CHAPITRE PREMIER
Un crime comparable, pour les conditions organiques, au viol sur des mineurs, ou mieux encore à la blessure grave suivie de mort, a été observé par Iluber chez les fourmis mâles. Quand elles manquent de femelles, elles violent les ouvrières qui, ayant des organes sexuels atrophiés, en souffrent gravement et en meurent. (HuBER, Sur les abeilles, t. ii, p. 443). — Un exemple plus frappant encore a été observé par Houzeau: un coq viola un jeune poulet mâle qui en resta souffrant pendant plusieurs jours (ii, 291).
Lessona a vu en Egypte , dans les clos où l'on renfermait pendant la nuit plusieurs ânes ensemble, ces animaux commettre des actes sodomiques, quand les femelles leur manquaient.
Au musée de Turin on conserve encore deux mélolontes mâles accouplés et momifiés (Camerano).
Les vaches taureliennes sont ainsi nommées parcequ'elles remplacent le taureau auprès de leurs compagnes. Dans les grands poulaillers, où les mâles sont peu nombreux, la poule se comporte souvent comme un coq: de même, on observe des actes semblables entre les mâles dans les grands haras où les juments font défaut (Scarcey).
Un délit, analogue à la bestialité chez l'homme, est l'accouplement du cygne avec l'oie, de l'élan ou du bison avec la vache, accouplement qui donne des produits stériles et qui constitue des actes nuisibles aux deux espèces. (Houzeau, ii, 295). Houzeau a vu des chiens s'accoupler avec des louves et même un chien épris d'une ligresse. Aux environs de Turin on voit souvent des crapauds répandre leur sperme sur les œufs des grenouilles qui habitent les mêmes marécages. (Lessona).
Ainsi Espinas (Sociétés animales, p. 380), parle de mules qui, pour obéir à un instinct morbide de ma-
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lernité, savent par des artifices soustraire des poulains à leurs mères, se font suivre d'eux; et, ne pouvant les nourrir, les laissent mourir de faim, en commettant, ainsi, un rapt de mineurs suivi d'infanticide.
Les perroquets, bien que frugivores d'ordinaire, se jettent quelquefois sur leurs compagnons et leur vident le cerveau avec le bec. (Brehm, ii, 42).
Brehm (iv, p. 694), raconte que les cigognes massacrent souvent les petits de leurs compagnes sous leurs yeux, de même qu'elles tuent les membres de la tribu qui au moment de l'émigration se refusent à les suivre ou sont incapables de partir. Il ajoute que si, parmi ces oiseaux, il en est qui tolèrent le voisinage de leurs semblables, et s'y complaisent même, il y en a d'autres qui ne veulent les voir pas même de loin.
11. — Association de malfaiteurs parmi les animaux. — Les castors sont ordinairement doux et sociables. Toutefois Figuier raconte que trois castors s'étaient établis ensemble dans un endroit convenable au bord d'un fleuve et y avaient bâti leur édifice, tandis qu'un quatrième vivait solitaire. Ils allèrent un jour le trouver •et en eurent un accueil hospitalier. Mais quand le solitaire vint leur rendre la visite, ils le tuèrent.
On lit dans Gioia qu'un petit chien, maltraité par un dogue, amoncela pendant plusieurs jours de suite des os dans la cave de la maison, après quoi il invita au banquet quantité de chiens du voisinage ; quand ils furent bien repus, il les excita à le venger de son ennemi et atteignit son but (Gioia).
On voit, ici, que chez les animaux domestiques et chez ceux qui vivent en troupes se dessinent déjà les germes ■de l'association de malfaiteurs, phénomène qu'on croirait essentiellement propre à l'espèce humaine; et ces