‹ L'homme avant l'histoireChapitre 66 sur 124 · LES TASMANIENS · texte numérisé non relu

LES TASMANIENS

Les habitants de la terre de Yan-Diemen étaient absolument aussi misérables que ceux de l’Australie. Suivant le témoignage du capitaine Cook, ils n’avaient ni maisons, ni vêtements, ni canots, ni engins pour pêcher le gros poisson, ni filets, ni hameçons; ils vivaient de moules, de pétoncles, de bigorneaux, et leur seule arme était une perche droite, dont un des bouts était aiguisé (1) . M. Dove nous apprend qu’ils sont entièrement dépourvus « d’idées et de sentiments moraux ». C’est à peine, en effet, s’il semble les considérer comme des êtres doués de raison (2) . Ils ne peuvent exprimer des idées abstraites et n’ont pas même de mot pour exprimer « un arbre ». Quoiqu'ils connaissent bien le feu, plusieurs tribus au moins paraissent ignorer comment on se l’est procuré à l’origine, et comment on pourrait le rallumer s'il venait à s’éteindre. « Dans toutes leurs courses, dit M. Dove, ils emportent, avec un soin tout particulier, de quoi alimenter le feu. Leur mémoire ne leur fournit point d’exemple d’un temps où ils fussent obligés de faire appel à leurs ressources d’invention pour ressusciter un élément aussi indispensable que l’est la flamme, à leur santé et à leur bien-être. Comment cet élément est venu primitivement en leur possession , ils ne le savent pas. Que ce soit un présent de la nature ou un produit de l'art et de l’industrie humaine, ils ne peuvent se rappeler une époque où il leur ait manqué.... Ce sont les femmes qui sont spécialement chargées de porter en main un tison, dont elles ravivent avec soin la flamme de temps en temps, quand elle menace de s’éteindre » (3).

(1) Cook, Troisième voyage, vol. I, p. 100.

(2) Dove, Tasmanian Journ. of naJ. Sc., vol. I, p. 249.

(3) Dove, Tasmanian Journ • ofnal.Sc., vol. 1, p. 250.

LES SAUVAMES MODERNES.

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