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nioux. La pointe est d'os ; nu milieu, est attachée une petite ficelle solide qui la relie à la hampe, à 2 pieds environ de la pointe. A l'extrémité inférieure de ce (pie nous appellerons le fer de la lance, il y a un petit creux peu profond et dirigé dans le sens de la pointe. C'est dans ce trou qu’on fait entrer le bout de la hampe. » Celle-ci, fabriquée avec du bois de saule léger, a environ 10 pieds de long. Lorsque le poisson est frappé, on tire à soi le bois de la lance, et la corde fait prendre immédiatement une position transversale à l'os qui sert de pointe. Les blets pour la pèche sont faits d’une écorce dont on obtient des cordes trèssolides, et sont de deux sortes : l’écope et la seine. Toutefois on en ignore l'usage dans les tribus du Nord, à l’ouest du fleuve Mackenzie (1). Les bateaux des Shoshonees méritent à peine ce nom, et ne semblent guère employés que comme bacs. Ils ont environ 8 pieds de long et sont construits en roseaux, mais on n’essaye nullement de les empêcher de prendre l’eau. D’autres tribus ont cependant des canots beaucoup meilleurs, soit d’écorce, soit creusés dans un tronc d’arbre. Les pipes sont grandes, et le fourneau est généralement de terre à foulon. Les nattes ont environ h pieds de long, sont faites de joncs, et servent soit comme lits, soit pour la construction des wigwams.
Ils se procurent le feu en tournant un morceau de bois dans un trou. Les Chippeways et les Natchez avaient, dit-on, une corporation de personnes spécialement chargées d’entretenir un feu perpétuel.
Les huttes ou wigwams sont généralement de deux sortes : l’une pour l’été et l’autre pour l’hiver. Schoolcraft décrit ainsi le wigwam d’hiver des Dacotahs : « Pour en construire un, il suffit de couper quelques jeunes arbres d’environ 15 pieds de long, dont on place le gros bout à terre suivant un cercle, et en laissant les cimes se rejoindre de manière à former un cône. On jette alors sur cette charpente des peaux de buffle cousues ensemble
(i) Richardson, Expédition arctique, vol. Il, p. 25.
LES SAUVAC.ES MODERNES
en forme de bonnet et assujetties avec des éclisses. Sur le sol, au centre du wigwam, on fait le feu, et la fumée sort par une ouverture pratiquée au sommet. Ces wigwams sont chauds et commodes. L’autre espèce de hutte est faite d’écorce, ordinairement celle de l’orme (i). » Les huttes des Mandans (2), Minatarees, etc., affectaient la forme circulaire, et avaient de 40 à 60 pieds de diamètre. On creusait la terre à une profondeur d’environ 2 pieds. La charpente était en gros bois, couverte de branches de saule, mais laissant un espace libre au milieu, pour servir à la fois de cheminée et de fenêtre. Sur la construction, on plaçait une épaisse couche de terre, et sur le tout une sorte d’argile dure, à l’épreuve de l’eau, et capable, avec le temps, d’acquérir beaucoup de consistance, à ce point que, quand il faisait beau, toute la tribu se livrait au far-niente sur le toit des buttes. Quoique ces habitations fussent quelquefois très-propres et très-bien tenues (3), ce n’était pas toujours là le cas. En parlant des Indiens du détroit de Nootka, le capitaine Cook (4) dit ce qui suit : « La saleté et la puanteur de leurs maisons sont au moins égales à la confusion qui y règne. En effet, comme c’est chez eux qu'ils font sécher leur poisson, c’est là aussi qu’ils le vident; ce qui, joint aux os et aux morceaux jetés par terre pendant les repas, ainsi qu’à toutes sortes d’autres ordures, forme partout des tas d’immondices, lesquels ne sont enlevés, je crois, que quand ils sont devenus assez considérables pour gêner la circulation. En un mot, leurs demeures sont aussi malpropres que des étables à porcs : tout, au dedans comme au dehors, sent le poisson, l’huile de baleine et la fumée. »
Les Indiens Wallawalla (5) de la Colombie creusent dans le
(1) Schoolcraft, loc. cil., vol 11, p. 191.
(2) Cette tribu, l'une des plus intéressantes, a été entièrement détruite par la petite vérole.
(3) Catlin, Indiens de l’Amérique , vol. I, p. 82.
(à) Cook, Troisième Voyaye, vol. II, p. 316.
(5) Kane, Indiens de l'Amérique du Sord, p. 272. — Expédition d'exploration dans les États-Unis, vol. IV, p. û52.