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CHAPITRE VII

Boggia, condamne à Milan pour trente-quatre meurtres, entendait la messe tous les jours; il portait le dais à toutes les processions du Saint Sacrement; il ne manquait aucune cérémonie; il prêchait continuellement la morale et la religion du Christ et voulait être de toutes les sociétés religieuses.

La Trossarello avait une grande dévotion pour une Madone spéciale, celle de la rue des Marchands (Turin).

Yidocq a rencontré plusieurs larrons qui se faisaient dire une messe pour avoir de l'argent, quand ils avaient passé quelques mois sans rien prendre.

Marc..., jeune napolitain qui avait tué son père, était chargé d'amulettes; il m'avoua qu'il avait demandé à la Madone de la Chaîne la force nécessaire à l'accomplissement de son crime horrible. « Et j'ai la preuve qu'elle m'a aidé, ajoutait-il; car, au premier coup de bâton que j'ai porté, mon père est tombé mort sur le sol. Or, je suis d'une faiblesse extrême:». L'Avelina, dans une lettre à son complice, place l'empoisonnement de son mari sous la protection divine. La Zambeccari avait voué un calice à N. D. de Lorette pour le cas où elle réussirait à. empoisonner son mari (Joselli, Arch. Bologn., II, 4884). Michielin, approuvant le plan d'un assassinat, disait à son camarade: « Je viendrai et je ferai ce que Dieu t'inspire ». Gall cite un malfaiteur qui, après avoir volé pour fonder une chapelle, vola encore afin de la pouvoir meubler; il cite également une bande de malfaiteurs qui croyaient expier leurs crimes en récitant un paler nosler pour chacune de leurs victimes. Lacollange, tout en étranglant son infortunée maîtresse, lui donnait l'absolution in arliculo morlis, puis vendait le produit de ses vols pour lui faire dire des messes. Citons encore don Vincent d'Aragon, qui tua un étudiant,

mais commença par lui donner l'absolution. Où trouver une personne plus religieuse, je dirai mieux, plus bigotte que la marquise de Brinvilliers, qui, de sang froid, et longtemps avant son arrestation, préparant par écrit son examen de conscience, mêlait à ses parricides, h ses incendies , à ses empoisonnements, à ses masturbations, les confessions omises ou faites avec négligence; et qui, la veille du jour où on l'arrêta, se formalisait de ce qu'on l'autorisait à faire gras un jour de maigre ? Rappellerai-je encore Mendaro, qui tua son épouse et marcha au supplice en chantant le De profundis? Mo, ce meurtrier que tous appelaient le saint, et qui passait pour mériter ce nom? — Bourse, aussitôt après avoir commis un vol ou un homicide, courait s'agenouiller dans une église. Au moment où la fille Galla..., mettait le feu à la demeure de son amant, on l'entendit crier: « Que Dieu et la Sainte Vierge fassent le reste» (Despine, 1. c., 176, II). — ■ Masini, avec sa bande, rencontre un jour un prêtre avec trois de ses compatriotes; il scie lentement la gorge à l'un d'eux avec une lameébréchée, puis, la main encore teinte de sang, il force le prêtre à lui administrer la communion (Pani Rossi, Basi- Mcata, p. 51). — Un voleur, élevé par les frères de la doctrine chrétienne, cachait le produit de ses vols sous un portrait du R. P. de la Salle, fondateur de l'ordre à qui il devait son instruction. 11 pensait que son butin était plus en sûreté, sous la protection de ce demi saint.

Nombre de prostituées, dit Parent, affectent l'irréligion avec leurs amants ou leurs compagnons d'orgie; mais, au fond, elles sont loin d'être impies; une foule d'observations le prouvent. Une d'elles était sur le point de mourir et le prêtre refusait d'entrer dans la maison mal famée; ses compagnes se cotisèrent pour qu'elle

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