‹ L'homme criminelChapitre 125 sur 315 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

de latouages, n'en ont point en cet endroit, et que les Birmans ne veulent pas infliger un tel supplice aux condamnés h mort. Ilebra, dans son Atlas fur Dermatologie, nous donne le portrait d'un européen dont la peau était devenue un vrai tapis de Perse, par un assemblage inouï d'animaux et d'arabesques : on voyait des tatouages jusque sur le cuir chevelu ; néanmoins les parties génitales avaient été relativement épargnées.

11 n'y a, à ma connaissance, que les sauvages Tahitiens (Berchon) et quelques indigènes des îles Viti (Giglioli), qui se tatouent le membre viril.

J'ai vu à l'hôpital Saint Louis de Turin un homme tué d'un coup de couteau ; il avait sur les bras et à la poitrine des représentations de femmes soulevant leurs jupons. C'était un ex-galerien.

Un autre qui avait appartenu à la légion étrangère, s'était, après avoir commis un homicide, gravé sur le bras un membre viril.

Sur 1333 tatouages, Lacassagne en a remarqué 11 sur la verge. C'étaient, le plus souvent, des bottes à l'écuyère armées d'éperons. Dans un cas, il a vu un as de cœur, une flèche et le numéro de tirage en sort, ta botte n'est pas précisément un signe de pédérastie; mais, à ce que lui dirent les individus qu'il examinait, edle sert à faire l'ignoble calembourg: Je vais te mettre ma botte au

Il a trouvé 280 emblèmes érotiques, ou, pour mieux dire, lubriques: des bustes de femmes (176); des femmes mues (35); des dessins représentant l'acte du co'it debout (4); et maintes scènes lubriques qu'on ne saurait reproduire. Ceux qui ne tenaient pas au portrait de leur maîtresse, adoptaient comme ornement une canlinière, une jongleuse, une danseuse, une femme quelconque.

G'esl, siirlout sur le ventre, au dessous du nombril, qu'ils tracent de préférence des sujets lubriques et des inscriptions telles que celles-ci: Robinet d'amour — Plaisir des dames — Venez, mes petites dames, au robinet d'amour — Elle pense à moi.

Il faut remarquer ici qu'un de mes tatoues (tab. xvi^) qui portait les dessins les plus impudiques avait un ■cahier tout barbouillé de vers d'amour, espèce de poésie platonique :

Je suis toujours malheureux*, — nul ne peut me venir en aide.

Toi seule par ton pardon — peux me sauver la vie.

Je te le demande en grâce, — dis-moi donc: je te l'accorde.

Si un cœur bat dans ta poitrine. — Dans ce sein divin,

Fais du moins que la douleur — s'apaise, ô visage charmant !

C'était celui-là qui portait sur la poitrine le mol:

Je jure de me venger.

Telle est l'inconstance du cœur humain, et tant il faut se défier de ce sentimentalisme qui étourdit les femmes hystériques !

Les pédérastes qui, plus que personne, tiennent à plaire aux autres, aiment par dessus tout les tatouages; peutêtre même en ont-ils de spéciaux. 4 sur 42 pédérastes cités par Lacassagne portaient des mains entrelacées, deux avec leurs initiales surmontant cette inscription: L'amitié unit les cœurs. Quatre autres avaient les initiales de leurs amis, et, au dessous, un cœur brûlant, une violette avec le mot: Amitié. Dans un cas, ce nom était surmonté de son portrait. Je regarde aussi comme ayant trait à la pédérastie l'inscription: Ami du contraire. Récemment, Lacassagne a vu sur la face dorsale de la première phalange du médius a le doigt infâme des anciens, y> les initiales « de l'ami ».

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