‹ L'homme avant l'histoireChapitre 83 sur 124 · LES SA L VAL LS MOOEHNES · texte numérisé non relu

LES SA L VAL LS MOOEHNES

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feront souvent dans leur calcul, lors même que leur famille ne se monte pas à plus de quatre ou cinq personnes.

Ils sont excessivement sales. En considérant quelle difficulté ils ont à se procurer assez d’eau, même pour boire, durant la plus grande partie de l’année, nous ne pouvons peut être pas nous étonner qu’ils ne songent jamais à se laver. Leur mot pour dire saleté, ebork, n’emporte aucun sens odieux ni désagréable (1), mais, pour être juste, il ne faut pas oublier que la rigueur du froid, en empêchant la putréfaction, leur épargne une des principales raisons qui nous sollicitent à la propreté, et qu’en même temps elle rend l'eau si rare, qu’il leur devient presque impossible de se laver. En général, on ne peut avoir aucune confiance dans leurs promesses, non pas tant parce qu’ils ont l’intention de tromper, qu’à cause du caractère inconstant et mobile qui leur est commun avec tant d’autres sauvages. Entre eux, le chasseur ou le pêcheur qui a eu de la chance est toujours prêt à partager son veau marin ou son morse avec ses voisins moins favorisés du sort, mais il attend, comme chose toute naturelle, un service réciproque, le cas échéant. Ils ne donnent jamais rien sans espérer quelque chose d’équivalent en retour ; et comme ils sont incapables d’imaginer une autre manière d’agir, il en résulte qu’ils manquent complètement de reconnaissance. Toutefois le capitaine Ross et le docteur Rae observent que les Esquimaux qu’ils ont rencontrés n’étaient ni ingrats, ni d’un égoïsme particulier. A d’autres égards aussi, ils paraissent avoir montré la race sous un jour très- favorable. Sans être cruels, les Esquimaux semblent quelque peu dépourvus de cœur. A la vérité, ils n’éprouvent aucun plaisir à faire du mal, mais ils ne se soucient guère de faire cesser ni de soulager la souffrance d’autrui. Ce sont, en outre, de grands voleurs; toutefois, ainsi que l’observe avec raison le capitaine Parry (2), « il faut tenir compte du degré de tentation auquel ils étaient chaque jour exposés, au milieu des richesses

(1) Kane, Explorations arctiques, \ol. Il, p. 116.

(2) Parry, toc. cil., p. 522.

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