avoir été bien différente de ce qu elle est aujourd’hui. 11 pense que tous les dépôts au-dessus de la brèche osseuse ont été* accumulés jusqu'à la voûte par des matériaux apportés d’en haut à travers des crevasses formée dans le rocher, et que la couche supérieure, consistant de la brèche de coquilles, d os brisés, d’objets siliceux, d’argile cuite, de morceaux de charbon, de coprolithes d’hyènes, avait été cimentée jusqu'à la voûte par des infiltrations stalagmitiques. La présence d'uue fragile Helices entière, prouve que cet effet a été produit par la tranquille action de l’eau et non pas par une action tumultueuse. Rien n’indique que les différents objets dans la brèche de la voûte ne sont pas contemporains. Subséquemment un grand changement physique altérant le cours de l’eau à la surface et des sources souterraines , toutes les conditions précédemment existantes

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