‹ L'homme avant l'histoireChapitre 82 sur 124 · MS I.ES SAL'VACKS MODERNES · texte numérisé non relu

MS I.ES SAL'VACKS MODERNES

d’une mort lente. Une idée superstitieuse des Esquimaux observés par le capitaine Parry, c’est que tout poids pesant sur ’ un cadavre causerait au défunt une sensation douloureuse. Une telle croyance eût naturellement, dans un pays plus favorisé, donné lieu à des tombeaux voûtés; mais dans l’extrême nord, elle n’a d’autre résultat (pie de faire couvrir très-légérement les corps morts : aussi les renards et les chiens les déterrent fréquemment et les mangent. Les naturels regardent cette profanation avec la plus profonde indifférence ; ils laissent les ossements humains gisants près de leurs huttes pêle-mêle avec ceux des animaux qui leur ont servi de nourriture : autre raison de douter que leurs usages funéraires puissent être considérés comme une preuve satisfaisante de quelque croyance générale et bien définie à une résurrection, ou qu’en enterrant certains objets avec le corps de leurs amis, ils supposent réellement que ceux-ci en feront usage. En somme, les pratiques fuuèbres chez les Esquimaux offrent une ressemblance curieuse avec celles que nous attestent les anciens tombeaux de l’Europe septentrionale et occidentale.

Quant au caractère, les Esquimaux sont un peuple tranquille et paisible. Ceux que Ross a observés dans la baie de Badin « ne pouvaient comprendre ce qu’on entendait par guerre, et ils n’avaient aucune arme de combat » (1). Comme d’autres sauvages, ils ressemblent aux enfants sous un grand nombre de rapports. Ils sont si faibles en arithmétique, que « compter jusqu’à dix est une fatigue, et jusqu’à quinze une impossibilité pour beaucoup d’entre eux » (2). Le docteur llae, dont on connaît la partialité à l’endroit des Esquimaux, nous assure que si l’on demande à un homme combien il a d’enfants, il est d’ordinaire fort embarrassé. Après avoir compté quelque temps sur scs doigts, il consultera probablement sa femme, et tous deux dif-

(t) Ross, loc. cil., p. 18(5.

Parry, loc. cil., p. 251.

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