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e crâne «le Ncanriertlial

ANTKJUTK DE L’HOMME.

d’eux fut trouvé, par le docteur Schmerling, dans la caverne d’Engis, près de Liège ; l'autre, par le docteur Fuhlrott, aussi dans une caverne à Neanderthal, auprès de Dusseldorf.

Le premier de ces deux crânes (fig. 143, 144) aurait pu être celui d’un Européen moderne, quant à la forme, tout au moins. « Aucune partie de sa structure n’offre la moindre trace de dégradation. C’est, en un mot, un crâne humain qui rentre dans la moyenne, qui aurait pu être celui d’un philosophe ou contenir le cerveau inintelligent d’un sauvage (1). »

« Le crâne de Neanderthal (fig. 145-147), ajoute-t-il, est tout différent. De quelque point de vue que nous examinions ce crâne, soit (pie nous en observions la dépression verticale, l'énorme épaisseur des arcades sourcilières, l'occiput fuyant ou la longue et droite suture écailleuse, nous trouvons partout les caractères du singe, et c'est certainement le crâne humain le plus pithéeoïde qu’on ait encore découvert. » On a suggéré que ce crâne de Neanderthal était peut-être celui d’un idiot. Cette hypothèse, cependant, n’a aucune raison d’être ; car, quoique la forme du crâne soit si remarquable, le cerveau paraît avoir été considérable : il est estimé par le professeur Huxley à 75 pouces cubes, ce qui est la capacité moyenne des crânes polynésiens et hotlentots. 11 faut admettre cependant que, quoique l’antiquité de ce crâne soit sans doute considérable, il n’y a pas de preuve concluante qu’il appartienne à l’époque des mammifères éteints. En outre, comme M. Busk l'a déjà fait remarquer (*2), « il reste encore à déterminer si la forme en question est simplement une particularité individuelle ou un caractère typique » .

Quant au crâne d’Engis, il y a tout lieu de croire qu’il appartenait réellement à un homme contemporain du mammouth, de l’ours des cavernes et d’autres mammifères éteints, et dans ce cas, comme le professeur Huxley l'a si bien fait remarquer, « il est inutile (jue ceux (pii adoptent, sous quelque forme que ce

(1) Huxley, Man's place in Sature, p. 15G.

(2) Nat. Ilist. Rev., 1801, p, 172,

soit, la doctrine du développement progressif, cherchent plus longtemps dans les couches tertiaires nouvelles la souche primordiale d’où l’homme est sorti ; il faut la chercher à une époque plus éloignée de l’âge de X'Elcpkas primigcnius, que celui-ci n’est éloigné de nous. »

Déjà M. Desnoyers fl) a appelé l’attention à des traces remarquées par lui sur des ossements trouvés dans les couches pliocènes supérieures de Saint-Prcst, ossements appartenant à YElephas mcridionalis , au Rhinocéros leptorhinus, à l 'Hippopotamus major y à plusieurs espèces de daims (y compris le gigantesque Megaceros Carnutonnn, Langel), et à deux espèces de Dos. M. Desnoyers a examiné un nombre considérable de ces ossements, et il conclut « que les entailles, que les traces d’incisions, d’excoriation ou de choc, que les stries transversales, rectilignes, ou sinueuses, ou elliptiques, plus aiguës à une extrémité qu’à l’autre, tantôt polies, tantôt subdivisées en plusieurs stries plus fines occupant la cavité des premières ; en un mot, que des traces tout à fait analogues à celles que produiraient les outils de silex tranchants à pointe plus ou moins aiguë, à bords plus ou moins dentelés, se voyaient sur la plupart de ces ossements. »

Parmi les ossements de daims se trouvaient plusieurs crânes, tous brisés de la même manière, c’est-à-dire par un coup violent porté entre les cornes et à leur base. M. Steenstrup a remarqué des fractures semblables sur d’autres crânes de ruminants moins anciens, et actuellement encore quelques tribus septentrionales traitent de la môme façon les crânes des ruminants. Grâce à la courtoisie de M. Desnoyers, j’ai pu examiner quelques ossements entaillés de Saint-Prcst. I/’s traces d’incisions s’accordent exactement avec la description qu’il en fait, et quelques-unes, au moins, me semblent d’origine humaine; en même temps, et dans l’état actuel de nos

(1) Comptes rendus, 8 juin 186J.

ANTIQUITÉ DK L'HOMME.

connaissances, je ne serais pas prêt à affirmer que ees traces n’ont pas pu être faites d’une autre façou.

Sir Charles Lyell lui-même pense que nous pouvons nous attendre à trouver les restes de l’homme dans les couches pliocènes, mais là il tire une ligne de démarcation, et dit que, a si dans l’àge miocène, quelque être raisonnable représentant l’homme avait vécu, nous aurions certainement retrouvé quelques signes de son existence sous forme d’instruments de pierre ou de métal, plus fréquents et plus durables que les ossements des mammifères».

Sans exprimer aucune opinion quant à l’état mental de nos ancêtres de l’époque miocène, il me semble évident que l’argument tiré de l’absence de restes humains, quelle que soit sa valeur, peut aussi bien s’appliquer à l’époque pliocène qu’à l’époque miocène. Mais ceux qui ont appris la géologie aux pieds de Sir Charles Lyell, et qui le regardent comme leur maître dans la science, seront ceux mêmes qui, sur ce point, seront le moins d’accord avec lui, car Sir Charles Lyell a déploré presque aussi vivement que M. Darwin l'imperfection des archives géologiques. 11 est vrai qu'on n’a jusqu’à présent retrouvé que fort peu d'espèces ou même de genres actuellement existant dans les couches miocènes; mais si l’homme constitue, comme le pensent les plus hautes autorités de la science, une famille séparée de mammifères, alors, d'après toutes les analogies paléontologiques, il doit être représenté dans l’ûgc miocène. 11 est inutile, cependant, de nous attendre à eu trouver des preuves en Europe; nos plus proches parents dans le royaume animal vivent dans des contrées chaudes, presque tropicales, cl c’est dans ces contrées qu’il faut aller chercher les premières traces de la race humaine.

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