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I.ES SAl-'VAfiES MODERNES

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allongé, ou que peut-être ou attachait à un petit manche do bois(i). » Toutefois la comparaison des anciens grattoirs avec ces spécimens modernes auxquels ils sont parfaitement identiques en a expliqué de tout point la véritable nature et l’objet. La manière de préparer les peaux est à la fois curieuse et ingénieuse, mais très-malpropre.

Les vêtements des Esquimaux sont faits de peaux de renne, de veau marin et d’oiseaux, cousues ensemble avec des nerfs. Ils emploient comme aiguilles des os d’oiseau ou de poisson, et pourtant, malgré la grossièreté de ces instruments, leurs coutures étaient très-solides et très-bonnes. Le vêtement de dessus, pour les hommes, ressemble à un court surtout, avec un capuchon qu’on peut ramener sur la tète, et qui tient lieu de chapeau ou de bonnet. Leurs vêtements de dessous, ou chemises, sont faits de peaux d’oiseaux ou de bêtes, dont on retourne intérieurement les plumes ou les poils; quelquefois, cependant, ils y ajoutent une autre chemise faite avec les entrailles du veau marin. Les chausses « dont pendant l’hiver ils portent aussi deux paires, disposées semblablement quant au poil (2), sont ou de peau de veau marin ou de peau de renne, et pour leurs bas ils emploient la dépouille d’animaux très-jeunes. Les bottes sont de cuir de veau marin, doux et noir, et parfois, eu mer, ils portent un grand pardessus de même substance. Leurs habits sont généralement très-gras et très-sales, et ils fourmillent de vermine. Le costume des femmes ne diffère pas beaucoup de celui des hommes.

Leurs principaux ornements sont les « labrets » , morceaux de pierre ou d’os poli qu’ils portent à la lèvre inférieure ou aux joues. Le trou est fait dès la première enfance et élargi peu à peu par uue série de « cônes » (3). Toutefois les tribus de l’est ne font pas usage de ces « labrets ». Selon Richardson, on les

(1) Voyez Archœologia, \ol. XXXVIII, p. 415.

(2) Parry, lue. cit., p. 495.

(3) Voyuge de Vancouver, vol. VII, p. 2“ü ; v yez aussi p. 408. — Belehcr, /oc. cil., p. 141.

LES SAUVAGES MODEHNES.

porte depuis le détroit de Behring jusqu'au fleuve Mackenzie (1). Les autres ornements consistent en bandes de fourrures de diverses couleurs, et en guirlandes de dents, ordinairement celles du renard ou du loup. Chez les Esquimaux que visita le capitaine Lyon, les hommes se réservaient toutes les parures (2). Quelques tribus ont l’habitude de se tatouer.

Iæs hommes vont à la chasse et à la pèche. Ils fabriquent les armes et les ustensiles et préparent le bois pour les bateaux. Les femmes (3) font la cuisine, préparent les peaux, et fout les vêtements. Ce sont elles aussi qui exécutent les réparations des maisons, des tentes et des canots, car les hommes ne font que la charpente. Quoiqu’elles ne paraissent pas être traitées trèsdurement, néanmoins la condition des femmes est « pénible et presque celle des esclaves » , bien que peut-être, après tout, elles ne soient pas plus malheureuses que les hommes.

Les Esquimaux ne sont pas tout à fait sans musique. Ils ont une espèce de tambour, et ils chantent, soit seuls, soit en chœur. Ils connaissent plusieurs sortes de jeux ((i), tant de force que d’adresse, et ils sont passionnés pour les danses, lesquelles sont souvent très-indécentes. Un de leurs jeux ressemblait à notre eut s-cradle (5), et Kane vit les enfants, dans le détroit de Smith, jouer au hockey sur la glace. Les Esquimaux ont aussi beaucoup d’aptitude naturelle pour le dessin. Dans plusieurs cas, ils ont fait pour nos officiers des cartes grossières qui étaient matériellement exactes.

D’après Crantz, les Esquimaux du Groenland « n’ont ni religion, ni culte idolâtrique, et l’on ne remarque chez eux aucune cérémonie qui y tende (6). Cette assertion a été confirmée par

(1) Hichardson, Expédition arctique, vol. I, p. 355.

(2) Journal de Lyon, p. 315.

(3) Cranlz, p. 165.

(5) Egcde, /oc. cit., p. 162.

(5) Hall, loc.cil., vol. VII, p. 316.

(6j Cranlz, lue. cil., p. 197.

LES SAI'VAUES MODERNES

plusieurs autres observateurs (1). Toutefois leurs cérémonies funèbres ont paru indiquer une croyance à la résurrection. Généralement ils disposent le corps dans la position assise, eu’ ramenant les genoux sous le menton, et ensuite ils enveloppent le cadavre dans une de leurs meilleures peaux. Pour la sépulture, ils choisissent un lieu élevé, et sur le corps ils entassent un monceau de pierres. Près de la personne décédée, quelques-uns placent ses ustensiles, et même parfois, si c’est un homme, sou kajak, croyant, à ce qu’on a dit, qu'il s’en servira dans le nouveau monde où il va entrer. Mais Egede ('2) nie formellement que telle soit leur pensée en agissant ainsi. Cette manière de voir est également confirmée par Wall, suivant lequel les Esquimaux ont une répugnance superstitieuse à employer et même à loucher quoi que ce soit qui ait été dans une maison où il y a eu un cadavre (3). Quand donc une personne est mourante, ils placent à ses côtés tout ce qui peut adoucir et soulager ses derniers moments, puis ils abandonnent l'igloo, ou maison, qu’ils ferment de façon à le convertir ainsi eu tombeau. Crantz nous dit « qu’ils déposent une tête de chien près de la tombe d'un enfant, parce que l ame d'un chien sait trouver son chemin partout, et montrera à l’ ignorant baby la route du pays des tunes ». Ce fait est admis par Egede. Le capitaine Cook vit des monticules funèbres de terre et de pierres à Unalashka. Un de ces derniers était près du village, et il remarqua que chaque passant y jetait une pierre (h). Les enfants, s’ils ont le malheur de perdre leur mère, sont toujours enterrés avec elle, et les personnes âgées et languissantes sont quelquefois enterrées toutes vives, ce qui est considéré comme un bienfait destiné à leur épargner les souffrances

(1) Ross, Baie Je Ba/pn, vol. I, p. 175. — Voyage do découverte, p. 128. — Parrjr, loc. cit., p. 551. — Richardson, Expédition arctique, vol. II, p. 44. — Egede, toc. cit., p. 183.

(2) Egede, loc. cit., p. 151.

(3) Hall, loc. cit., vol. I, p. 201; vol. Il, p. 221.

(4) Cook, Voyage dans l’océan Pacifique, vol. Il, p. 521.

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